Annie EASLEY (1933-2011)

Née un 23 avril

Annie EASLEY

1933-2011

    Ingénieure en Aérospatiale, pionnière de la NASA et figure inspirante pour la diversité dans les sciences. Embauchée en 1955 au sein de l’agence (alors appelée NACA) comme « calculatrice humaine », elle s’adapte avec brio à l’avènement de l’informatique moderne en apprenant seule le langage de programmation Fortran. Sa contribution la plus majeure réside dans son travail sur le code du projet Centaur, une fusée à haute énergie dont les technologies de propulsion ont pavé la voie aux lancements des sondes spatiales Voyager et Cassini. Tout au long de sa carrière de 34 ans, elle mène également des recherches cruciales sur les énergies alternatives, analysant les systèmes de batteries pour les premiers véhicules hybrides et les technologies d’énergie solaire. En tant que femme afro-américaine dans un domaine presque exclusivement masculin et blanc, elle surmonte avec une dignité remarquable les discriminations et les lois ségrégatrices de son époque. Profondément engagée pour l’égalité des chances, elle consacre une grande partie de son temps à encourager les femmes et les minorités à embrasser des carrières scientifiques (STEM).

    Lee MILLER (1907-1977) Photographe – États-Unis

    Mais aussi reporter de guerre et mannequin, elle est l’une des artistes les plus fascinantes et polyvalentes du XXe siècle. Repérée dans les rues de New York par le fondateur de Vogue, elle commence sa carrière dans les années 1920 comme un mannequin vedette au style moderne et audacieux. Passionnée par l’envers du décor, elle s’installe à Paris en 1929 et devient la muse, l’amante et la collaboratrice du photographe surréaliste Man Ray. Ensemble, ils redécouvrent la technique de la solarisation, et Lee Miller s’impose rapidement comme une photographe d’avant-garde talentueuse, proche de Jean Cocteau et de Picasso. Après avoir ouvert son propre studio à New York puis vécu au Caire, elle s’installe à Londres au début de la Seconde Guerre mondiale. Refusant de se mettre à l’abri, elle devient correspondante de guerre officielle pour l’armée américaine et le magazine Vogue, accréditée sur le front européen. Elle immortalise avec un courage exceptionnel le Blitz de Londres, la libération de Paris, la bataille de l’Alsace, et est l’une des premières à entrer dans les camps de concentration de Buchenwald et de Dachau. Ses images chocs des horreurs nazies révèlent au monde la réalité de la guerre, tandis que sa photo ironique prenant un bain dans la baignoire d’Adolf Hitler à Munich entre dans l’Histoire. Profondément traumatisée par les atrocités dont elle a été témoin, elle souffre de stress post-traumatique après le conflit et abandonne presque totalement la photographie. Elle se retire dans sa ferme du Sussex en Angleterre aux côtés de son mari, le critique d’art Roland Penrose, où elle se réinvente avec excentricité dans la cuisine gastronomique. Exposition :https://www.mam.paris.fr/fr/expositions/exposition-lee-miller A voir : Lee Miller (2023), film biographique d’Ellen Kuras.

    Marie TAGLIONI (1804-1884) Danseuse étoile – Italie

    Elle révolutionne l'art de la danse classique en imposant l'usage esthétique des pointes et en devenant la première grande icône du ballet romantique. Issue d'une illustre famille de danseurs et formée sous la poigne de son père, le chorégraphe Filippo Taglioni, elle surmonte une morphologie jugée atypique grâce à un entraînement d'une intensité exceptionnelle. En 1832, elle entre dans l'histoire de la scène lors de la création du ballet La Sylphide à l'Opéra de Paris, où elle apparaît vêtue d'un tutu blanc en mousseline et chaussée de chaussons de satin souples renforcés. En s'élevant sur le bout des pieds pour incarner un esprit éthéré, elle transforme une simple prouesse acrobatique en une technique poétique majeure, donnant l'illusion magique de s'affranchir de la gravité terrestre. Son style caractérisé par une grâce aérienne, une légèreté vaporeuse et une pudeur raffinée captive le public international et suscite un engouement sans précédent à travers toute l'Europe. Véritable star adulée des scènes théâtrales, elle inspire les plus grands poètes de son époque, influençant durablement les codes du costume et de la gestuelle chorégraphique. Après avoir triomphé sur les plus grandes scènes et enseigné son art aux nouvelles générations de ballerines, elle se consacre à la transmission de son savoir d'exception. Elle s'éteint à l'âge de 80 ans en léguant l'héritage d'une pionnière qui a donné naissance à l'image moderne de la danseuse étoile.

