2 JANVIER
Sadie T. MOSSELL ALEXANDER (1898-1989) Economiste – États-Unis
Pionnière de premier plan, brisant d’immenses barrières raciales et de genre au cours du XXe siècle. En 1921, elle entre dans l’histoire en devenant la toute première femme afro-américaine à obtenir un doctorat (Ph.D.) en Economie aux États-Unis. Face aux discriminations systémiques qui lui interdisent d’exercer comme économiste, elle se tourne vers le Droit et devient, en 1927, la première femme noire admise au barreau de Pennsylvanie. Avocate brillante, elle consacre sa carrière à la défense des droits civiques, à la justice sociale et à l’émancipation économique des Afro-Américains, en particulier des femmes travailleuses. Son expertise majeure la conduit à être nommée par le président Harry S. Truman au sein du Comité présidentiel sur les droits civiques en 1946, où elle aide à concevoir des politiques fédérales contre la ségrégation. Cofondatrice et première présidente nationale de la société Delta Sigma Theta, elle a lutté toute sa vie contre le racisme très présent dans les institutions. Alliant la rigueur de la recherche économique à l’action juridique, elle demeure une personnalité clé de l’histoire intellectuelle et politique américaine.
Tawhida BEN CHEIKH (1909-2010) Médecin – Tunisie
Première femme médecin de Tunisie et du Maghreb, pionnière de la santé des femmes et du planning familial, elle a consacré sa vie à soigner et à émanciper ses compatriotes. En 1928, elle devient la première musulmane de Tunisie à décrocher le baccalauréat, puis part l’année suivante étudier la médecine à Paris, soutenue par sa mère contre les conventions de l’époque. Son doctorat en poche en 1936, elle rentre à Tunis, ouvre un cabinet de pédiatrie avant de se spécialiser en gynécologie, et prend la même année la direction de la rédaction de « Leïla », premier journal féminin de Tunisie en langue française, où elle plaide pour l’instruction et les droits des femmes. Convaincue que la liberté des femmes passe par la maîtrise de leur corps, elle crée en 1963 un service de planning familial à l’hôpital Charles-Nicolle, ouvre en 1968 une clinique de contrôle des naissances à Tunis, puis dirige à partir de 1970 le programme national de planification familiale — des combats qui contribuent à faire de la Tunisie l’un des pays pionniers du monde arabe en matière de droits reproductifs. Également vice-présidente du Croissant-Rouge tunisien, elle forme des générations de médecins et de sages-femmes. Elle s’éteint en 2010, à l’âge de 101 ans. En mars 2020, la Banque centrale de Tunisie met en circulation un billet de dix dinars à son effigie : elle devient ainsi la première femme à figurer sur un billet tunisien, hommage national à celle qui a ouvert aux femmes les portes de la médecine au Maghreb.

























