7 MAI
Olympe de GOUGES (1748-1793) Femmes de Lettres – Politique – France
Figure majeure de la Révolution française, née Marie Gouze, elle choisit ce prénom en hommage à sa mère qu’elle aime tant. Mariée sous la contrainte, de cette union malheureuse, nait un enfant. Elle quitte Montauban sa ville natale avec son fils, dès la disparition accidentelle de son époux pour Paris. Dotée d’un esprit farouchement indépendant, elle se consacre dès lors à l’écriture, et cette nouvelle vie lui apporte ce vent d’émancipation. Elle refuse de se remarier pour préserver sa liberté de publier. Vers 1770, elle s’installe à Paris avec son fils et rencontre Jacques Biétrix de Rozières, un haut fonctionnaire fortuné avec qui elle partage une longue liaison libre. Grâce à son soutien financier, elle s’intègre dans la vie intellectuelle de la capitale, fréquente les salons littéraires et commence à rédiger ses propres pièces de théâtre. Femme autodidacte, maniant le français avec une fougue qui compense une orthographe parfois hésitante, elle fonde sa propre troupe de théâtre pour jouer ses œuvres. Ses écrits, profondément humanistes, s’attaquent d’abord à l’esclavage et à la condition des enfants illégitimes, des sujets qui font scandale et lui valent des menaces directes de la part de la noblesse coloniale. Très vite, elle met sa plume au service des exclus et des opprimés, s’attaquant de front à l’injustice sociale sous toutes ses formes. Dès 1788, elle publie des écrits abolitionnistes et fait jouer une pièce de théâtre audacieuse dénonçant l’esclavage des Noirs dans les colonies, s’attirant les foudres des colons influents. Lorsque la Révolution éclate en 1789, elle s’engage pleinement dans le débat public, espérant voir naître une société fondée sur l’égalité réelle. Constatant avec amertume que la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen exclut les femmes des nouveaux droits civiques, elle rédige en 1791 la célèbre Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne. Dans ce texte visionnaire dédié à la reine Marie-Antoinette, elle formule des revendications révolutionnaires pour l’époque : le droit de vote, l’accès aux fonctions publiques, l’égalité dans le mariage et le droit au divorce. C’est dans cet ouvrage qu’elle inscrit sa formule la plus mémorable : « La Femme a le droit de monter sur l’échafaud ; elle doit avoir également celui de monter à la Tribune. » Humaniste et profondément pacifiste, Olympe s’oppose fermement à la dérive violente de la Révolution et à l’exécution de Louis XVI, plaidant plutôt pour un sursaut de fraternité. Proche des Girondins, elle critique ouvertement la dictature montagnarde et s’en prend directement à la politique de Robespierre et de Marat à travers des pamphlets virulents. Cet engagement politique et son refus des extrêmes finissent par lui coûter la vie : arrêtée en juillet 1793 pour avoir proposé un vote populaire sur la forme du gouvernement, elle est condamnée par le Tribunal révolutionnaire. Elle meurt guillotinée en 1793, laissant derrière elle l’héritage immense d’une femme libre qui a payé de sa vie son combat pour l’égalité et la justice. Son buste ne rentre à l’Assemblée Nationale qu’en 2016.

























