Cosette HARCOURT (1900-1976)

Née un 20 décembre

Cosette HARCOURT

1900-1976

    Véritable visionnaire derrière le plus prestigieuse studio de photographie du XXe siècle français. En transposant les codes lumineux du cinéma des années 1930 au portrait de studio, elle a créé une esthétique de légende. Son art du clair-obscur et ses jeux d’ombres sophistiqués ont immortalisé les plus grandes célébrités du monde des arts et de la politique. Sous son impulsion, le Studio Harcourt est devenu une véritable institution, symbole d’élégance et de réussite sociale. Elle a su transformer la photographie de commande en une œuvre d’art intemporelle, reconnaissable entre toutes. Sa maîtrise de la lumière permettait de magnifier les visages tout en leur conférant une profondeur psychologique singulière. Femme d’affaires audacieuse, elle a dirigé l’atelier avec une exigence technique qui fait encore école aujourd’hui. Elle a imposé le noir et blanc comme un standard de luxe, défiant l’arrivée de la couleur. Malgré les changements de mode, le style qu’elle a instauré demeure une référence absolue pour les portraitistes du monde entier. Sa discrétion personnelle contrastait avec l’éclat des icônes qu’elle créait dans l’ombre de sa chambre noire. Elle reste la « sculptrice de lumière » qui a donné à Paris ses lettres de noblesse photographiques.

    Marie SKOBTSOVA (1891-1945) Résistante – Juste parmi les Nations – Russie

    Née Élisabeth Pilenko à Riga, poétesse liée aux cercles littéraires de Saint-Pétersbourg, elle fuit la révolution russe et s'installe à Paris en 1923. Devenue religieuse orthodoxe en 1932 sous le nom de mère Marie, elle ouvre rue de Lourmel un foyer où elle nourrit et héberge les plus pauvres de l'émigration. Sous l'Occupation, son foyer devient un refuge : avec le père Dimitri Klepinine, elle cache des Juifs et leur fournit de faux certificats de baptême pour les soustraire aux rafles. Dénoncée et arrêtée en février 1943, elle est déportée à Ravensbrück, où elle soutient ses codétenues jusqu'au bout ; elle meurt en chambre à gaz le 31 mars 1945, quelques jours avant la libération du camp — selon des témoignages, en prenant la place d'une autre déportée. Reconnue « Juste parmi les Nations » en 1985, elle est canonisée par l'Église orthodoxe en 2004 : sainte Marie de Paris, qui a désormais sa rue dans le 15e arrondissement.

    Julia BECK (1853-1935) Peintre – Suède

    Formée à la calligraphie par son père relieur dans la librairie familiale de Stockholm, elle entre à l'Académie royale des arts de Suède, l'une des premières d'Europe à accepter des étudiantes, où elle étudie de 1872 à 1878 — mais l'enseignement n'y est que copie de modèles. Elle part alors pour la France et n'en reviendra plus. On la retrouve à Grez-sur-Loing, dans la colonie internationale d'artistes du bord du Loing, où elle peint des paysages d'eau et de brume d'une étrange douceur, marqués par l'impressionnisme et par le japonisme. Portraitiste recherchée, paysagiste, elle expose au Salon de Paris et dans toute l'Europe de 1880 à 1928, produit aussi des œuvres d'art décoratif. Indépendante toute sa vie, elle meurt à Versailles à quatre-vingt-un ans. Oubliée pendant des décennies, son œuvre est redécouverte en France à la fin du XXe siècle, et la Suède lui a consacré depuis plusieurs rétrospectives.

    Manuela ESPEJO (1753-1829) Journaliste – Infirmière – Équateur

    Sœur du savant Eugenio Espejo, elle grandit à Quito dans une famille métisse pauvre et instruite, et apprend la médecine à ses côtés — elle deviendra la première infirmière et la première journaliste de l'Équateur. Elle écrit dans le journal de Quito sous le pseudonyme d'« Erophilia » pour défendre son frère contre les accusations de la Couronne espagnole, et publie des manifestes réclamant un meilleur traitement pour les femmes et pour les pauvres, à une époque où une femme signant un texte politique risquait le couvent. Elle partage les idées des conjurés qui préparent le soulèvement du 10 août 1809, première déclaration d'indépendance de l'Amérique espagnole. Elle épouse José Mejía Lequerica, l'un des esprits de cette génération, et le suit en Espagne. L'Équateur a donné son nom à une mission nationale de santé publique et à l'une de ses plus hautes distinctions.

    Susanne LANGER (1895-1985) Philosophe – États-Unis

    Philosophe américaine, fille d'immigrés allemands installés à New York, elle grandit en parlant allemand, en garde l'accent toute sa vie et joue du violoncelle. Elle étudie la philosophie au Radcliffe College puis à Harvard, où elle obtient son doctorat en 1926 sous la direction d'Alfred North Whitehead. Elle enseigne à Radcliffe de 1927 à 1942, puis à Columbia et au Connecticut College. D'abord tournée vers la logique, elle publie en 1937 l'une des premières introductions à la logique symbolique moderne. Marquée par Ernst Cassirer, dont elle traduit en anglais « Sprache und Mythos », elle fait paraître en 1942 « Philosophy in a New Key », qui devient un succès de librairie. Son idée centrale : l'être humain éprouve un besoin fondamental de créer des symboles et de donner du sens au monde, et c'est ce qui le distingue de l'animal. Elle oppose deux sortes de symboles. Le langage est discursif : il assemble, les uns après les autres, des éléments dont le sens reste stable. Un tableau ou une musique relèvent au contraire du symbole présentatif : ils se comprennent comme un tout, et une même note ou un même motif changent de sens selon l'œuvre où ils figurent. L'art donne ainsi une forme à la vie des sentiments, que les mots ne savent pas dire. Elle développe cette théorie dans « Feeling and Form » (1953), puis consacre ses dernières années aux trois volumes de « Mind: An Essay on Human Feeling ». Élue en 1960 à l'Académie américaine des arts et des sciences, elle compte parmi les premières Américaines à avoir mené une carrière universitaire en philosophie.

    Et vous, quelle femme célèbre est née le même jour que vous ?

    Découvrir