Portrait à venir

Née un 19 décembre

Yvette CAUCHOIS

1908-1999

    Personnalité incontournable de la physique française du XXe siècle, dont les travaux ont révolutionné la spectroscopie des rayons X. Son invention du spectrographe à cristal focalisant a permis d’atteindre une résolution spectrale inégalée, facilitant l’étude de la structure atomique. Chercheuse prolifique, elle a contribué de manière décisive à la connaissance des éléments transuraniens et à la physique nucléaire. Elle a succédé à Jean Perrin à la tête du Laboratoire de Chimie Physique, consolidant l’excellence de la recherche française. Première femme présidente de la Société française de physique, elle a brisé les barrières institutionnelles au sein de la communauté scientifique. Ses travaux ont trouvé des applications directes dans l’astrophysique et la médecine nucléaire. Tout au long de sa carrière, elle a formé des générations de physiciens et a milité pour le développement de l’enseignement supérieur. Elle a reçu la médaille d’or de la Société d’encouragement au progrès pour ses découvertes techniques. Son nom reste attaché à la « méthode de Cauchois », toujours enseignée dans les manuels de cristallographie. Elle demeure un modèle de rigueur expérimentale et de passion pour la découverte fondamentale.

    Madeleine CASTAING (1894-1992) Décoratrice – Antiquaire – France

    Mécène d'art incontournable du vingtième siècle, célèbre pour son style théâtral, poétique et profondément anticonformiste. Personnalité atypique, elle commence par suivre une formation de comédienne avant de se marier avec l'homme d'affaires Marcellin Castaing, avec qui elle partage un amour dévorant pour l'art et les objets rares. Dans les années 1920, le couple devient le protecteur et mécène le plus fervent des artistes de l'École de Paris, hébergeant notamment le peintre Chaim Soutine dans sa propriété de Lèves pendant plusieurs années et constituant une collection d'art moderne d'une valeur exceptionnelle. À partir des années 1930, elle se passionne pour la chine de meubles anciens et ouvre à la fin de la Seconde Guerre mondiale sa mythique boutique d'antiquités à l'angle de la rue Jacob et de la rue Bonaparte dans le quartier de Saint-Germain-des-Prés. Elle y invente un univers décoratif absolument unique, affranchi des modes et des conventions, mélangeant subtilement le style Régence anglaise, le néoclassicisme, le Biedermeier et le style Napoléon III. Créatrice d'ambiances dramatiques et enveloppantes, elle popularise l'usage des opalines turquoises, des moquettes à motifs d'oiseaux ou de léopard, et crée une nuance de bleu intense devenue célèbre sous le nom de bleu Castaing. Marchande redoutable mais attachée de manière presque maladive à ses trouvailles, elle refuse souvent de vendre ses pièces aux clients qu'elle ne juge pas dignes de ses objets. Décoratrice recherchée par les écrivains, artistes et personnalités du Tout-Paris, elle aménage les intérieurs de Jean Cocteau à Milly-la-Forêt et inspire de grands créateurs de mode comme Yves Saint Laurent. Figure mythique du paysage intellectuel et artistique parisien, reconnaissable à ses perruques et à ses mentonnières fixées par des rubans, elle continue d'influencer le monde du design d'intérieur contemporain.

    Édith PIAF (1915-1963) Musicienne – France

    Née à Paris d'un acrobate de rue et d'une chanteuse de café-concert qui l'abandonne, elle est prénommée Édith en hommage à Edith Cavell, l'infirmière anglaise fusillée par les Allemands deux mois plus tôt. Élevée en partie par sa grand-mère, elle chante dans la rue avec son père dès l'enfance. À l'automne 1935, elle pousse sa voix au coin de l'avenue Mac-Mahon quand Louis Leplée la remarque : il l'engage au Gerny's, son cabaret des Champs-Élysées, et lui trouve son nom de scène, « la Môme Piaf ». Elle mesure un mètre quarante-sept. Raymond Asso lui écrit ses premiers grands textes et fait d'elle Édith Piaf. Autrice de plusieurs de ses chansons, elle passe en février 1944 l'examen de parolière de la SACEM. À la Libération, un comité d'épuration la blanchit : sa secrétaire Andrée Bigard, résistante, témoigne en sa faveur, ainsi que le musicien juif Michel Emer, qu'elle avait aidé à entrer en France en 1940 puis protégé. Elle sera la marraine d'Yves Montand, de Charles Aznavour, des Compagnons de la chanson, de Georges Moustaki. En 1949, le boxeur Marcel Cerdan, l'homme de sa vie, meurt dans l'accident de l'avion qu'elle l'avait pressé au téléphone de prendre pour la rejoindre à New York ; elle chantera jusqu'au bout L'Hymne à l'amour, écrit pour lui. Usée par les accidents, la morphine et la maladie, elle meurt à quarante-sept ans. Au moins quarante mille personnes viendront lui rendre un dernier hommage au Père-Lachaise.

