Partager son histoire
Née un 16 septembre
Sadako OGATA
1927-2019
Diplomate et universitaire de renommée mondiale, principalement célèbre pour avoir été la première femme à occuper le poste de Haut Commissaire des Nations unies pour les réfugiés (HCR) de 1991 à 2000. Durant son mandat, elle a dû faire face à des crises humanitaires majeures et sans précédent, notamment après la guerre du Golfe, lors de l’éclatement de l’ex-Yougoslavie et pendant le génocide au Rwanda. Connue pour son approche pragmatique et son courage sur le terrain, elle n’hésitait pas à se rendre dans les zones de conflit, souvent vêtue d’un gilet pare-balles, pour négocier directement la protection des populations civiles. Elle a révolutionné l’action humanitaire en élargissant le mandat du HCR pour inclure la protection des déplacés internes, et non plus seulement celle des réfugiés ayant traversé une frontière. Avant sa carrière à l’ONU, elle fut une pionnière dans le milieu universitaire japonais et la première femme représentante du Japon auprès des Nations unies. Après son départ du HCR, elle a présidé l’Agence japonaise de coopération internationale (JICA), où elle a renforcé les liens entre l’aide humanitaire d’urgence et le développement à long terme. Profondément respectée pour son intégrité, elle a reçu de nombreuses distinctions internationales, dont le prix Félix-Houphouët-Boigny pour la recherche de la paix. Son concept de « sécurité humaine », plaçant l’individu au centre des préoccupations géopolitiques, influence encore aujourd’hui les relations internationales. Elle s’est éteinte en 2012, laissant derrière elle l’héritage d’une femme d’action qui a su allier la finesse diplomatique à une compassion inébranlable pour les plus vulnérables.
Hannie SCHAFT (1920-1945) Résistante – Pays-Bas
« La fille aux cheveux roux », icône de la résistance néerlandaise. Étudiante en droit à Amsterdam, elle refuse de signer la déclaration de loyauté exigée par l'occupant et bascule dans la clandestinité. Au sein du Conseil de la résistance, avec ses amies Truus et Freddie Oversteegen, elle vole des papiers d'identité pour les juifs cachés, transporte armes et journaux clandestins, participe à des sabotages et abat des officiers nazis et des collaborateurs — les avis de recherche allemands traquent « das Mädchen mit dem roten Haar », qui teint ses cheveux en noir pour leur échapper. Arrêtée à un barrage en mars 1945, des tracts et un pistolet dans sa sacoche, elle est identifiée à ses racines rousses. Le 17 avril 1945, trois semaines avant la libération, elle est fusillée dans les dunes de Bloemendaal ; blessée par une première balle, elle aurait lancé à ses bourreaux : « Je tire mieux que vous. » Elle repose au cimetière d'honneur des dunes, inhumée en présence de la reine Wilhelmine.
Mildred HARNACK (1902-1943) Résistante – Traductrice – États-Unis
Américaine, historienne de la littérature et traductrice, elle a été au cœur de la résistance allemande contre Hitler et l'a payé de sa vie. Née à Milwaukee, elle étudie à l'université du Wisconsin, où elle rencontre l'étudiant allemand Arvid Harnack, qu'elle épouse en 1926. Installée en Allemagne à partir de 1929, elle enseigne la littérature américaine à l'université de Berlin, jusqu'à ce qu'elle perde son poste en 1932, puis dans une école du soir pour adultes, où ses cours deviennent un lieu de discussion et de recrutement. Dès les débuts du nazisme, le couple réunit un cercle d'opposants qui s'unira à d'autres groupes, dont celui d'Harro Schulze-Boysen, pour former le réseau que les services allemands baptiseront « Orchestre rouge ». Le réseau diffuse des tracts, aide des Juifs à fuir et transmet des renseignements aux Alliés, notamment à l'ambassade américaine et aux services soviétiques. Elle obtient son doctorat à l'université de Giessen en 1941. Arrêtée avec son mari en septembre 1942, elle est d'abord condamnée à six ans de prison, mais Hitler refuse ce verdict et ordonne un nouveau procès, qui la condamne à mort. Elle est guillotinée le 16 février 1943 à Berlin, après avoir traduit en prison des vers de Goethe. L'État du Wisconsin lui consacre chaque année une journée de commémoration.
Lauren BACALL (1924-2014) Actrice – États-Unis
Fille unique d'immigrés juifs d'Europe de l'Est, élevée par sa mère à New York, elle doit quitter son école de comédie au bout d'un an : sa mère n'a pas les moyens de la seconde année, et les bourses ne sont pas ouvertes aux filles. Mannequin chez Harper's Bazaar, elle en fait la couverture en mars 1943 ; la femme d'Howard Hawks la remarque et pousse son mari à la faire tourner. À vingt ans, face à Humphrey Bogart dans « Le Port de l'angoisse », elle baisse le menton et lève les yeux pour cacher son trac : le geste devient « The Look », et sa voix grave une signature. Suivent « Le Grand Sommeil », « Les Passagers de la nuit », « Key Largo », et douze ans de mariage avec Bogart. En 1947, quand la commission des activités anti-américaines convoque Hollywood, elle rejoint le Committee for the First Amendment pour défendre les scénaristes menacés de la liste noire. Veuve, elle recommencera tout à Broadway et y gagnera deux Tony Awards. Un Oscar d'honneur est venu, en 2009, saluer soixante-cinq ans de carrière.