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Née un 8 juin
Marguerite YOURCENAR
1903-1987
Née Marguerite de Crayencour (Yourcenar étant un anagramme) à Bruxelles, sa mère décède dix jours après sa naissance. Elle grandit sous l’influence de son père, un aristocrate anticonformiste qui lui transmet le goût des voyages et de la culture classique. Elle reçoit une éducation strictement privée et autodidacte, passant son baccalauréat sans jamais avoir fréquenté l’école. En 1929, année du décès de son père, elle publie son premier roman, « Alexis ou le Traité du vain combat », (une autobiographie saluée mondialement où le souverain lucide médite sur le pouvoir, l’amour et la vieillesse) abordant avec une grande sobriété le thème de l’homosexualité. Elle mène ensuite une vie de bohème intellectuelle à travers l’Europe, marquée par un amour passionnel et douloureux pour son éditeur André Fraigneau, qui lui inspirera le recueil de poèmes en prose Feux. En 1939, pour fuir la Seconde Guerre mondiale, elle s’installe définitivement aux États-Unis aux côtés de sa compagne et traductrice, Grace Frick. Le couple achète une maison en bois baptisée « Petite Plaisance » sur l’île des Monts-Déserts, dans le Maine, où l’écrivaine passera le reste de ses jours dans un isolement studieux. Elle y écrit ses deux plus grands chefs-d’œuvre historiques et philosophiques : « Mémoires d’Hadrien » en 1951, qui lui apporte une consécration mondiale, puis « L’Œuvre au noir » en 1968 (pose son style : une lettre d’un musicien confessant son homosexualité à son épouse, écrite dans une langue classique d’une grande retenue), qui remporte le prix Femina. Humaniste, polyglotte et passionnée par l’Antiquité, Marguerite Yourcenar entre dans l’histoire littéraire le 6 mars 1980 en devenant la première femme élue à l’Académie française, brisant un bastion masculin tricentenaire. Deux ans plus tard, elle est également la première femme publiée de son vivant dans la prestigieuse collection de la Pléiade. Voyageuse infatigable jusqu’à ses derniers jours, elle s’éteint en 1987 aux États-Unis, laissant une œuvre monumentale. À découvrir : https://lesvisitesdetheo.com/les-femmes-dans-lhistoire/
Harriet HEMENWAY (1858-1960) Protectrice des oiseaux – États-Unis
La grande dame de Boston qui inventa le boycott écologique. Fille d'un des chefs de file de l'abolitionnisme américain, mariée à un héritier philanthrope, elle lit un matin de 1896 le récit du massacre des aigrettes de Floride, plumées pour la mode des chapeaux. Avec sa cousine Minna Hall, elle épluche le bottin mondain autour d'une tasse de thé et lance une campagne de salons : convaincre les dames de la bonne société de bannir les plumes de leur garde-robe. Neuf cents Bostoniennes signent ; la Massachusetts Audubon Society naît la même année, première du réseau qui couvrira tout le pays. Leur lobbying obtient les lois qui sauvent les oiseaux — jusqu'au Migratory Bird Treaty Act de 1918. Botaniste amatrice, hôtesse excentrique qui recevait avec un perroquet sur l'épaule, elle vécut jusqu'à cent un ans — assez pour voir les aigrettes de retour dans le ciel américain. Dès 1897, le Massachusetts interdit le commerce des plumes sauvages, premier État à céder ; la loi fédérale suivit. Sa demeure de Clarendon Street, où tout commença autour d'une théière, est restée dans l'histoire comme le berceau du plus ancien mouvement ornithologique d'Amérique.