    Marguerite ROUFFANCHE (1897-1988) Survivante d'Oradour – France

    Le 10 juin 1944, la division SS Das Reich cerne Oradour-sur-Glane. Les hommes sont fusillés dans les granges ; les femmes et les enfants, plusieurs centaines, sont enfermés dans l'église et brûlés vifs. Elle y est avec ses deux filles et son petit-fils de sept mois. Quand les flammes prennent, elle grimpe sur un escabeau derrière l'autel, se hisse jusqu'à une fenêtre à trois mètres de haut et se jette dans le vide. Une jeune mère qui tente de la suivre avec son bébé est abattue à ses côtés. Blessée de cinq balles, elle rampe jusqu'à un jardin voisin et s'y cache sous des rangs de petits pois, où un habitant la découvre le lendemain. Elle mettra plus d'un an à guérir. Seule survivante de l'église – le massacre fit six cent quarante-deux morts dans le village –, elle a tout perdu – mari, fils, filles, petit-fils – et choisit pourtant de témoigner : sa déposition au procès de Bordeaux, en 1953, reste la pièce maîtresse de la mémoire du massacre. En complément : https://www.visitlimousin.com/centre-de-la-memoire-doradour-sur-glane/les-informations-pratiques-du-centre-de-la-memoire/

    Mileva MARIĆ (1875-1948) Physicienne – Serbie

    Née dans une famille de propriétaires terriens de Voïvodine, elle obtient de suivre les cours de physique réservés aux garçons, puis part étudier à Zurich, l'une des rares villes d'Europe où une femme peut entrer à l'École polytechnique fédérale : elle y est la seule étudiante de sa section et la cinquième admise dans l'histoire de l'établissement. Elle y rencontre Albert Einstein, son camarade de promotion, avec qui elle travaille intensément aux côtés de Marcel Grossmann et Michele Besso, dans les années où prend forme la relativité. Elle échoue à l'examen final, puis une seconde fois l'année suivante, alors qu'elle est enceinte, recalée par un professeur qui lui reproche sa liaison ; elle abandonne les études. Mariée en 1903, mère de trois enfants dont une fille disparue sans traces, elle divorce en 1919 après avoir obtenu que l'argent d'un éventuel prix Nobel lui revienne – ce qui sera le cas deux ans plus tard. L'étendue de sa part dans les travaux de 1905 reste débattue depuis les années 1980 ; sa vie, elle, s'achève à Zurich, consacrée à son fils malade.

    Claudine HERMANN (1945-2021) Physicienne – France

    Diplômée de l’École Normale Supérieure, elle soutient sa thèse d’État en physique des solides en 1976 et se spécialise dans l’optique des semi-conducteurs. En 1992, elle devient la toute première femme nommée professeure de physique à l’École polytechnique. Enseignante et chercheuse respectée au sein du laboratoire de physique de la matière condensée, elle prend conscience de la sous-représentation dramatique des femmes dans son domaine. En 2000, elle cofonde l’association Femmes & Sciences, qu’elle préside, pour susciter des vocations chez les jeunes filles et lutter contre les stéréotypes de genre. Scientifique pragmatique, elle publie de nombreuses analyses statistiques et rapports sur la place des chercheuses en France et en Europe. Son engagement dépasse rapidement les frontières nationales : elle devient une experte reconnue auprès de la Commission européenne sur les questions d’égalité des chances. En 2005, elle participe activement à la création de la Plateforme européenne des femmes scientifiques (EPWS), une structure majeure qu’elle présidera par la suite. Vice-présidente d’honneur de Femmes & Sciences, elle consacre sa vie à démonter les mécanismes qui freinent les carrières des femmes et à encourager le mentorat. Nommée grande officière de l’ordre national du Mérite et officière de la Légion d’honneur, elle s’impose comme une figure institutionnelle incontournable. Elle laisse derrière elle une œuvre militante monumentale et un chemin grand ouvert pour des générations de femmes de science.

    En complément : https://www.femmesetsciences.fr/femmes-inspirantes

    Et vous, quelle femme célèbre est née le même jour que vous ?

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