20 FÉVRIER
Marie MARVINGT (1875-1963) Aéronaute – Athlète – Journaliste – France
Surnommée « la fiancée du danger », athlète, alpiniste et aviatrice f, considérée comme l’une des femmes les plus extraordinaires et polyvalentes du XXe siècle. Sportive accomplie, elle brille dans d’innombrables disciplines, du cyclisme à l’escrime, en passant par le tir et le patinage, et devient en 1908 la première femme à gravir la plupart des grands sommets des Alpes occidentales. En 1910, elle marque l’histoire de l’aviation en obtenant son brevet de pilote de monoplan, devenant ainsi la troisième femme au monde à réaliser cet exploit. Visionnaire, elle conçoit dès 1912 le tout premier prototype d’avion-ambulance, initiant un combat d’une vie pour le développement de l’aviation sanitaire à travers le monde. Durant la Première Guerre mondiale, elle brave les interdictions officielles en se déguisant en homme pour combattre sur le front dans les tranchées, avant d’être découverte puis autorisée à servir comme infirmière et pilote d’évacuation. Journaliste et correspondante de guerre, elle voyage intensivement en Afrique du Nord où elle adapte des skis métalliques sur les avions pour permettre des atterrissages d’urgence sur le sable du désert. Tout au long de sa vie, elle accumule pas moins de trente-quatre médailles et décorations, dont la Croix de guerre et la Légion d’honneur, pour ses exploits et son dévouement humanitaire. À l’âge de 86 ans, faisant preuve d’une vitalité légendaire, elle passe encore son brevet de pilote d’hélicoptère et effectue un périple à vélo de Nancy à Paris. Conférencière internationale, elle consacre ses dernières années à promouvoir le sport et la médecine aéronautique auprès des jeunes générations. Son héritage exceptionnel et son courage face aux conventions de son époque en font un symbole universel du dépassement de soi et de l’émancipation féminine.
Ella MAILLART (1903-1997) Exploratrice – Écrivaine – Suisse
Née dans un milieu aisé, elle manifeste dès son enfance un goût prononcé pour le sport et le grand air. Navigatrice émérite, elle représente la Suisse en voile aux Jeux olympiques de Paris en 1924 (seule femme de la compétition) et fonde l’une des premières équipes féminines de hockey sur gazon de son pays. Cependant, son désir d’évasion la pousse rapidement vers les voyages au long cours. Dès 1930, elle parcourt l’Union soviétique, la Russie et le Caucase, puis explore le Turkestan chinois – actuel Xinjiang)- consignant ses observations dans des récits de voyage captivants. Son exploit le plus légendaire a lieu en 1935 : aux côtés de l’écrivain britannique Peter Fleming (frère d’Ian Fleming), elle entreprend une expédition de sept mois et de plus de 6 000 kilomètres reliant Pékin à Srinagar au Cachemire, traversant à pied et à dos de chameau les déserts interdits du Taklamakan et les hauteurs du Tibet. Elle immortalise cette traversée héroïque dans son chef-d’œuvre littéraire, *Oasis interdites*. En 1939, juste avant le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale, elle repart sur les routes avec l’autrice Annemarie Schwarzenbach au volant d’une Ford pour rallier Genève à Kaboul, un périple mythique raconté dans « La Voie cruelle ». Pendant le conflit mondial, elle s’établit en Inde où elle s’initie aux philosophies orientales, à la méditation et au spiritualisme auprès de maîtres comme Ramana Maharshi. Installée plus tard dans le village valaisan de Chandolin, elle consacre la fin de sa vie à l’écriture, à la photographie et à la transmission de sa passion du monde. Disparue à l’âge de 93 ans, Ella Maillart reste célèbre pour ses périlleuses traversées de l’Asie centrale. Elle lègue une œuvre littéraire et photographique importante, témoignant d’un esprit d’indépendance et d’une curiosité insatiable pour les autres cultures.

























