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Née un 25 avril
Ella FITZGERALD
1917-1996
Universellement saluée comme la « Première Dame de la Chanson » ou la « Reine du Jazz ». Dotée d’une tessiture vocale exceptionnelle de trois octaves, d’une justesse absolue et d’un sens du rythme hors du commun, elle a révolutionné l’histoire de la musique au XXe siècle. Révélée dès l’adolescence au célèbre Apollo Theater de Harlem, elle accède à la gloire internationale grâce à sa virtuosité unique dans l’art du scat, cette technique d’improvisation vocale où elle imitait les instruments de musique avec un génie inégalé. Son œuvre monumentale est notamment marquée par les Songbooks, une série d’albums légendaires où elle interprète les plus grands compositeurs américains, de George Gershwin à Cole Porter, gravant ainsi la bande-son d’une époque. Première femme afro-américaine à remporter un Grammy Award en 1958, elle en décrochera treize au cours d’une carrière de six décennies, jalonnée par des collaborations mythiques avec Louis Armstrong ou Duke Ellington. Malgré le racisme et la ségrégation de son temps, elle s’est imposée par son seul talent comme une icône culturelle mondiale, laissant derrière elle un héritage musical intemporel. Elle est aussi un grande militante pour les Droits civiques.
Corín TELLADO (1927-2009) Écrivaine – Espagne
Seule fille parmi les cinq enfants d'un mécanicien de la marine marchande des Asturies, elle a dix-neuf ans et vient de perdre son père quand elle vend son premier roman pour faire vivre la famille. Elle en écrira plus de quatre mille : Bruguera lui en commande un par semaine, et elle se vantait de pouvoir en écrire un en un peu plus de deux jours. Plus de quatre cents millions d'exemplaires vendus ; le Guinness des records de 1994 en fait l'autrice la plus vendue en langue castillane, et l'UNESCO l'avait déclarée dès 1962 l'écrivaine espagnole la plus lue après Cervantes. Elle disait devoir son style à la censure franquiste et ecclésiastique, qui expurgeait ses manuscrits sans pitié : pas un contact physique, et chaque histoire devait finir par un mariage. Toute une génération de femmes espagnoles et latino-américaines a lu ses romans en cachette, et ses intrigues ont nourri les premières telenovelas. Mario Vargas Llosa et Guillermo Cabrera Infante l'ont prise au sérieux quand la critique la méprisait. Après la mort de Franco, elle publia aussi des romans érotiques sous le pseudonyme d'Ada Miller. Son éditeur lui fit un procès qu'elle perdit en 1973 : trois cent soixante-cinq millions de pesetas à verser et l'exclusivité imposée jusqu'en 1990. Elle dictait encore un roman à sa belle-fille deux jours avant sa mort, à quatre-vingt-un ans.