9 JANVIER

Simone de BEAUVOIR (1908-1986) Philosophe – Politique – France

Romancière et essayiste et théoricienne fondamentale du féminisme mondial. En 1949, elle publie son chef-d’œuvre, Le Deuxième Sexe, un essai encyclopédique et révolutionnaire qui démonte les mécanismes sociaux et biologiques de l’oppression des femmes, résumé par sa célèbre formule : « On ne naît pas femme : on le devient ». Compagne de vie et d’esprit de Jean-Paul Sartre, elle refuse le mariage traditionnel et les conventions bourgeoises pour mener une vie de liberté absolue, devenant une figure centrale de la vie intellectuelle de Saint-Germain-des-Prés. Son œuvre littéraire, couronnée par le prix Goncourt en 1954 pour Les Mandarins, explore avec brio les dilemmes éthiques, la liberté et la responsabilité individuelle. Intellectuelle profondément engagée, elle utilise sa notoriété pour défendre les droits humains, s’opposant activement à la guerre d’Algérie et signant en 1971 le « Manifeste des 343 » pour la légalisation de l’avortement en France. À travers ses riches récits autobiographiques, comme Mémoires d’une jeune fille rangée, elle a documenté son siècle tout en traçant une voie d’émancipation pour des générations de femmes. Reposant au cimetière du Montparnasse aux côtés de Sartre, Simone de Beauvoir demeure une icône incontournable de la pensée contemporaine et de la libération des femmes.

 

 

Danielle CASANOVA (1909- 1943) Résistante – Médecin -France

Née en Corse, elle s’installe à Paris à la fin des années 1920 pour suivre des études de chirurgie dentaire. Durant ses années d’études, elle s’engage activement dans le militantisme étudiant et rejoint les Jeunesses communistes. Dotée de qualités d’organisation exceptionnelles et d’un charisme naturel, elle cofonde en 1936 l’Union des jeunes filles de France (UJFF), une organisation féministe et antifasciste visant à mobiliser la jeunesse féminine pour la paix, le progrès social et la défense des droits des femmes face à la montée des totalitarismes en Europe. Lorsque la France est envahie et occupée par les troupes allemandes en 1940, Danielle Casanova bascule immédiatement dans la clandestinité et devient l’une des principales dirigeantes du Parti communiste clandestin. Elle joue un rôle déterminant dans le recrutement de la résistance armée et intellectuelle, fondant des journaux clandestins majeurs comme « La Pensée libre » et « La Voix des femmes ». Elle orchestre également les premières manifestations patriotiques féminines et étudiantes contre le ravitaillement et l’occupant nazi dans les rues de Paris. Traquée sans relâche par les services de police de Vichy et la Gestapo, elle est finalement arrêtée le 15 février 1942 en compagnie de plusieurs camarades de combat dans un appartement clandestin. Emprisonnée à la prison de la Santé puis transférée au fort de Romainville, elle fait preuve d’un courage inébranlable, remontant le moral de ses codétenues. Le 24 janvier 1943, elle est déportée vers le camp d’extermination d’Auschwitz-Birkenau au sein du convoi historique des « 31 000 », composé de 230 femmes résistantes françaises. Affectée à l’infirmerie du camp, compte tenu de son métier, au péril de sa vie, elle pourvoit   nourriture, médicaments secrets et intervient pour ses camarades affaiblies, en sauvant plusieurs d’entre elles de la chambre à gaz. Atteinte du typhus qui ravage le camp, elle s’éteint le 9 mai 1943 à l’âge de 34 ans.

 

Rigoberta MENCHÚ (1959) Politique -Guatemala

Militante maya k’iche’ des droits humains, voix mondiale des peuples autochtones, elle est la première personne indigène à avoir reçu le prix Nobel de la paix. Née à Chimel, un hameau des montagnes du Quiché, au Guatemala, elle grandit dans la pauvreté et travaille dès l’enfance dans les plantations de café de la côte. La guerre civile qui ravage son pays décime sa famille : son père, Vicente Menchú, périt en 1980 dans l’incendie de l’ambassade d’Espagne occupée par des paysans venus dénoncer la répression ; sa mère et son frère sont torturés et assassinés par l’armée. Contrainte à l’exil au Mexique en 1981, elle devient la porte-parole infatigable de son peuple : son récit « Moi, Rigoberta Menchú », publié en 1983 et traduit dans le monde entier, révèle à l’opinion internationale le sort des Mayas du Guatemala. En 1992, année du cinq centième anniversaire de la colonisation des Amériques, le prix Nobel de la paix couronne, à seulement 33 ans, son combat pour la justice sociale et les droits des peuples autochtones ; elle en consacre le montant à la création de la Fondation Rigoberta Menchú Tum. Ambassadrice de bonne volonté de l’UNESCO, elle œuvre pour que les responsables du génocide guatémaltèque répondent de leurs actes devant la justice et, première femme indigène candidate à la présidence de son pays, se présente aux élections de 2007 et de 2011. Elle incarne aujourd’hui encore, des tribunes de l’ONU aux communautés du Quiché, la dignité et la résistance des peuples premiers.

Photo : CorteIDH, 2018, CC BY-SA 2.0 — Wikimedia Commons