Simone MICHEL-LÉVY (1906-1945)

Née un 19 janvier

Simone MICHEL-LÉVY

1906-1945

    Une des plus grandes héroïnes de la Résistance française et rares femmes nommées Compagnon de la Libération. Employée supérieure aux Postes, Télégraphes et Téléphones (PTT), elle refuse immédiatement la défaite en 1940 et cofonde le réseau de résistance « Action PTT ». Sous les pseudonymes d’« Emma » ou « Françoise », elle organise un système clandestin vital de détournement de lignes, d’acheminement de courriers et de transmission de postes émetteurs vers Londres et la France libre. Arrêtée par la Gestapo en novembre 1943 à la suite d’une dénonciation, elle subit de terribles tortures sans jamais livrer le moindre secret ni le nom de ses camarades. Déportée au camp de Ravensbrück puis à Flossenbürg, elle fait preuve d’un courage surhumain en sabotant la production de l’usine d’armement où elle est forcée de travailler. Découverte, elle est condamnée à mort et pendue avec Hélène Lignier et Noémie Suchet par les SS en avril 1945, à peine quelques jours avant la libération du camp. Reconnue pour son patriotisme exceptionnel et son sacrifice, elle incarne la résistance héroïque de l’administration française face à l’occupant nazi.

    En complément : https://www.ordredelaliberation.fr/fr/les-femmes-et-les-hommes-compagnon-de-la-liberation

    Suzanne NOËL (1878-1954) Médecin – France

    Chirurgienne plasticienne et militante féministe française, pionnière mondiale de la chirurgie esthétique et réparatrice. Issue d’une famille bourgeoise, elle entame ses études de médecine en 1905, un parcours alors très rare pour une femme, et se spécialise en chirurgie maxillo-faciale sous la direction du professeur Hippolyte Morestin. Durant la Première Guerre mondiale, face à l’afflux massif de blessés, elle met son talent au service des « Gueules cassées », ces soldats horriblement mutilés au combat, contribuant à reconstruire leurs visages détruits et à leur redonner une place dans la société. Après la guerre, elle devient l’une des premières praticiennes au monde à développer la chirurgie esthétique, perfectionnant des techniques révolutionnaires de lifting, de réduction mammaire et de correction des paupières. Visionnaire, elle perçoit cette discipline non comme une futilité, mais comme un outil d’émancipation sociale et d’indépendance économique pour les femmes désireuses de travailler. Parallèlement à sa carrière médicale, elle est une militante féministe passionnée, défendant ardemment le droit de vote des femmes et l’égalité salariale. En 1924, elle fonde à Paris le premier club Soroptimist d’Europe, un mouvement international de femmes professionnelles engagées dans l’action citoyenne et la solidarité féminine. Elle parcourt ensuite le monde pour créer des dizaines d’autres sections de ce club, de la Chine au continent américain, tout en continuant d’opérer bénévolement des femmes défavorisées ou des résistantes recherchées pendant la Seconde Guerre mondiale. Sa vie durant, elle refuse de dissocier son art chirurgical de son engagement humaniste, utilisant son scalpel comme un instrument de réparation physique et sociale. Décorée de la Légion d’honneur pour ses contributions scientifiques et sociales exceptionnelles, elle opère presque jusqu’à sa mort malgré une vue déclinante.

    Janis JOPLIN (1943-1970) Chanteuse – États-Unis

    Brocardée à Port Arthur pour son physique, élue à l'université « le garçon le plus laid du campus », elle grandit avec les disques de Bessie Smith, d'Odetta et de Big Mama Thornton, et ne chantera jamais autre chose que ce blues-là — une voix cassée, poussée jusqu'à la rupture. Révélation du festival de Monterey en 1967 avec Big Brother and the Holding Company, elle place « Cheap Thrills » en tête des ventes américaines en 1968, porté par « Summertime » et « Piece of My Heart ». Elle chante à Woodstock en 1969, se juge si mauvaise ce soir-là qu'elle refuse d'abord de figurer dans le film du festival, puis quitte le groupe pour mener ses propres formations. Southern Comfort à la main, au volant d'une Porsche 356 peinte de motifs psychédéliques aujourd'hui exposée au Whitney Museum, elle prend dans le rock une place que le métier réservait aux hommes. En 1970, elle paie la pierre tombale de Bessie Smith, enterrée sans sépulture marquée depuis 1937, et rentre à Port Arthur pour les retrouvailles de sa promotion, au sommet de sa gloire. Une overdose d'héroïne l'emporte le 4 octobre 1970, à vingt-sept ans ; ses cendres sont dispersées au-dessus du Pacifique. « Pearl » reste neuf semaines en tête des ventes après sa mort, et « Me and Bobby McGee » devient le 20 mars 1971 le deuxième numéro un posthume du classement américain.

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