Virginia APGAR (1909-1974)

Née un 7 juin

Virginia APGAR

1909-1974

    En 1952, elle conçoit le score d’Apgar, le premier système standardisé pour évaluer la santé des bébés dès la première minute de vie. Ce test simple, basé sur cinq critères (apparence, pouls, grimace, activité, respiration), permet de détecter immédiatement si un nourrisson a besoin de soins urgents. Elle fut également la première femme professeure titulaire à l’université Columbia et une pionnière de l’anesthésiologie, une spécialité alors naissante. Par la suite, elle s’est consacrée à l’étude des malformations congénitales et à la promotion de la vaccination contre la rubéole pour protéger les femmes enceintes. Femme de tête et de talent, elle était aussi une excellente violoniste et fabriquait ses propres instruments. Son score est aujourd’hui utilisé dans presque toutes les salles de naissance à travers le monde. Médecin visionnaire, elle a transformé la pédiatrie en faisant chuter drastiquement la mortalité infantile.

    Silvia MONFORT (1923-1991) Comédienne – Directrice de théâtre – Résistante – France

    Nom de scène de Simonne Marguerite Favre-Bertin, elle s'impose comme une figure héroïque du théâtre public et du cinéma, conjuguant un engagement civique exemplaire et un talent dramatique d'une intensité rare. Dès l'adolescence, elle s'engage activement dans la Résistance pendant la Seconde Guerre mondiale, participant à la libération de la capitale, un courage qui lui vaut la Croix de guerre et la Médaille de la Résistance. Attirée par la scène, elle rejoint les pionniers de la décentralisation théâtrale et participe aux premières heures du Festival d'Avignon aux côtés de Jean Vilar et de Gérard Philipe. Au cinéma, elle est révélée par Robert Bresson dans Les Anges du péché avant de marquer les débuts d'Agnès Varda dans La Pointe Courte. Actrice au jeu passionné et à la diction musicale unique, elle brille aussi bien dans le répertoire classique de Racine et Jean Cocteau que dans le théâtre contemporain. Convaincue que l'art dramatique doit être accessible au plus grand nombre, elle consacre la majeure partie de sa vie à la création et à la gestion de lieux culturels populaires. Elle fonde successivement plusieurs théâtres nomades et populaires avant d'implanter une structure pérenne dans d'anciens abattoirs parisiens, un espace novateur dédié à la création théâtrale, aux arts du cirque et aux poètes contemporains. Directrice de troupe exigeante, metteuse en scène et autrice de plusieurs romans, elle se bat sans relâche jusqu'à ses derniers jours pour la démocratisation culturelle.

    Amelia EDWARDS (1831-1892) Égyptologue – Écrivaine – Royaume-Uni

    Romancière à succès, journaliste, elle a quarante-deux ans quand la pluie d'un automne italien la pousse vers le sud : elle remonte le Nil en dahabieh pendant l'hiver 1873 et n'écrira plus jamais de roman. « A Thousand Miles up the Nile », paru en 1877, raconte ce voyage et dit déjà l'essentiel – les monuments s'effritent, les touristes emportent les fragments, les marchands pillent ce qui reste. Elle décide alors de sauver ce qu'elle a vu. En 1882, elle fonde avec Reginald Stuart Poole l'Egypt Exploration Fund, qui finance des fouilles scientifiques là où régnait la chasse aux objets, et elle en assure le secrétariat honoraire jusqu'à sa mort, écrivant des milliers de lettres pour trouver l'argent. En 1889 et 1890, malade, elle donne cent vingt conférences à travers les États-Unis pour la même cause. Elle lègue enfin sa collection d'antiquités et deux mille cinq cents livres à University College London, à charge de créer la première chaire d'égyptologie britannique – elle exige qu'elle soit ouverte aux femmes, et le premier titulaire en sera Flinders Petrie. On l'appelle la marraine de l'égyptologie. Elle repose à Henbury auprès d'Ellen Braysher, avec qui elle vécut trente ans ; leur tombe est classée depuis 2016.

    Sugako KANNO (1881-1911) Journaliste – Politique – Japon

    Née dans une famille de mineurs ruinée, mariée à dix-sept ans pour échapper à sa belle-mère, elle entre au journal Osaka Choho et y apprend le métier sous la conduite du dramaturge Udagawa Bunkai. En 1903, elle rejoint l'union chrétienne de tempérance de Yajima Kajiko et se bat contre le système des maisons closes ; trois ans plus tard, elle dirige la rédaction du Muro Shinpō. Du christianisme social elle passe au socialisme, puis à l'anarchisme, et publie avec Kōtoku Shūsui un journal que les autorités interdisent aussitôt. Tuberculeuse, elle passe deux mois en maison de repos au printemps 1910, et c'est malade qu'elle est arrêtée dans l'affaire dite de haute trahison — un projet d'attentat contre l'empereur Meiji. Seule femme parmi vingt-six accusés, elle refuse au procès de se dérober : elle revendique son rôle et ses idées, et écrit ses mémoires en prison. Sur vingt-quatre condamnations à mort, douze sont commuées ; la sienne ne l'est pas. Pendue le 25 janvier 1911 à la prison d'Ichigaya, à vingt-neuf ans, seule et le lendemain de ses onze codétenus, elle est la première femme exécutée pour un crime politique dans le Japon moderne.

    Et vous, quelle femme célèbre est née le même jour que vous ?

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