    Élisabeth de CLERMONT-TONNERRE (1875-1954) Écrivaine – Mémorialiste – France

    « La duchesse rouge » : issue de la plus haute aristocratie, descendante d'Henri IV, elle a rompu avec son monde pour le socialisme. Sa mère meurt d'une fièvre puerpérale quatre jours après sa naissance ; son père, le duc de Gramont, la marie en juin 1896 au futur duc de Clermont-Tonnerre. L'union est un désastre : son biographe attribue aux violences de son mari deux grossesses perdues. Elle s'en sépare en 1920 et finit par divorcer, gardant pour signer ses livres le nom de celui qu'elle avait quitté. Au printemps 1909, elle rencontre Natalie Clifford Barney ; elles deviennent amantes le 1er mai 1910 et le resteront quarante-cinq ans, liées par un « contrat de mariage » symbolique que Natalie rédige en juin 1918 et que toutes deux honoreront jusqu'à la mort. Élisabeth ne cache rien, ni ses amours ni ses convictions : elle se fâche avec toute sa famille en abandonnant la fortune pour défiler au Front populaire, se lie à Anatole France, Henri Barbusse, Clemenceau et Painlevé, et publie en 1933 « Le Chemin de l'U.R.S.S. » — d'où son surnom. Écrivaine prolifique, elle signe une quinzaine d'ouvrages : des mémoires en plusieurs volumes, « Clair de lune et taxi » (1932) et « La Treizième Heure » (1935), un « Barbey d'Aurevilly » (1946), et surtout un « Marcel Proust » (1948) nourri de vingt ans d'amitié avec l'écrivain, dont elle a connu les modèles. Ses « Souvenirs du monde de 1890 à 1940 » restent une source sur la société qu'elle avait quittée.

    Yolande LE CALVEZ (1910-2002) Micropaléontologue – France

    De renommée internationale, spécialiste mondiale des foraminifères, jeune elle se passionne pour les sciences de la Terre s’orientant rapidement vers l’étude des micro fossiles marins. Durant sa carrière, elle intègre le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) ainsi que l’École pratique des hautes études (EPHE), où elle dirige un laboratoire de pointe. Ses recherches novatrices portent sur la taxonomie et la distribution des foraminifères fossiles, notamment ceux du bassin tertiaire de Paris. À travers des publications magistrales, elle décrit des dizaines de nouvelles espèces et redéfinit la stratigraphie de l’Éocène avec une précision inédite. Ses travaux s’avèrent cruciaux pour l’industrie pétrolière et la recherche géologique, permettant de dater avec exactitude les couches sédimentaires. Scientifique de terrain et de laboratoire, elle collabore avec les plus grands spécialistes mondiaux et participe à d’importantes expéditions océanographiques. Reconnue pour sa rigueur académique, elle préside plusieurs commissions de nomenclature et forme avec générosité des générations de micropaléontologues. Tout au long de sa vie, elle s’impose par sa force de travail dans un domaine scientifique alors largement dominé par les hommes. Elle contribue activement au rayonnement de l’école française de paléontologie, léguant des collections de référence conservées dans les plus grands musées. Elle laisse  une œuvre colossale qui continue de guider les géologues dans la compréhension de l’histoire de nos océans.

    Marguerite RUTAN (1736-1794) Bienfaitrice – France

    Fille d'un tailleur de pierre messin dont elle tient les comptes dès l'adolescence, elle entre en 1757 chez les Filles de la Charité, fondées par Vincent de Paul pour soigner les pauvres. Après Toulouse, Pau, Fontainebleau et Troyes, elle est envoyée en 1779 à Dax, avec sept compagnes, pour diriger l'hôpital Saint-Eutrope. Pendant quinze ans, elle en fait un lieu de soins exemplaire pour les malades sans ressources, ouvre des écoles et un foyer pour les jeunes filles pauvres de la ville. Sa compétence et sa bonté lui valent l'affection de toute la population dacquoise. Sous la Terreur, dénoncée, elle est arrêtée le 24 décembre 1793 pour avoir refusé de prêter le serment exigé par le pouvoir révolutionnaire. Accusée sans preuve de fanatisme et d'hostilité à la République, elle est guillotinée à Dax le 9 avril 1794 et jetée dans une fosse commune. Plusieurs responsables révolutionnaires reconnaîtront ensuite que sa condamnation reposait sur des motifs infondés. Elle est béatifiée en 2011 dans les arènes de Dax, la ville qu'elle avait servie toute sa vie.

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