Fredrika BREMER (1801-1865)

Née un 17 août

Fredrika BREMER

1801-1865

    Réformatrice sociale considérée comme la mère du féminisme en Suède et l’une des figures les plus influentes de la littérature scandinave du XIXe siècle. Née en Finlande dans une famille aristocratique stricte, elle a utilisé sa plume pour contester l’étouffement des femmes dans la sphère domestique. Son roman le plus célèbre, Hertha (1856), a provoqué un séisme social en dénonçant l’incapacité juridique des femmes célibataires, alors considérées comme d’éternelles mineures. L’impact de ce livre fut tel qu’il a directement mené à une réforme législative en Suède, accordant la majorité légale aux femmes non mariées. Voyageuse infatigable, elle a parcouru les États-Unis et l’Europe, documentant ses observations sur la démocratie et les droits humains dans des récits de voyage d’une grande finesse sociologique. Fredrika Bremer croyait en un « féminisme chrétien », prônant que l’émancipation des femmes était une nécessité morale pour le progrès de toute la société. Elle a également cofondé des organisations caritatives et milité pour l’accès des femmes à l’éducation supérieure et aux professions libérales. Son style littéraire, qui mêlait réalisme quotidien et idéalisme spirituel, a influencé des auteurs comme Louisa May Alcott. En 1884, la première organisation de défense des droits des femmes en Suède fut baptisée l’Association Fredrika Bremer en son honneur.

    Margaret HAMILTON (1936) Informaticienne – Entrepreneuse – États-Unis

    Diplômée de mathématiques à l’université Earlham en 1958, elle renonce aux mathématiques pures pour une discipline qui n’a pas encore de nom : la programmation. Au début des années 1960, elle entre au laboratoire d’instrumentation du MIT, à qui la NASA confie le logiciel de bord du programme Apollo, et finit par diriger l’équipe qui l’écrit. Sa contribution décisive n’est pas le calcul mais la prudence : elle impose des mécanismes de détection des erreurs et de hiérarchisation des tâches. Le 20 juillet 1969, à quelques minutes de l’alunissage, l’ordinateur de bord d’Apollo 11 est submergé de données parasites et déclenche l’alarme ; le système écarte de lui-même les calculs secondaires, garde les essentiels, et Armstrong et Aldrin se posent. On lui doit aussi l’expression « génie logiciel », qu’elle emploie pour faire admettre que l’écriture d’un programme est un métier d’ingénieur, avec ses méthodes, ses tests et ses validations – on en riait alors. Elle fonde ensuite deux entreprises consacrées aux systèmes fiables. En 2016, Barack Obama lui remet la médaille présidentielle de la Liberté, la plus haute distinction civile des États-Unis.

    Herminie CADOLLE (1842-1924) Styliste – Entrepreneuse – France

    Inventrice et militante, célèbre pour être la créatrice du soutien-gorge moderne et la fondatrice de la prestigieuse maison de lingerie Cadolle. Née dans le Loiret, elle s'installe à Paris et se lie avec les milieux ouvriers et révolutionnaires. Lors de la Commune de Paris en 1871, elle s'engage activement au sein de l'Union des femmes pour la défense de Paris et les soins aux blessés aux côtés de Louise Michel. Après la défaite de la Commune, échappant à la répression politique, elle s'exile en Argentine avec son mari. À Buenos Aires, elle ouvre un atelier de lingerie et commence à réfléchir aux contraintes physiques imposées aux femmes par le corset traditionnel, qui compresse la cage thoracique et entrave la respiration. En 1889, de retour à Paris, elle présente lors de l'Exposition universelle une invention révolutionnaire : le « Corbin » ou « Bien-être ». Elle a l'idée novatrice de couper le corset traditionnel en deux parties distinctes : la partie supérieure soutient la poitrine directement depuis les épaules grâce à des bretelles — le prototype du soutien-gorge moderne — tandis que la partie inférieure reste une ceinture gainante pour la taille. Breveté en 1898, ce dispositif libère le corps féminin, accompagne l'émancipation des femmes et l'essor de la pratique sportive. Herminie Cadolle installe sa maison de couture rue de la Chaussée-d'Antin à Paris, séduisant une clientèle internationale élégante, reines, aristocrates et comédiennes. Sa maison de haute lingerie, transmise de génération en génération par les femmes de sa famille, demeure aujourd'hui en activité, léguant une invention qui a durablement transformé la mode et le quotidien des femmes. À découvrir : https://lesvisitesdetheo.com/visite-guidee-paris-du-luxe/

    https://www.cadolle.com/pages/notre-histoire

    Maria DERAISMES (1828-1894) Journaliste – France

    Fille d'une famille bourgeoise et libérale, elle voulut d'abord peindre, comme son idole Rosa Bonheur, prit des leçons auprès d'un élève de Delaroche, puis écrivit des pamphlets et des pièces jouées dans les salons. Sa voix fit le reste : en 1866, Léon Richer l'invite à répondre publiquement aux « Bas-bleus », l'article où Barbey d'Aurevilly raillait les femmes qui écrivent. La conférence est un succès et lui ouvre une carrière de tribune, à une époque où une femme qui parle en public passe pour une provocation. Elle cofonde en 1869, avec Paule Mink, Louise Michel, Eliska Vincent et Léon Richer, la Société pour la revendication des droits civils des femmes, préside dès l'année suivante l'Association pour le droit des femmes, écrit dans « Le Droit des femmes », puis fonde en 1874, avec Hubertine Auclert et Aline Valette, la Société pour l'amélioration du sort de la femme. En 1878, elle organise le premier Congrès international du droit des femmes ; en 1881, le premier Congrès anticlérical, présidé par Victor Schœlcher, et prend la direction du « Républicain de Seine-et-Marne ». Les obédiences maçonniques refusant obstinément d'initier des femmes, la loge des Libres-Penseurs, à l'Orient du Pecq, passe outre : le 14 janvier 1882, elle y est reçue, première femme franc-maçonne. Le séisme est tel que la loge est aussitôt suspendue. Onze ans plus tard, avec le docteur Georges Martin, elle fonde l'ordre maçonnique mixte international Le Droit humain et initie elle-même seize femmes. Son monument par Louis-Ernest Barrias, inauguré square des Épinettes en 1898, fut fondu par Vichy en 1943 et rétabli en 1983.

    Et vous, quelle femme célèbre est née le même jour que vous ?

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