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Née un 4 mars
Miriam MAKEBA
1938-2008
Surnommée « Mama Africa », est une chanteuse de jazz et de world music sud-africaine, ainsi qu’une figure légendaire de la lutte contre l’apartheid. Née à Johannesburg, elle se fait connaître mondialement dès les années 1950 grâce à sa voix unique et des succès planétaires comme Pata Pata et The Click Song. Contrainte à un exil forcé de trente ans après que le régime raciste d’Afrique du Sud a banni ses disques et révoqué son passeport, elle utilise sa notoriété internationale comme une tribune politique. Première artiste africaine à remporter un Grammy Award en 1966, elle témoigne régulièrement à l’ONU pour dénoncer les injustices coloniales et ségrégationnistes. Mariée un temps au militant des Black Panthers Stokely Carmichael, elle voyage à travers le monde, devenant citoyenne d’honneur de plusieurs pays, dont la Guinée. En 1990, après la libération de son ami Nelson Mandela, elle rentre enfin triomphalement dans sa patrie. Fidèle à ses convictions jusqu’au bout, elle s’éteint en Italie en 2008 des suites d’un malaise cardiaque survenu juste après un concert de soutien au journaliste menacé Roberto Saviano.
Ginette HAMELIN (1913-1944) Ingénieure-architecte – Résistante – France
Née Parisot, elle est une héroïne de la Résistance et l'une des premières femmes diplômées ingénieure-architecte de France, conjuguant un engagement patriotique héroïque et un talent précurseur dans un milieu professionnel alors exclusivement masculin. Fille d'un officier supérieur, elle reçoit une solide formation scientifique et artistique avant de devenir l'une des rares femmes admises à l'École spéciale d'architecture. Diplôme en main, elle exerce son métier d'architecte avec passion, se consacrant notamment à des projets d'urbanisme et de logements sociaux innovants. Dès le début de l'Occupation pendant la Seconde Guerre mondiale, révoltée par la défaite et le régime de Vichy, elle s'engage activement dans la lutte clandestine aux côtés de son époux, l'ingénieur Jacques Hamelin. Membre du réseau de résistance Front national des architectes puis intégrée aux Francs-tireurs et partisans, elle met ses compétences techniques au service de la cause en réalisant de faux papiers, en assurant le transport de documents secrets, le renseignement stratégique et l'hébergement de clandestins recherchés par la Gestapo. Arrêtée à son domicile parisien en avril 1943 à la suite d'une dénonciation, elle est incarcérée à la prison de la Santé puis transférée au fort de Romainville où elle fait preuve d'une dignité et d'un moral inébranlables face aux interrogatoires. Déportée en août 1943 par le convoi des politiques vers le camp de concentration de Ravensbrück, elle y poursuit son soutien moral auprès de ses compagnes de captivité malgré le travail forcé et l'épuisement physique. Elle succombe aux conditions inhumaines du camp le 14 octobre 1944, à l'âge de 31 ans. Morte pour la France et décorée de la Médaille de la Résistance à titre posthume, son nom est aujourd'hui honoré sur des stèles commémoratives — une place porte son nom à Paris — et dans la mémoire des femmes pionnières de l'architecture et de la liberté.
Claire LACOMBE (1765-1826) Comédienne – Politique – France
Comédienne à Marseille et à Lyon avant la Révolution, elle monte à Paris en 1792 et se jette dans le tourbillon des clubs. Le 25 juillet, à vingt-sept ans, elle se présente à la barre de l'Assemblée pour demander à combattre : « Née avec le courage d'une Romaine et la haine des tyrans, je me tiendrais heureuse de contribuer à leur destruction. » Elle obtient une couronne civique pour sa conduite lors de la prise des Tuileries, le 10 août. Proche des Enragés, elle milite contre le chômage et l'accaparement des richesses, et fonde en mai 1793, avec Pauline Léon, la Société des républicaines révolutionnaires – le premier club politique exclusivement féminin de l'histoire, qui réclame le droit de porter les armes. Trop remuantes, les républicaines sont accusées par les femmes des Halles d'imposer le bonnet rouge, réservé aux hommes : la Convention saisit ce prétexte pour interdire, le 30 octobre 1793, tous les clubs de femmes. Traquée, arrêtée en avril 1794, emprisonnée seize mois à Sainte-Pélagie, elle est libérée en août 1795 : elle gagne Nantes, y reprend les « forts premiers rôles » et ne fait plus jamais de politique. Puis on perd sa trace, endettée auprès de sa logeuse – en 1823, une notice biographique la dit morte depuis plusieurs années. Elle vivait : admise le 19 juin 1821 à la Salpêtrière comme « aliénée », inscrite au registre sous la profession d'institutrice, elle y meurt le 2 mai 1826, à soixante et un ans, d'un anévrisme de l'aorte.
Beatrice VIO (1997) Escrimeuse – Italie
Elle tient un fleuret depuis l'âge de cinq ans quand, à onze, une méningite foudroyante la laisse amputée des deux jambes et des deux avant-bras, le visage marqué. Trois mois d'hôpital, un an de rééducation, et elle retourne sur la piste : son père et des prothésistes de Bologne lui fabriquent une attelle qui sangle l'arme au moignon, la première du genre conçue pour une femme. Le fleuret pèse cinq cents grammes, exactement comme celui des valides, et elle ne peut ni le lâcher ni le rattraper ; elle en fait une arme de corps à corps, dans un style d'attaque permanente qui déroute ses adversaires. Championne d'Europe en individuel et par équipes à dix-sept ans, championne du monde l'année suivante, elle devient championne paralympique à Rio en 2016 puis à Tokyo, et reçoit en 2017 le Laureus de la sportive handisport de l'année. Sa famille a fondé une association qui met dans les salles de sport les enfants appareillés, pour qu'aucun n'attende, comme elle, de trouver seul le moyen de continuer. Invitée au Parlement européen, elle y a parlé non de son handicap mais de ce qu'il faut financer pour que d'autres s'en passent.