1er AVRIL

Wangari MUTA MAATHAI (1940-2011)  Biologiste – Kenya

Militante écologiste et politique de premier plan, devenue la première femme africaine à recevoir le prix Nobel de la paix en 2004. Première femme d’Afrique centrale et orientale à obtenir un doctorat en biologie, elle fonde en 1977 le Mouvement de la Ceinture Verte (Green Belt Movement), une initiative révolutionnaire combinant la foresterie, le développement communautaire et les droits des femmes. En mobilisant les femmes des zones rurales pour planter plus de 50 millions d’arbres, elle a lutté activement contre la déforestation et l’érosion des sols tout en favorisant leur émancipation économique. Son combat écologique s’est rapidement transformé en une lutte frontale pour la démocratie et contre la corruption du régime autoritaire de Daniel Arap Moi, ce qui lui a valu d’être harcelée, battue et emprisonnée à plusieurs reprises. Figure internationale inspirante, elle a démontré de manière indissociable le lien direct entre la gestion durable de l’environnement, les droits humains et la paix globale. Élue députée puis nommée secrétaire d’État à l’Environnement dans les années 2000, elle a consacré sa vie entière à la protection de la biodiversité et à la justice sociale.  Elle était surnommée « la femme qui plantait des arbres ».

 

Sophie GERMAIN (1776-1831) Mathématicienne – France

Philosophe dont le génie a triomphé des barrières de genre de son époque. Privée d’accès aux institutions scientifiques en tant que femme, elle emprunte le pseudonyme d’Antoine-Auguste Le Blanc pour étudier par correspondance les cours de la toute jeune École Polytechnique. Ses échanges épistolaires remarquables avec les plus grands savants du XIXe siècle, comme Lagrange et Gauss, finissent par révéler sa véritable identité et forcer l’admiration du monde scientifique. Elle apporte une contribution majeure à la théorie des nombres en formulant le théorème qui porte son nom, une avancée cruciale vers la résolution du célèbre grand théorème de Fermat. Ses travaux pionniers sur la théorie de l’élasticité des surfaces lui permettent de remporter en 1816 le prix de l’Académie des sciences, une consécration historique pour une femme. Elle jette ainsi les bases mathématiques qui serviront bien plus tard à l’ingénierie des grandes structures métalliques, à l’instar de la tour Eiffel. Également philosophe, elle conçoit une classification des sciences qui anticipe de plusieurs années le positivisme d’Auguste Comte. Malgré ses succès, l’Université de Göttingen ne lui décernera son titre de docteur honoris causa qu’à titre posthume, juste après sa mort prématurée des suites d’un cancer du sein.