26 JANVIER

Angela DAVIS (1944) Philosophe – Politique – États-Unis

Célèbre militante, philosophe et universitaire, emblème féminin de la lutte pour les droits civiques et du mouvement Black Power. Professeure de philosophie marquée par le marxisme, elle s’engage activement dès les années 1960 auprès du Parti communiste américain et soutient les Black Panthers. Son destin bascule en 1970 lorsqu’elle est accusée à tort de complicité dans une tentative d’évasion armée, ce qui lui vaut d’être inscrite sur la liste des personnes les plus recherchées par le FBI. Arrêtée et incarcérée, sa détention suscite un immense mouvement de solidarité internationale à travers le monde, sous le slogan historique « Free Angela ». Acquittée triomphalement lors de son procès en 1972, elle reprend sa carrière universitaire et consacre sa vie à théoriser l’intersectionnalité, un concept analysant comment se croisent les oppressions de race, de classe et de genre. Intellectuelle infatigable, elle lutte également pour l’abolition du système carcéral américain, qu’elle qualifie de complexe militaro-industriel. À travers ses nombreux essais, conférences et combats, elle incarne une figure majeure de la contre-culture et de la résistance mondiale face aux injustices.

 

 

Bessie COLEMAN (1892- 1926) Aviatrice – États-Unis

Issue d’une famille modeste de métayers, cette pionnière de l’aviation surmonte la triple discrimination liée à sa pauvreté, son genre et ses origines afro-américaines et amérindiennes. Refusée par toutes les écoles de pilotage des États-Unis en raison de sa couleur de peau, elle refuse d’abandonner son rêve, apprend le français en prenant des cours du soir et économise chaque centime en travaillant comme esthéticienne et gérante d’un salon de cireurs de chaussures à Chicago. Grâce au soutien financier du premier éditeur de presse afro-américain, elle s’envole pour la France en 1920 et intègre l’école d’aviation des frères Caudron au Crotoy, en Picardie. En juin 1921, elle entre définitivement dans l’Histoire en devenant la toute première femme afro-américaine et la première personne d’origine autochtone américaine à obtenir un brevet de pilote international de la Fédération aéronautique internationale. De retour aux États-Unis, elle devient une vedette absolue des meetings aériens sous le surnom de « Queen Bess », fascinant les foules par ses acrobaties aériennes audacieuses, ses loopings et ses simulations de combats au nez et à la barbe des lois ségrégationnistes. Engagée pour les droits civiques, elle refuse catégoriquement de se produire dans les spectacles où le public noir n’est pas admis par la même entrée que le public blanc, utilisant sa notoriété pour inspirer la communauté afro-américaine à conquérir les airs. Elle perd tragiquement la vie en plein vol en 1926 lors d’un vol d’entraînement à l’âge de 34 ans.

Policarpa SALAVARRIETA (1795-1817)  Politique – Colombie

Surnommée « La Pola », elle est une héroïne de l’indépendance de la Colombie. Née  à Guaduas, dans la vice-royauté de Nouvelle-Grenade, territoire qui correspond aujourd’hui à une grande partie de la Colombie. Son courage et son engagement en faveur de la liberté en ont fait l’une des figures les plus admirées de l’histoire colombienne. Orpheline très jeune après qu’une épidémie de variole a emporté plusieurs membres de sa famille, Policarpa est élevée par des proches. Elle apprend à lire, à écrire et à coudre, un métier qui lui permet de circuler dans les maisons des familles aisées sans éveiller les soupçons. Pendant la guerre d’indépendance contre la domination espagnole, elle rejoint les patriotes. Sous couvert de son activité de couturière, elle recueille des informations sur les mouvements des troupes royalistes, transmet des messages secrets et aide les insurgés à recruter de nouveaux combattants.
Son réseau d’espionnage joue un rôle important dans la lutte pour l’indépendance. Cependant, en 1817, les autorités espagnoles découvrent ses activités. Elle est arrêtée à Bogotá avec plusieurs de ses compagnons et condamnée à mort pour trahison.
Le 14 novembre 1817, Policarpa Salavarrieta est fusillée sur la place principale de Bogotá. Selon les témoignages de l’époque, elle affronte son exécution avec un courage remarquable. Avant de mourir, elle lance des paroles de défi aux autorités espagnoles et appelle le peuple à poursuivre le combat pour la liberté. Après l’indépendance de la Colombie, Policarpa devient un symbole national du courage, du patriotisme et de la résistance. Son histoire inspire de nombreux livres, pièces de théâtre, tableaux et séries télévisées. Aujourd’hui, son portrait figure sur des billets de banque colombiens et de nombreux monuments, écoles, rues et institutions portent son nom. Le 14 novembre est célébré en Colombie comme la « Journée de la femme colombienne », en hommage à son sacrifice et à son rôle dans la conquête de l’indépendance.