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Née un 9 décembre
Grace HOPPER
1906-1992
Pionnière de l’informatique dont les innovations ont jeté les bases de la programmation logicielle moderne. Mathématicienne de formation et officier de marine, elle a inventé le concept de compilateur, permettant de traduire des instructions textuelles en langage binaire. Sa contribution majeure, le langage COBOL, a démocratisé l’usage des ordinateurs dans le monde des affaires en simplifiant leur manipulation. Visionnaire, elle a prédit que l’informatique deviendrait un outil universel accessible à tous, et non une simple machine à calculer pour scientifiques. Son anecdote sur le premier « bug » matériel est entrée dans la légende technologique mondiale. Elle a passé une grande partie de sa carrière à former les jeunes générations, prônant l’audace et l’innovation constante. Ses mérites exceptionnels lui ont valu d’avoir un destroyer de l’US Navy baptisé en son honneur. Elle a reçu à titre posthume la Médaille présidentielle de la Liberté en 2016. Jusqu’à sa mort, elle a lutté contre l’inertie administrative avec sa célèbre devise : « On a toujours fait comme ça ». Son influence se ressent dans chaque ligne de code écrite aujourd’hui.
Andrée VIOLLIS (1870-1950) Journaliste – Grand reporter – France
Elle marque de manière décisive l'histoire de la presse et du journalisme du vingtième siècle en s'imposant comme l'une des plus grandes figures du grand reportage international. Issue d'un milieu érudit et humaniste, elle bénéficie d'une solide formation littéraire à la Sorbonne et en Angleterre avant d'embrasser la carrière journalistique au tournant du siècle, adoptant le pseudonyme d'Andrée Viollis sous lequel elle signe ses récits. Son apport historique est capital : à une époque où le journalisme de terrain est quasi exclusivement réservé aux hommes, elle brise les conventions en devenant l'une des rares femmes à couvrir les plus grands événements géopolitiques mondiaux. Travaillant pour des journaux prestigieux comme Le Petit Parisien, L'Intransigeant ou Ce Soir, elle parcourt le globe pour interviewer des personnalités de premier plan, de Gandhi à Nehru en passant par les dirigeants politiques d'une Europe en plein bouleversement. Son sens aigu de l'observation et son empathie envers les populations opprimées révolutionnent le style du reportage, privilégiant le témoignage brut et l'analyse sociale aux discours officiels. En 1931, son séjour en Indochine donne naissance à son œuvre majeure, Indochine SOS, un ouvrage choc dans lequel elle dénonce sans concession les abus et la violence du système colonial français, suscitant une prise de conscience salutaire dans l'opinion publique. Engagée contre la montée du fascisme durant les années 1930, elle soutient activement la cause républicaine pendant la guerre d'Espagne et s'implique dans les mouvements antifascistes internationaux. Durant la Seconde Guerre mondiale, elle met son talent au service de la Résistance intellectuelle en écrivant clandestinement sous le pseudonyme de « Gallienne ». Pionnière de la presse d'investigation engagée, elle consacre ses dernières années à la défense des droits humains et à la formation des jeunes journalistes. Elle s'éteint à l'âge de 79 ans à Paris, léguant l'héritage d'une reporter d'exception dont la rigueur morale et le courage journalistique ont forgé les principes modernes de la presse d'information et du droit de savoir.
Begum ROKEYA (1880-1932) Écrivaine – Pédagogue – Bangladesh
Élevée dans une famille musulmane du Bengale où les filles n'avaient le droit d'apprendre ni l'anglais ni le bengali, elle s'instruit la nuit, à la bougie, avec son frère aîné. Mariée à dix-huit ans à un magistrat qui, lui, l'encourage à écrire, elle publie en 1905 « Le Rêve de Sultana », court récit d'une utopie où les femmes gouvernent, font la science et la pluie, tandis que les hommes sont tenus au « mardana » — la première œuvre de science-fiction féministe écrite par une femme en Asie du Sud. Veuve à vingt-neuf ans, elle consacre l'héritage de son mari à fonder une école pour filles musulmanes à Calcutta, qu'elle dirige jusqu'à sa mort en allant chercher ses élèves de maison en maison, sous les insultes. Elle crée en 1916 l'Association des femmes musulmanes, qui se bat pour l'éducation et l'emploi, et préside en 1926 la Conférence pour l'éducation des femmes du Bengale. Toute son œuvre attaque un même adversaire : l'idée que la réclusion des femmes serait religieuse alors qu'elle est sociale.