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Née un 8 avril
Phyllis « Pippa » LATOUR
1921-2023
Héroïne de la Seconde Guerre mondiale et l’une des dernières agents secrèts survivantes du Special Operations Executive (SOE) britannique. Recrutée pour sa maîtrise parfaite du français, elle est parachutée clandestinement en Normandie en mai 1944 sous le nom de code « Geneviève ». Sa mission consiste à opérer comme agente de liaison et opératrice radio pour le réseau de résistance Scientist, juste avant le débarquement de Normandie. Se déguisant en jeune fille pauvre vendant du savon, elle parcourt la région à bicyclette, bavardant avec les soldats allemands pour obtenir des informations cruciales sur leurs positions qu’elle code et transmet à Londres. Pour cacher ses codes secrets, elle les tricote astucieusement sur des morceaux de soie qu’elle utilise comme rubans pour attacher ses cheveux. Malgré les risques immenses de capture et de torture, elle réussit à envoyer 135 messages radio cryptés, guidant efficacement les bombardements alliés. Après la guerre, refusant de mettre en avant ses exploits, elle s’installe dans un anonymat total en Nouvelle-Zélande et garde le silence sur son passé pendant des décennies, y compris envers sa propre famille. Ce n’est qu’au début des années 2000 que son rôle crucial est pleinement révélé au public, lui valant de recevoir la Légion d’honneur en 2014. Phyllis Latour s’est éteinte à l’âge de 102 ans, laissant le souvenir d’un courage exceptionnel.
Mary PICKFORD (1892-1979) Actrice – Productrice – Canada / États-Unis
Fille d'un père alcoolique qui abandonne le foyer et meurt peu après, elle monte sur les planches à sept ans pour nourrir les siens et traîne sa mère, son frère et sa sœur de tournée en tournée, en wagons de troisième classe. En 1909, Griffith l'engage chez Biograph : dix dollars par jour quand les autres en touchent cinq. Les génériques ne portent pas encore de noms, mais le public réclame « la fille aux boucles » ; on l'appellera bientôt « la petite fiancée de l'Amérique ». Elle est la première à comprendre ce que vaut ce désir : contrat après contrat, elle arrache des conditions qui façonneront l'industrie, puis devient sa propre productrice en 1918. L'année suivante, avec Chaplin, Griffith et Douglas Fairbanks, elle fonde United Artists pour échapper aux studios – une compagnie où les artistes produisent et distribuent eux-mêmes leurs films. Elle compte aussi parmi les fondateurs de l'Academy, qui décerne les Oscars, et reçoit celui de la meilleure actrice en 1930. Deux cent trente-six films en vingt-sept ans : le parlant emportera sa carrière d'actrice, pas son empire.
Eugénie Malika DJENDI (1923-1945) Résistante – France
Opératrice radio parachutée en France occupée, fusillée à Ravensbrück à vingt et un ans. Fille d'un père algérien et d'une mère d'origine corse, elle grandit à Bône puis à Alger. Le 11 janvier 1943 elle s'engage au Corps féminin des transmissions du général Merlin — les « Merlinettes » — et fait la campagne de Tunisie. À l'automne, la Sécurité militaire la recrute pour le réseau des « Travaux ruraux » ; formée au parachutage et à la radio près d'Alger, elle prend le nom d'agent « Jenny Silvani », rejoint l'Angleterre, puis est larguée sur la France au début d'avril 1944. Le 9 avril 1944, elle s'embarque à bord d'un Halifax de la RAF à Tempsford et saute sur la région de Sully-sur-Loire : la Gestapo les attend sur place, avec leur poste radio. Arrêtée le 27 avril, interrogée avenue Foch, elle ne parle pas. Transférée de Fresnes au fort de Romainville, elle part de la gare de Pantin le 11 août 1944 avec ses camarades Marie-Louise Cloarec, Pierrette Louin et Suzanne Mertzizen. Leurs demandes de transfert dans un camp de prisonniers de guerre ayant été refusées, les quatre femmes sont exécutées le 18 janvier 1945 et leurs corps brûlés. Morte pour la France, chevalier de la Légion d'honneur, croix de guerre et médaille de la Résistance.
Yvonne NETTER (1889-1985) Avocate – Résistante – France
Avocate parmi les premières inscrites au barreau de Paris, elle fait du droit un outil au service des femmes avant de résister à l'occupant. Fille d'un industriel alsacien, infirmière-major à l'hôpital militaire de Meaux pendant la Grande Guerre, divorcée avec un enfant à charge, elle reprend ses études et prête serment en 1920, alors que la profession ne compte que deux cents femmes. Sa thèse porte sur le travail de la femme mariée ; son « Code de la femme », manuel de droit destiné au grand public, est relayé par toute la presse féminine. En 1930, elle défend la fédération sportive féminine dans l'affaire Violette Morris. Militante du droit de vote, elle préside la Société pour l'amélioration du sort de la femme de 1932 à 1934, fonde en 1923 l'Union des femmes juives pour la Palestine et donne des conférences dans toute l'Europe et au Maghreb. Interdite d'exercer en 1941 par le statut des Juifs, elle sert un réseau de résistance comme « boîte aux lettres ». Arrêtée le 4 juillet 1942, internée aux Tourelles, à Drancy puis à Pithiviers, elle s'évade en février 1943 grâce à son amie Madeleine Fauconneau du Fresne, reconnue Juste parmi les nations en 2018. Agent de liaison du réseau Comète, elle retrouve sa robe d'avocate à la Libération et devient officier de la Légion d'honneur en 1963.