1er JUILLET
George SAND (1804-1876) Femmes de Lettres – France
De son vrai nom Aurore Dupin, fut une des écrivaines les plus prolifiques et scandaleuses du XIXe siècle français. Figure de proue du romantisme, elle a marqué l’histoire par son immense talent littéraire et son mépris total des conventions sociales de son époque. En adoptant un pseudonyme masculin et en portant le pantalon en public, elle revendiquait une liberté d’action et de parole alors interdite aux femmes. Ses romans, comme Indiana ou La Petite Fadette, explorent avec une sensibilité moderne les tourments de l’âme humaine et les injustices sociales de la vie rurale. Elle a entretenu des liaisons célèbres et passionnées avec de grands artistes tels qu’Alfred de Musset et Frédéric Chopin, nourrissant ainsi sa légende. Au-delà de sa vie romanesque, elle était une fervente républicaine, engagée politiquement pour la défense des droits des pauvres et l’émancipation des femmes. Installée dans son domaine de Nohant, elle a fait de sa demeure un foyer intellectuel où se croisaient les plus grands esprits de son temps. Sa plume, d’une fluidité exceptionnelle, a produit plus de soixante-dix romans et une correspondance volumineuse qui témoignent de son intelligence vive. Elle a su imposer son autorité morale et littéraire dans un monde dominé par les hommes, devenant une icône de l’indépendance féminine. George Sand demeure aujourd’hui une référence absolue de la littérature mondiale, saluée pour sa force de caractère et sa quête perpétuelle d’idéal. Son œuvre continue d’inspirer par son mélange unique de poésie champêtre, de combat social et de soif de justice universelle.
A découvrir : https://museegeorgesand.fr/
Marie-Louise JAŸ (1838-1925) Philanthrope – Collectionneuse – France
Célèbre pour avoir cofondé le grand magasin de La Samaritaine à Paris. Née à Samoëns en Haute-Savoie au sein d’une famille modeste de sept enfants, elle monte très jeune à Paris pour travailler comme vendeuse dans la confection. C’est aux grands magasins du Bon Marché qu’elle rencontre Ernest Cognacq, qu’elle épouse en 1872. En 1870, le couple ouvre une petite boutique de nouveautés à l’angle de la rue de la Monnaie et de la rue de Rivoli, baptisée « La Samaritaine ». Grâce au sens commercial exceptionnel de Marie-Louise, qui gère la comptabilité, le rayon de la mode féminine et les achats avec une rigueur remarquable, l’échoppe grandit à une vitesse fulgurante pour devenir l’un des plus florissants et spectaculaires temples du commerce parisien, chef-d’œuvre de l’Art nouveau et de l’Art déco. Restés sans enfants, Marie-Louise Jaÿ et Ernest Cognacq mettent leur immense fortune au service d’œuvres sociales novatrices et du rayonnement culturel. En 1916, ils créent la Fondation Cognacq-Jay, qui finance de nombreuses institutions charitables, dont un hôpital, des maisons de retraite, des orphelinats, des crèches et des maternités pour venir en aide aux familles nombreuses et démunies. Passionnés par le XVIIIe siècle, ils constituent également une fantastique collection de peintures, sculptures, meubles et objets d’art, léguée à la Ville de Paris pour donner naissance au célèbre Musée Cognacq-Jay. Attachée à ses racines alpines, elle fait enfin aménager dans son village natal de Samoëns le magnifique jardin botanique alpin la « Jaaysinia », classé jardin remarquable. Décédée à l’âge de 86 ans, elle demeure l’incarnation de la réussite au féminin et un exemple en matière de philanthropie à la Belle Époque.
A visiter https://www.museecognacqjay.paris.fr/
Alice GUY (1873-1968) Réalisatrice – France
Aussi connue sous le nom d’Alice Guy-Blaché, elle est l’une des figures les plus monumentales et injustement oubliées du 7e art : la toute première réalisatrice de l’histoire du cinéma et l’une des pionnières de la fiction cinématographique mondiale. Engagée comme secrétaire chez Léon Gaumont à la naissance du cinématographe en 1895, elle comprend immédiatement que cette nouvelle invention technique ne doit pas se limiter à enregistrer la réalité, mais peut servir à raconter des histoires. En 1896, elle réalise son tout premier film, La Fée aux choux, considéré comme l’un des tout premiers films de fiction narrative au monde. Nommée directrice de la production chez Gaumont — un poste de direction inédit pour une femme à l’époque —, elle dirige, produit ou supervise plus de 400 films en France, expérimentant avant tout le monde la coloration de la pellicule, l’usage des effets spéciaux, le montage expressif et même le son synchronisé grâce au chronophone. En 1907, elle s’installe aux États-Unis avec son époux Herbert Blaché et fonde son propre studio de production indépendant à Fort Lee dans le New Jersey, la Solax Company. Elle y réalise des dizaines de longs-métrages de tous genres (westerns, drames, comédies), abordant des thèmes d’une grande modernité comme l’émancipation des femmes ou la justice sociale, allant jusqu’à réaliser en 1912 A Fool and His Money, l’un des premiers films américains interprété exclusivement par des acteurs noirs. Confrontée à la montée en puissance d’Hollywood et au déclin de son studio, elle rentre en France dans les années 1920 mais voit son nom effacé des manuels d’histoire du cinéma au profit de ses collaborateurs masculins. Redécouverte et honorée à la fin de sa vie puis à titre posthume, Alice Guy est aujourd’hui universellement reconnue comme une visionnaire qui a façonné le langage du cinéma moderne.
Photo : Apeda Studio, New York, Domaine public — Wikimedia Commons

























