Irma LEVASSEUR (1877-1964)

Née un 20 janvier

Irma LEVASSEUR

1877-1964

    Elle est reconnue comme étant la première femme médecin au Québec. Face à l’interdiction faite aux femmes d’étudier la médecine au Canada, elle s’exile aux États-Unis et obtient son diplôme à l’université du Minnesota en 1900. De retour dans sa province natale, elle doit mener une intense bataille politique pour obtenir le droit d’exercer, accordé par une loi spéciale de l’Assemblée législative en 1903. Révoltée par le taux de mortalité infantile record à Montréal, elle cofonde en 1907 l’Hôpital Sainte-Justine pour soigner les enfants malades. Durant la Première Guerre mondiale, elle met son expertise au service de la Croix-Rouge en Europe avant de revenir à Québec, où elle participe à la fondation de l’Hôpital de l’Enfant-Jésus en 1923. Tout au long de sa vie, elle s’est dévouée pour la pédiatrie et les enfants handicapés, souvent au détriment de sa propre situation financière. Cette pionnière courageuse a brisé les barrières institutionnelles, ouvrant définitivement la voie aux femmes dans les carrières médicales francophones.

    Joy ADAMSON (1910-1980) Naturaliste – Autriche

    Née Friederike Victoria Gessner, elle est aussi artiste et écrivaine de renom, célèbre pour son engagement pionnier dans la protection de la faune africaine. Installée au Kenya, elle et son mari, le garde-chasse George Adamson, recueillent en 1956 un lionceau orphelin qu’ils baptisent Elsa. Ensemble, ils réussissent l’exploit inédit de rééduquer la lionne pour qu’elle réapprenne à chasser et puisse retourner à la vie sauvage. Cette aventure extraordinaire inspire à Joy son livre mondialement célèbre, Born Free (Vivre libre), publié en 1960, qui sensibilise des millions de personnes à la cause animale et est adapté avec succès au cinéma. Le film du même nom sortit en 1966,  remporta l’Oscar du cinéma (Academy Award) de la meilleure musique en 1967 composée par John Barry. Grâce aux droits d’auteur, elle fonde l’organisation Elsa Wild Animal Appeal, finançant de nombreux projets de conservation et des parcs nationaux en Afrique. Au-delà de son travail avec les fauves, Joy était une artiste peintre talentueuse qui a documenté avec une grande précision la flore locale ainsi que les costumes traditionnels des tribus kényanes pour les musées nationaux. Sa fin de vie est tragique : elle est assassinée en 1980 par un ancien employé dans la réserve de Shaba, suivie par son mari quelques années plus tard. Son héritage littéraire et scientifique demeure un jalon majeur dans l’histoire de la conservation moderne de la nature.

    Marie-Anne LAVOISIER (1758-1836) Chimiste – France

    Considérée comme la mère de la chimie moderne, elle a été reléguée dans l’histoire au rang de simple assistante de son célèbre mari, Antoine Lavoisier, elle fut en réalité sa plus proche collaboratrice scientifique et une chercheuse à part entière. Mariée à 13 ans pour échapper à un mariage forcé, elle se forme rapidement aux côtés de son époux. Parlant couramment l’anglais et le latin (contrairement à Antoine), elle traduit les travaux cruciaux de scientifiques britanniques comme Richard Kirwan et Joseph Priestley. Ses traductions, qu’elle assortit de notes critiques et de commentaires pointus, permettent au couple Lavoisier de réfuter la théorie du « phlogistique » et de poser les bases de la chimie moderne (notamment la découverte du rôle de l’oxygène dans la combustion). Artiste talentueuse, elle a été formée par le peintre Jacques-Louis David. C’est elle qui dessine avec une précision chirurgicale toutes les planches de leur ouvrage fondateur, le Traité élémentaire de chimie (1789). Ses illustrations des instruments de laboratoire et des montages expérimentaux permettent aux scientifiques du monde entier de reproduire leurs expériences. Après l’exécution de son mari sous la Terreur en 1794, elle se bat pour récupérer ses notes, rédige ses mémoires posthumes et sauve son héritage scientifique.

    Marie-Angélique DUCHEMIN (1772-1859) Militaire – France

    Fille, sœur et épouse de soldats du 42e régiment d'infanterie, Marie-Angélique Duchemin suit l'armée en campagne, comme beaucoup de femmes de son temps. Veuve à 19 ans du caporal André Brûlon, puis orpheline de père en 1792, elle décide de s'engager. Son autorité et sa bravoure la font vite monter en grade : caporal, puis caporal fourrier faisant fonction de sergent. En Corse, en mai 1794, elle commande le détachement qui défend le fort de Gesco contre les rebelles corses et les Anglais. Blessée d'un coup de sabre au bras droit puis d'un coup de stylet au bras gauche, elle part à minuit pour Calvi, fait lever une soixantaine de femmes, les charge de munitions et les ramène elle-même au fort, ce qui permet de repousser l'ennemi. Pendant le siège de Calvi, un éclat de bombe la blesse encore à la jambe. Ses blessures mal soignées la conduisent à demander son entrée aux Invalides : elle est la première femme à y être admise, y reçoit sous la Restauration l'épaulette de sous-lieutenant et y passe le reste de sa vie en gérant le magasin d'habillement. Célèbre, surnommée « Sergent liberté », elle refuse toujours de rencontrer Napoléon, qu'elle tient pour responsable de la mort de son mari. Le 15 août 1851, à 79 ans, elle reçoit des mains de Louis-Napoléon Bonaparte la croix de chevalier de la Légion d'honneur : elle est la première femme à recevoir cette distinction. Elle meurt à Paris en 1859. Une rue de Dinan, sa ville natale, une rue de Nantes et une allée de Vannes portent aujourd'hui son nom.

    Et vous, quelle femme célèbre est née le même jour que vous ?

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