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Née un 24 mars
Sophie BLANCHARD
1778-1819
Première professionnelle des airs, épouse d’un pionnier de l’air Jean-Pierre Blanchard, elle va surmonter sa nature timide pour braver le danger. Dès 1804, elle prend seule les commandes et après la mort de son mari en 1809, elle est nommée « Aéronaute des fêtes officielles » par Napoléon Ier, puis reconduite dans ses fonctions par Louis XVIII. Elle captive les foules européennes lors de dizaines de vols spectaculaires, souvent nocturnes, où elle tire des feux d’artifice depuis sa nacelle. Spécialiste des ballons à gaz à hydrogène, plus petits et plus maniables que les montgolfières, elle réalise des ascensions audacieuses à travers toute l’Europe, bravant le froid intense et franchissant parfois de grandes distances. Sa témérité légendaire inspire les plus grands écrivains de son époque, de Victor Hugo à Charles Dickens. Malheureusement, sa passion lui coûte la vie le 6 juillet 1919 lors d’un spectacle au jardin de Tivoli à Paris : un feu d’artifice embrase le gaz de son ballon, provoquant une chute tragique sur le toit d’une maison. Première femme à périr dans un accident aérien, elle laisse derrière elle l’image d’une pionnière absolue de la conquête du ciel. Elle a effectué 67 ascensions réussies et va être aussi la première femme à périr dans un accident aérien lorsque le ballon, d’où elle lançait des feux d’artifice et qui prit feu dans les airs au-dessus de Paris. Elle mène des expériences sur le parachute. Jules Verne fait référence à son histoire dans Cinq Semaines en Ballon (1863).
Matilda Joslyn GAGE (1826-1898) Politique – États-Unis
Née de parents abolitionnistes et dans une famille érudite, elle est initiée par son père médecin à l’anatomie. Engagée pour défendre la cause des natives, afro américains et des femmes , elle s’implique dans le mouvement féministe en 1852 notamment National Women’s Rights Convention. Elle est envoyée en prison pour avoir enfreint le Fugitive Slave Act, loi criminalisant le soutien aux esclaves. En dépit de problèmes financiers et médicaux (notamment cardiaques), elle s’engage pour défendre la cause des femmes, des Afro-Américains et des premières nations. Sa maison de Fayetteville servait de refuge aux esclaves fugitifs sur le chemin de fer clandestin, l'Underground Railroad. Plume du mouvement, elle corédige avec Elizabeth Cady Stanton et Susan B. Anthony la monumentale « History of Woman Suffrage », puis publie « Woman, Church and State » (1893), réquisitoire contre l'oppression des femmes par les Églises qui lui vaut d'être écartée des récits officiels du suffragisme. Trop radicale pour ses anciennes alliées, elle fonde sa propre organisation, la Woman's National Liberal Union. La nation mohawk l'adopte au sein du clan du Loup sous le nom de Karonienhawi, « celle qui tient le ciel » — et c'est elle qui encouragea son gendre, un certain L. Frank Baum, à écrire les contes qui deviendraient « Le Magicien d'Oz ». En 1993, Margaret W. Rossiter dénomme effet Matilda, en son honneur, le phénomène de minimisation des réalisations des femmes qu’elle recense et étudie.