3 AVRIL
Alice MATHIEU-DUBOIS (1861-1942) Médecin – France
Également connue sous son nom d’épouse Alice Sollier, fut une des premières neurologues la première femme noire à obtenir un doctorat en médecine en France. Fille d’un ancien esclave guyanais affranchi dentiste, elle surmonte les préjugés racistes et sexistes de son époque pour intégrer la faculté de médecine de Paris en 1881. Externe brillante des hôpitaux, elle soutient en 1887 une thèse novatrice sur les pathologies nerveuses chez l’enfant, devenant la première femme à se consacrer à la thérapeutique neurologique. Aux côtés de son mari, le neurologue Paul Sollier, elle co-dirige et gère avec succès la Villa Montsouris puis le sanatorium de Boulogne-sur-Seine, deux établissements psychiatriques de premier plan. Durant la Première Guerre mondiale, alors que l’invasion de la région parisienne est imminente, elle fait preuve d’un courage exemplaire en organisant seule l’évacuation des patients militaires et civils vers des zones sécurisées. Pour son dévouement exceptionnel et ses services rendus à la Nation, elle est décorée de la Légion d’honneur en 1925. Longtemps restée dans l’ombre de son époux, son parcours historique de résilience et de savoir a été redécouvert et célébré récemment par l’attribution de son nom à des espaces publics à Paris et Compiègne.
Isabelle MASSIEU 1844-1932 Exploratrice – Photographe – France
Née Jeanne Isabelle Bauche, célèbre pour ses grands voyages d’exploration en Asie et pour avoir été la première Française à pénétrer au Népal. Issue de la haute bourgeoisie parisienne, elle voyage d’abord en Europe et au Moyen-Orient aux côtés de son mari, l’avocat Jacques Massieu. Devenue veuve à cinquante ans, financièrement indépendante et animée par une insatiable curiosité géographique et ethnographique, elle décide de consacrer la seconde moitié de sa vie aux voyages au long cours et accomplit, à partir de 1892, une série d’expéditions spectaculaires à travers le monde, principalement en Asie. Son voyage le plus marquant débute en 1896 : elle traverse l’Inde, la Birmanie, le Siam (actuelle Thaïlande), le Laos, le Cambodge et l’Indochine française. Elle s’enfonce dans des régions reculées à dos d’éléphant, en pirogue ou à pied, bravant les épidémies et les conditions climatiques extrêmes. Munie d’un appareil photo, elle saisit des centaines de clichés documentant la vie quotidienne, la flore, les temples bouddhistes et les coutumes locales. Elle poursuit ses explorations en Chine, au Japon, en Corée et en Asie centrale, devenant l’une des rares Européennes à emprunter le chemin de fer Transsibérien à ses débuts. À son retour en France, elle publie plusieurs récits de voyage très remarqués, notamment « Comment j’ai parcouru l’Indo-Chine » (1901) et « Népal et pays himalayens » (1914). Ses contributions scientifiques et géographiques lui valent de nombreuses distinctions : elle est faite chevalier de la Légion d’honneur en 1906 — une rareté pour une femme à cette époque — et la Société de géographie de Paris, qui conserve ses photographies, salue ses travaux. Isabelle Massieu laisse l’empreinte d’une voyageuse intrépide et d’une ethno-photographe pionnière qui a fait progresser la connaissance du monde asiatique en Occident.
Photo : Anonyme, vers 1890 — collection Société de Géographie, CC BY-SA 4.0 — Wikimedia Commons

























