Johanna ELBERSKIRCHEN (1864-1943)

Née un 11 avril

Johanna ELBERSKIRCHEN

1864-1943

    Militante politique et figure de proue radicale des premiers mouvements pour les droits des femmes et des minorités sexuelles. Née à Bonn, elle doit s’exiler en Suisse pour étudier la médecine, l’enseignement universitaire étant alors interdit aux femmes dans l’Empire allemand. Autrice prolifique, elle publie dès la fin du XIXe siècle des essais percutants sur la santé, l’éducation populaire et la sexualité féminine, brisant les tabous de la société patriarcale et cléricale. Elle marque l’histoire en devenant l’une des rares femmes à s’engager ouvertement au sein du Comité scientifique humanitaire, la toute première organisation mondiale de défense des droits des homosexuels. Féministe intransigeante, elle refuse de calquer l’identité lesbienne sur un modèle masculin, affirmant l’indépendance totale du désir des femmes. Son activisme prend brutalement fin en 1933 avec l’avènement du régime nazi, qui censure ses œuvres et la contraint au silence. Elle s’éteint dans l’isolement en 1943, et ses cendres seront secrètement déposées dans la tombe de sa compagne de vie, Hildegard Moniac. Redécouverte tardivement, elle est aujourd’hui honorée comme une pionnière héroïque de la libération LGBTQ+ et de l’émancipation des femmes.

    Adélaïde LABILLE-GUIARD (1749-1803) Peintre – France

    Fille d'un mercier parisien, elle apprend la miniature, puis le pastel auprès de Maurice Quentin de La Tour, puis la peinture à l'huile avec François-André Vincent, son camarade d'enfance qu'elle épousera à cinquante ans. Le 31 mai 1783, elle entre à l'Académie royale de peinture le même jour qu'Élisabeth Vigée Le Brun : elles portent à quatre le nombre de femmes admises, chiffre que le règlement interdit de dépasser. Elle obtiendra en 1790 la suppression de ce plafond, ainsi que le droit pour les femmes d'exposer et de concourir. Son grand « Autoportrait avec deux élèves », exposé au Salon de 1785 et conservé au Metropolitan Museum, est une déclaration : elle y peint devant ses étudiantes, car elle a formé des dizaines de jeunes femmes et réclamé pour elles un atelier. Peintre des tantes du roi, elle devient sous la Révolution celle de Robespierre et de Talleyrand ; sa grande toile du comte de Provence est brûlée en 1793 comme image royaliste. Après dix ans de démarches, elle obtient en 1795 un logement au Louvre et une pension : première artiste femme autorisée à y installer un atelier pour elle et ses élèves. Elle expose aux Salons jusqu'en 1800, l'année de son mariage, et meurt trois ans plus tard.

    Viola LIUZZO (1925-1965) Politique – États-Unis

    Fille d'un mineur de Pennsylvanie qui perdit la main droite dans un coup de grisou, elle grandit dans la misère du Sud ségrégué, puis à Detroit. Mère de cinq enfants, étudiante à temps partiel, elle suit en mars 1965 les images du « dimanche sanglant » de Selma à la télévision, dit à son mari qu'il s'agit du combat de tout le monde, et prend seule la route de l'Alabama. Elle marche jusqu'à Montgomery, puis transporte les manifestants d'une ville à l'autre dans sa voiture. Le 25 mars, alors qu'elle ramène vers Selma Leroy Moton, dix-neuf ans, trois membres du Ku Klux Klan la rattrapent et l'abattent de deux balles dans la tête. Un quatrième homme était dans la voiture des tueurs : un indicateur du FBI, ce que le pays n'apprendra qu'en 1978. Pour détourner l'attention de son agence, J. Edgar Hoover fit salir la mémoire de la victime. Deux jurys d'Alabama acquittèrent les meurtriers ; un jury fédéral les condamna la même année pour conspiration, au titre d'une loi de 1871 contre le Klan — un tournant judiciaire dans le Sud. Son nom figure sur le Mémorial des droits civiques de Montgomery.

    Et vous, quelle femme célèbre est née le même jour que vous ?

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