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Née un 5 mars
Rosa LUXEMBURG
1871-1919
Militante, théoricienne marxiste et figure légendaire des mouvements révolutionnaires. Née en Pologne, elle s’exile en Suisse pour étudier l’économie avant de s’installer en Allemagne, où elle devient une brillante oratrice pour le Parti social-démocrate (SPD). Pacifiste convaincue, elle s’oppose farouchement à la Première Guerre mondiale, ce qui lui vaut d’être emprisonnée à plusieurs reprises pour ses positions antimilitaristes. En prison, elle continue d’écrire et fonde clandestinement la Ligue spartakiste aux côtés de Karl Liebknecht, prônant un communisme démocratique et anti-autoritaire. Libérée en 1918, elle participe activement à la fondation du Parti communiste allemand (KPD) au cœur de la révolution allemande. Bien qu’elle juge l’insurrection spartakiste de janvier 1919 prématurée, elle choisit par loyauté de soutenir la révolte de Berlin. Arrêtée lors de la violente répression orchestrée par le gouvernement et les corps francs, elle est sauvagement assassinée le 15 janvier 1919. Son corps est jeté dans un canal, mais ses écrits et sa vision humaniste de la révolution restent un pilier de la gauche critique mondiale.
Gabrielle VASSAL (1880-1959) Exploratrice – Photographe – Royaume-Uni
Née en Angleterre dans une famille aisée sous le nom de Gabrielle Candler, elle est une exploratrice, photographe, naturaliste et autrice britannique, célèbre pour ses récits de voyage et ses observations ethnographiques et zoologiques en Indochine française et en Afrique équatoriale. Elle épouse en 1903 Joseph Vassal, un médecin militaire français spécialisé dans la santé coloniale et l'étude des maladies tropicales. Ce mariage l'amène à suivre son époux au gré de ses affectations à travers l'Empire colonial français, une opportunité qu'elle saisit avec une curiosité scientifique et un dynamisme exceptionnels. Entre 1904 et 1910, le couple s'installe en Annam (actuel Viêt Nam), principalement à Nha Trang, où Joseph travaille à l'Institut Pasteur au sein de l'équipe d'Alexandre Yersin. Loin de se cantonner à la vie mondaine des épouses de fonctionnaires coloniaux, Gabrielle Vassal s'immerge dans la culture locale. Elle apprend la langue, pratique la chasse au gros gibier dans la jungle et collecte de nombreux spécimens de la faune locale (oiseaux, mammifères, insectes) qu'elle envoie au British Museum de Londres. Un écureuil de la région porte d'ailleurs son nom, et le gibbon à joues jaunes (Nomascus gabriellae) a été baptisé en son honneur. Excellente photographe, elle documente le quotidien des populations locales, les traditions annamites et les paysages d'Asie du Sud-Est. À son retour en Europe, elle publie son livre à succès « On and Off Duty in Annam » (1910), traduit en français sous le titre « Mes trois ans d'Annam » (1912), salué pour son ton vivant, sa finesse d'observation et l'absence de condescendance ethnocentrique courante à l'époque. Par la suite, elle suit son mari au Gabon, au Moyen-Orient et au Congo. De ces expériences naîtront d'autres ouvrages remarquables comme « Mon séjour au Congo français » (1925) et « Life in French Congo » (1925), dans lesquels elle consigne de précieuses observations sur la médecine coloniale, la lutte contre la maladie du sommeil et le statut des femmes africaines.
Marie-Antoinette TONNELAT (1912-1980) Physicienne – France
Élève du lycée de Chalon-sur-Saône puis du lycée Louis-le-Grand, Marie-Antoinette Baudot est reçue à l'École centrale, chose alors très rare pour une femme, mais démissionne ; elle obtient une licence de philosophie à l'Institut catholique de Paris et une licence de sciences à la Sorbonne. En 1935, elle commence à travailler sous la direction de Louis de Broglie à l'Institut Henri-Poincaré et soutient en 1941 un doctorat d'État sur la théorie du photon dans un espace de Riemann. Chargée du cours Peccot au Collège de France en 1943, elle entre au CNRS en 1945 et y devient directrice de recherche. Nommée en 1956 professeure titulaire de physique théorique à l'université de Paris, elle remplace Louis de Broglie en 1972 à la tête du centre de physique théorique. Spécialiste de la relativité, elle travaille sur les théories cherchant à unifier gravitation et électromagnétisme. Après la guerre, elle séjourne à Dublin auprès d'Erwin Schrödinger, puis correspond de 1950 à 1955 avec Albert Einstein, qui l'invite à Princeton. Passionnée d'histoire des sciences, elle enseigne à la Sorbonne l'histoire des théories physiques et publie une Histoire du principe de relativité en 1971. Lauréate du prix Henri-Poincaré de l'Académie des sciences, elle traduit aussi Einstein en français. Elle meurt à Paris en 1980. Son nom sera inscrit sur la tour Eiffel.
HE Zehui (1914-2011) Physicienne – Chine
Diplômée de physique à l'université Tsinghua en 1936, elle part en Allemagne étudier la balistique expérimentale et soutient sa thèse à Berlin en 1940. Restée dans l'Allemagne en guerre, elle observe au Kaiser-Wilhelm-Institut la collision élastique entre positrons et électrons. En 1946, elle épouse à Paris le physicien Qian Sanqiang ; tous deux travaillent au laboratoire d'Irène Joliot-Curie, où ils observent en novembre 1946 la fission de l'uranium en trois puis quatre fragments — une première mondiale, qui leur vaut d'être surnommés en Chine le couple Curie. Rentrée en 1948 dans un pays en guerre civile, elle participe à la fondation de la physique nucléaire chinoise, dirige les recherches sur les rayons cosmiques, puis l'Institut de physique des hautes énergies dont elle est directrice adjointe de 1973 à 1984. Élue à l'Académie des sciences en 1980, elle voit ses trois enfants devenir scientifiques, comme ses deux sœurs avant eux, l'une spectroscopiste, l'autre botaniste. Elle meurt à Pékin en 2011, à quatre-vingt-dix-sept ans. En novembre 1945, les premières images de collisions de particules obtenues grâce à la chambre à brouillard qu'elle a mise au point font d'elle la première femme à publier ses résultats dans la revue Nature.