Micheline MAUREL (1916-2009)

Née un 17 juillet

Micheline MAUREL

1916-2009

    Également poétesse dont le témoignage sur l’univers concentrationnaire reste l’un des plus poignants de l’après-guerre. Engagée dès 1941 dans le réseau Marco Polo, elle accomplit des missions de renseignement périlleuses jusqu’à son arrestation par la Gestapo en 1943. Déportée au camp de Neubrandenburg, un satellite de Ravensbrück, elle survécut à deux années d’horreur marquées par la faim, le travail forcé et les humiliations constantes. Son livre de souvenirs, Un camp très ordinaire, est considéré comme un chef-d’œuvre de la littérature de témoignage pour sa précision quasi clinique et son absence d’emphase. Elle y décrit avec une lucidité bouleversante la déshumanisation progressive des détenues et la lutte quotidienne pour préserver un reste de dignité. Poétesse dans l’âme, elle composait mentalement des vers durant ses heures de labeur pour maintenir son esprit en éveil et résister à l’anéantissement. Après la Libération, elle consacra une partie de sa vie à transmettre la mémoire de la Déportation et à travailler pour la Croix-Rouge internationale. Son œuvre littéraire, couronnée par le Prix des Critiques, se distingue par une écriture d’une pureté classique mise au service d’une vérité brute. Elle a su mettre des mots sur l’indicible, refusant l’oubli et transformant sa souffrance en une leçon d’humanité universelle.

    Berenice ABBOTT (1898-1991) Photographe – États-Unis

    Elle marque l'histoire de la photographie du vingtième siècle en s'imposant comme la grande documentariste de la modernité urbaine et la salvatrice de l'œuvre d'Eugène Atget. Née dans l'Ohio, elle abandonne des études de sculpture pour s'installer à Paris dans les années 1920, où elle devient l'assistante de Man Ray avant d'ouvrir son propre studio, portraitiste prisée par l'avant-garde intellectuelle, immortalisant James Joyce, Sylvia Beach et Jean Cocteau. C'est durant cette période parisienne qu'elle découvre le travail du photographe Eugène Atget ; à la mort de ce dernier en 1927, elle accomplit un acte d'une portée patrimoniale capitale en rachetant et en préservant des milliers de ses clichés et négatifs, révélant au monde entier le génie du maître de la rue parisienne. De retour aux États-Unis à la veille de la Grande Dépression, elle applique la leçon documentaire d'Atget à la métamorphose fulgurante de New York. Son apport historique culmine durant les années 1930 avec son projet monumental Changing New York, financé par la Works Progress Administration. Armée de sa chambre photographique grand format, elle immortalise les contrastes saisissants de la mégapole, capturant la juxtaposition des vieux édifices du dix-neuvième siècle et des gratte-ciel modernistes en construction grâce à des contre-plongées audacieuses et une précision géométrique d'une clarté absolue. Dans les années 1950 et 1960, elle réinvente une nouvelle fois sa pratique en collaborant avec le Massachusetts Institute of Technology pour concevoir des photographies scientifiques inédites, immortalisant les lois de la physique, du mouvement et de la lumière avec une rigueur esthétique novatrice. Pédagogue, inventrice de matériel photographique et autrice d'ouvrages techniques de référence, elle consacre sa vie entière à défendre une photographie pure, affranchie de tout artifice pictural.

    Hannah SZENES (1921-1944) Poétesse – Résistante – Hongrie

    Poétesse et résistante, héroïne nationale d'Israël. Née à Budapest dans une famille juive assimilée, elle perd enfant son père, le journaliste et dramaturge Béla Szenes, émigre en Palestine en 1939, se forme à l'école agricole de Nahalal puis travaille la terre au kibboutz Sdot Yam, tout en écrivant les poèmes qui la rendront immortelle, dont le célèbre « Eli, Eli ». En 1943, elle se porte volontaire pour une mission folle : être parachutée derrière les lignes nazies afin d'aider les aviateurs alliés et d'organiser le sauvetage des juifs de Hongrie. Larguée en Yougoslavie en mars 1944, elle passe trois mois auprès des partisans de Tito, puis franchit la frontière hongroise où elle est aussitôt arrêtée. Torturée pendant des mois, elle refuse de livrer les codes de son émetteur, même lorsque la Gestapo arrête sa mère sous ses yeux pour la faire céder. Le 7 novembre 1944, à vingt-trois ans, elle fait face au peloton d'exécution en refusant le bandeau. « Bénie soit l'allumette consumée qui a allumé les flammes », écrivait-elle. Ses restes, rapatriés en Israël en 1950, reposent au mont Herzl, à Jérusalem, et un tribunal militaire hongrois l'a solennellement réhabilitée en 1993.

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