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Née un 3 mars
Samira MOUSSA
1917-1952
Physicienne nucléaire de renommée mondiale et première femme à obtenir un doctorat dans ce domaine en Égypte. Brillante étudiante à l’université du Caire, elle poursuit ses recherches au Royaume-Uni où elle formule une équation historique permettant de rendre l’énergie nucléaire bon marché à partir de métaux accessibles comme le cuivre. Profondément humaniste et marquée par la maladie de sa mère, elle consacre sa vie à la recherche médicale, portée par sa célèbre formule : « Je ferai en sorte que le traitement nucléaire du cancer soit aussi disponible et bon marché que l’aspirine ». En 1951, elle organise la conférence « L’atome pour la paix » et milite activement pour la création d’un comité international protégeant le monde des dangers de l’arme atomique. Invitée aux États-Unis pour mener des travaux de recherche de pointe, elle meurt en 1952 tragiquement à seulement 35 ans dans un mystérieux accident de voiture en Californie. Pionnière scientifique et icône nationale, son héritage continue d’inspirer les générations de femmes scientifiques dans le monde arabe et au-delà.
Jackie JOYNER-KERSEE (1962) Athlète – États-Unis
Athlète américaine, spécialiste de l'heptathlon et du saut en longueur, elle naît dans une famille pauvre d'East Saint Louis, dans l'Illinois, et doit son prénom à Jacqueline Kennedy. Un film sur Babe Didrikson Zaharias lui donne l'envie de pratiquer les épreuves combinées. À l'université de Californie à Los Angeles (UCLA), elle mène de front l'athlétisme et le basket-ball ; pendant ses études, sa mère meurt brutalement d'une méningite. Médaillée d'argent de l'heptathlon aux Jeux de Los Angeles en 1984, à cinq points de l'Australienne Glynis Nunn, elle devient en 1986 la première femme à dépasser 7 000 points dans cette épreuve. La même année, elle épouse son entraîneur Bob Kersee. Aux Jeux de Séoul en 1988, elle remporte l'heptathlon avec 7 291 points, record du monde toujours en vigueur, puis le saut en longueur avec 7,40 m, record olympique. Elle conserve son titre de l'heptathlon à Barcelone en 1992 et décroche le bronze en longueur en 1992 et en 1996 : six médailles olympiques en quatre éditions, auxquelles s'ajoutent quatre titres de championne du monde. Elle a concouru toute sa carrière en souffrant d'un asthme sévère. Dès 1988, elle fait face à des accusations de dopage, notamment de la part du coureur brésilien Joaquim Cruz ; elle a toujours affirmé n'avoir jamais pris de produits dopants. Après sa carrière, elle crée une fondation qui aide les jeunes et les familles d'East Saint Louis et cofonde en 2007 Athletes for Hope, qui encourage les sportifs à s'engager dans des causes caritatives. Depuis 2013, le prix de la meilleure athlète américaine de l'année porte son nom.
Ariane MNOUCHKINE (1939) Metteuse en scène – France
Fille d'un producteur de cinéma, juif russe dont les parents ont été déportés de Drancy à Auschwitz, et d'une Anglaise issue d'une famille de comédiens, elle découvre le théâtre à Oxford, où elle est l'assistante d'un étudiant nommé Ken Loach. Le 29 mai 1964, à vingt-cinq ans, elle dépose avec ses amis les statuts de la première coopérative ouvrière de production jamais créée pour une troupe de théâtre : le Théâtre du Soleil, installé depuis 1970 dans une ancienne cartoucherie du bois de Vincennes. Le principe tient depuis soixante ans : le même salaire pour tous, du machiniste à la metteuse en scène. Les comédiens se maquillent devant le public, on sert la soupe aux spectateurs, et c'est elle qui déchire les billets à l'entrée. Ses spectacles, écrits collectivement ou avec Hélène Cixous, racontent la Révolution française, le Cambodge de Sihanouk, l'Inde, les Atrides – et, dans « Le Dernier Caravansérail », les réfugiés de Kaboul à Sangatte. Prix Europe pour le théâtre, prix international Ibsen, plusieurs Molières : à quatre-vingt-six ans, elle dirigeait encore une création collective à la Cartoucherie.