5 JUIN
Elena CORNARO PISCOPIA (1646-1684) Mathématicienne – Philosophe – Italie
Érudite vénitienne entrée dans l’histoire pour être la première femme au monde à obtenir un doctorat universitaire, en 1678. Véritable prodige, elle maîtrisait sept langues (le « septilingue ») et excellait en philosophie, théologie, mathématiques et astronomie. Bien qu’elle souhaitât initialement un doctorat en théologie, l’Église s’y opposa fermement en raison de son sexe; Elle obtint finalement celui de philosophie à l’Université de Padoue lors d’une cérémonie qui attira des savants de toute l’Europe. Membre de nombreuses académies, elle consacra une grande partie de sa vie à l’étude et à la charité, vivant dans une grande austérité malgré sa renommée. Elle mourut prématurément à 38 ans, laissant derrière elle le souvenir d’une intelligence hors norme qui a forcé les portes du monde académique. Une statue à son effigie trône toujours à l’Université de Padoue, rappelant son rôle de pionnière pour l’éducation des femmes. Elle incarne la victoire de l’esprit sur les préjugés institutionnels du XVIIe siècle.
Hélène Sparrow (1891- 1970) Biologiste – Épidémiologiste – Pologne
Née dans la Grande Russie, à Kiev en actuelle Ukraine, elle est naturalisée française. Pionnière de la santé publique mondiale, diplômée en médecine à Kiev en 1915, elle s’engage immédiatement dans la lutte contre les ravages du typhus au milieu des chaos de la Première Guerre mondiale. Elle rejoint ensuite l’Institut d’hygiène de Varsovie, où elle devient une spécialiste incontournable des vaccins et collabore étroitement avec l’immunologiste Ludwik Hirszfeld. Repérée pour son génie et sa rigueur, elle obtient une bourse de la Société des Nations et s’installe à Paris pour travailler à l’Institut Pasteur sous la direction d’Albert Calmette. Elle y mène des recherches de pointe sur le BCG et noue une alliance scientifique déterminante avec Charles Nicolle, le découvreur du mode de transmission du typhus. En 1933, elle le suit à l’Institut Pasteur de Tunis, où elle prend la direction du laboratoire des vaccins et révolutionne les méthodes de prophylaxie. Ses travaux novateurs sur les rickettsies et les poux permettent la mise au point de vaccins efficaces contre le typhus exanthématique, sauvant d’innombrables vies. Pendant la Seconde Guerre mondiale, elle fait preuve d’un immense courage en cachant des résistants et des réfugiés au sein même de ses laboratoires tunisiens. Première femme nommée chef de service à l’Institut Pasteur de Tunis, elle mène de nombreuses missions épidémiologiques pour l’OMS au Mexique et au Guatemala. Pédagogue hors pair et chercheuse insatiable, elle consacre sa vie à traquer les agents infectieux dans les zones les plus à risques du globe. Humaniste qui a mis la science médicale au service des populations les plus vulnérables.

























