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Née un 25 juillet
Rosalind FRANKLIN
1920-1958
Chimiste et cristallographe dont les travaux ont été cruciaux pour la découverte de la structure en double hélice de l’ADN. Grâce à sa maîtrise exceptionnelle de la diffraction des rayons X, elle a capturé la célèbre « Photo 51 », qui a fourni la preuve expérimentale indispensable de la forme hélicoïdale de la vie. Bien que ses données aient été montrées à son insu à Watson et Crick, elle n’a pas été associée au prix Nobel, une injustice historique qui a longtemps occulté son génie. Scientifique d’une rigueur absolue, elle a également mené des recherches pionnières sur la structure du charbon, du graphite et des virus, notamment celui de la mosaïque du tabac. Sa capacité à visualiser l’invisible au niveau atomique a permis des avancées majeures en chimie structurale et en biologie moléculaire. Travailleuse infatigable, elle a maintenu une précision technique inégalée malgré des conditions de laboratoire souvent précaires et un milieu académique sexiste. Sa carrière a été tragiquement interrompue à l’âge de 37 ans par un cancer, probablement lié à ses années d’exposition aux radiations sans protection adéquate. Aujourd’hui, elle est célébrée comme une icone de la science, dont l’intégrité et la perspicacité ont changé notre compréhension du vivant. Son nom est désormais synonyme de persévérance et de justice pour les femmes dans la recherche de haut niveau.
Nélie JACQUEMART-ANDRÉ (1841-1912) Peintre – Collectionneuse – Mécène – France
Née Cornélie Jacquemart, elle est une figure exceptionnelle du monde de l'art et du mécénat français sous la Troisième République. Issue d'un milieu relativement modeste, elle parvient à s'imposer très jeune comme une artiste peintre reconnue grâce à son talent de portraitiste. Formée notamment par Léon Cogniet, elle expose au Salon et devient rapidement la peintre prisée de la haute société parisienne, des dignitaires du clergé et des figures politiques. C'est dans l'exercice de son art que sa destinée bascule : en 1872, elle est chargée de réaliser le portrait d'Édouard André, un richissime banquier, homme politique et grand collectionneur. Leur admiration mutuelle se mue en amour profond et ils se marient en 1881. Dès lors, Nélie abandonne ses pinceaux pour s'associer pleinement à la passion dévorante de son époux pour les acquisitions artistiques. Le couple fusionnel forme un duo de collectionneurs redoutables et visionnaires, parcourant l'Europe — avec une prédilection marquée pour la Renaissance italienne — ainsi que le Moyen-Orient. Ensemble, ils acquièrent des chefs-d'œuvre de l'Italie du Quattrocento, des toiles de maîtres du XVIIIe siècle français, des sculptures, des fresques monumentales et des tapisseries. Pour abriter cette accumulation vertigineuse, ils font édifier sur le boulevard Haussmann, à Paris, un somptueux hôtel particulier conçu pour mettre en scène leur collection. Lorsqu'Édouard André meurt prématurément en 1894, Nélie surmonte son immense chagrin en se consacrant à l'achèvement de leur rêve commun. Devenue l'unique héritière de la fortune colossale de son mari, elle fait preuve d'un sens aigu de la négociation et continue seule d'enrichir la collection de manière spectaculaire. Voyageuse intrépide, elle parcourt le monde jusqu'en Inde, en Birmanie et en Égypte pour dénicher de nouvelles merveilles, et fait l'acquisition de l'ancienne abbaye royale de Chaalis, dans l'Oise, pour y abriter ses collections annexes et en faire sa résidence de campagne. Consciente de la valeur inestimable de ce qu'elle a bâti avec son époux, elle prend une décision philanthropique historique : à son décès en 1912, elle lègue l'intégralité de son patrimoine — collections, fortune et biens immobiliers — à l'Institut de France, à la stricte condition que l'hôtel particulier parisien et le domaine de Chaalis soient transformés en musées ouverts au grand public sans que rien n'y soit déplacé. Inauguré en 1913, le célèbre musée Jacquemart-André fige pour l'éternité le goût exquis, l'indépendance et l'immense générosité de sa fondatrice. À découvrir, en plus du musée Jacquemart-André : https://www.domainedechaalis.fr/
Anne MORGAN (1873-1952) Philanthrope – États-Unis
La fille du banquier le plus puissant du monde choisit la boue des tranchées plutôt que les salons. Cadette de J.P. Morgan, cofondatrice en 1903 du Colony Club, premier cercle féminin de New York, engagée d'abord aux côtés des ouvrières grévistes de New York — au grand dam de son milieu —, elle traverse l'Atlantique dès 1914 et installe son comité américain au château de Blérancourt, dans l'Aisne dévastée. Avec des dizaines de volontaires américaines en uniforme, conductrices d'ambulances et de camionnettes, elle ravitaille, soigne, reconstruit villages, écoles et bibliothèques, puis recommence en 1939 quand la guerre revient. La France lui doit des centaines de villages relevés, ses premières bibliothèques enfantines et le musée franco-américain de Blérancourt, qu'elle fonde en mémoire de cette fraternité et qui ouvre ses portes en 1930. Commandeure de la Légion d'honneur en 1932, première Américaine élevée à ce grade, elle a dépensé une fortune colossale sans jamais y attacher son confort ni sa gloire. Propriétaire de la villa Trianon, à Versailles, avec la décoratrice Elsie de Wolfe et l'agente littéraire Elisabeth Marbury — le « triumvirat de Versailles », disait-on —, elle s'éteint en 1952 à Mount Kisco, dans l'État de New York.