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Née un 7 décembre
Akiko YOSANO
1878-1942
Elle fut la voix la plus libre et la plus provocatrice de la poésie japonaise du début du XXe siècle. En publiant « Cheveux emmêlés », elle a brisé les tabous sur l’érotisme féminin, réinventant le tanka classique par un lyrisme moderne et passionné. Son œuvre a fait d’elle l’icône du romantisme et une pionnière de l’émancipation des femmes au Japon. Intellectuelle prolifique, elle a également traduit en japonais moderne le monument littéraire qu’est le Dit du Genji. Son activisme social l’a menée à fonder des institutions éducatives mixtes et à militer pour le droit de vote des femmes. Son poème pacifiste écrit durant la guerre russo-japonaise reste un témoignage puissant contre l’absurdité des conflits armés. Elle a su concilier une carrière littéraire immense avec l’éducation de ses onze enfants, prouvant sa force de caractère. Akiko a ouvert la voie à une nouvelle subjectivité féminine, affirmant que le corps et l’esprit d’une femme n’appartiennent qu’à elle-même. Elle demeure une référence incontournable de la littérature mondiale, célébrée pour son audace et sa sensibilité.
Niloofar RAHMANI (1992) Aviatrice – Afghanistan
Première femme pilote d'avion de l'armée de l'air afghane, elle a payé au prix fort son rêve de voler — et n'a jamais renoncé. Née en 1991 à Kaboul dans une famille qui avait fui le régime des talibans, elle grandit avec le rêve interdit de son père : piloter. À dix-huit ans, dès que l'armée de l'air renaissante ouvre ses portes aux femmes, elle s'engage dans l'école des officiers, apprend l'anglais et franchit tous les obstacles d'un monde exclusivement masculin. Le 14 mai 2013, elle reçoit ses ailes : première femme de l'histoire afghane à piloter un avion à voilure fixe, elle transporte troupes et blessés à bord de son Cessna, bravant les interdits qui voulaient tenir les femmes loin du front. Son visage fait le tour du monde — et les menaces de mort pleuvent, des talibans comme de membres de sa propre famille élargie ; les siens doivent déménager sans cesse, son frère est agressé. En mars 2015, le Département d'État américain lui décerne le prix international des Femmes de courage. Envoyée aux États-Unis pour se former sur C-130, elle demande l'asile fin 2016, l'obtient en 2018, et raconte son combat dans ses mémoires, « Open Skies » (2021). Depuis la chute de Kaboul, celle qui fut le symbole d'un ciel afghan enfin ouvert aux femmes porte leur voix en exil, décidée à reprendre les commandes — un jour, dit-elle, sous d'autres cocardes, mais avec le même rêve.
Marie-Anne CAMAX-ZOEGGER (1881-1952) Peintre – France
Fondatrice du salon qui a donné aux artistes femmes un lieu à elles, à une époque où les galeries les recevaient encore en visiteuses. Fille d'un sculpteur alsacien mort quand elle avait quatre ans, elle doit sa vocation au peintre Jean-Jacques Henner, ancien camarade d'atelier de son père, qui encourage ses dons d'enfant. Elle entre aux Beaux-Arts tout juste ouverts aux jeunes filles, expose à la Nationale dès 1909, se marie et élève cinq enfants sans cesser de peindre. L'État lui achète des toiles pour les musées, les mairies, les ministères et jusqu'à l'Élysée ; Bourdelle, Maurice Denis et Suzanne Valadon, qui devient son amie, la soutiennent. En 1929, elle prend la tête du syndicat des artistes femmes peintres et sculpteurs, puis fait scission : en 1931 naît la Société des Femmes Artistes Modernes, dont le salon se tiendra chaque année jusqu'en 1938 et où l'on verra Suzanne Valadon, Marie Laurencin, Camille Claudel, Tamara de Lempicka, Chana Orloff, Mary Cassatt ou Olga Boznańska. En 1937, elle co-organise au Jeu de Paume l'exposition Les femmes artistes d'Europe exposent. En 1946, elle est de la quarantaine d'artistes — avec Picasso, Bonnard et Dufy — qui vendent une toile au profit de la galeriste Berthe Weill, tombée dans la misère. Elle est faite officier de la Légion d'honneur en 1951.
Adèle ROMANY (1769-1846) Peintre – France
Fille naturelle d'une femme mariée, reconnue à neuf ans par son père le marquis de Romance, elle grandit entre deux mondes et n'en gardera ni la fortune ni la protection. Mariée à vingt ans au miniaturiste François Antoine Romany, divorcée le 15 juillet 1793 — la loi sur le divorce datait de l'année précédente —, elle élève seule trois enfants nés de trois pères différents et vit uniquement de sa peinture. Élève de Jean-Baptiste Regnault, dont l'atelier pour femmes était dirigé par son épouse, elle expose au Salon à partir de 1793, quarante ans durant, des portraits d'acteurs, de musiciens et de femmes du monde qui la placent parmi les grandes portraitistes de son temps. Elle reçoit une médaille de seconde classe au Salon de 1808 ; c'est la Comédie-Française qui conserve aujourd'hui le plus grand ensemble de ses œuvres. Ses contemporains louaient « la vérité de ses physionomies » ; l'histoire de l'art, longtemps, ne retint que son nom incertain — Romance, Romany, Romanée — avant de lui rendre sa place.