Pauline KERGOMARD (1838-1925)

Née un 24 avril

Pauline KERGOMARD

1838-1925

    Entrée dans l’histoire comme la véritable fondatrice de l’école maternelle moderne. Révoltée par la sévérité des anciennes « salles d’asile » — de simples garderies confessionnelles et disciplinaires destinées aux enfants des classes populaires —, elle œuvre pour une transformation radicale de la petite enfance. En 1881, sous l’impulsion de Jules Ferry, elle obtient un décret historique qui métamorphose ces structures en écoles maternelles laïques et gratuites. Nommée inspectrice générale de ces établissements, un poste qu’elle occupera avec passion pendant trente-huit ans, elle révolutionne les méthodes d’apprentissage. Pour elle, l’enfant ne doit pas être soumis à un dressage intellectuel précoce : elle place le jeu, le développement corporel, le chant, les promenades et l’éveil artistique au cœur de sa pédagogie. Première femme à siéger au Conseil supérieur de l’instruction publique en 1886, elle consacre sa vie à défendre le respect de la liberté et de la dignité des tout-petits. Féministe engagée et autrice de nombreux traités éducatifs, son héritage est tel qu’elle reste aujourd’hui l’une des personnalités les plus célébrées de l’enseignement en France, son nom ornant les frontons de plus d’une centaine d’écoles.

    Grace Oladunni TAYLOR (1937-2025) Biochimiste – Nigeria

    Formée à la chimie à l'université d'Ibadan, dont elle sort diplômée avec mention en 1962, elle y passe un doctorat de pathologie chimique en 1969 et y fera toute sa carrière, jusqu'à la chaire de professeure en 1984. Sa spécialité est l'analyse des lipides dans les maladies cardiovasculaires, et c'est de là que vient sa démonstration la plus utile : en comparant le métabolisme des graisses d'une population à l'autre, elle établit que le taux de cholestérol n'est pas affaire de race mais d'alimentation et d'exercice — à une époque où la médecine coloniale expliquait encore volontiers les écarts de santé par l'origine des patients. Elle travaille aussi sur les lipides des enfants frappés par la malnutrition protéino-énergétique, et publie dès 1971 sur le kwashiorkor. Boursière du laboratoire de recherche sur les lipides de Seattle, elle enseigne au Zimbabwe et conduit des recherches en Jamaïque et à Trinidad, tissant un réseau entre laboratoires africains et caribéens. Deuxième femme élue à l'Académie des sciences du Nigeria, en 1997, elle est l'année suivante la lauréate africaine de la toute première édition du prix L'Oréal-UNESCO pour les femmes et la science, et la première Africaine à le recevoir. Retirée en 2004, elle a continué d'enseigner la pathologie chimique à Ibadan, où elle a formé plusieurs générations de biochimistes nigérians.

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