22 JUILLET

Bénita ANGUINET (1819-1897)  Illusionniste – France

Elle commence la magie à 7 ans en assistant son père. Si ce dernier est un magicien peu célèbre, elle devient quant à elle une véritable star, dans un univers presque toujours masculin. Après une carrière itinérante où son répertoire est riche de multiples influences, notamment celle de Robert Houdin, on remarque ses qualités d’oratrice. Elle obtient une salle de spectacle au Pré Catelan, ce qui fait d’elle la seule femme magicienne à avoir possédé son théâtre au XIXème siècle.  Elle est une femme célibataire et une cheffe d’entreprise qui place sa carrière avant tout. Première femme à s’imposer comme une vedette de la prestidigitation et de l’illusionnisme dans la seconde moitié du XIXe siècle. À une époque où la magie était une discipline exclusivement masculine, elle brisa les codes en dirigeant son propre spectacle et en se produisant sur les scènes les plus prestigieuses d’Europe. Surnommée « la Magicienne », elle se distinguait par une élégance rare et une maîtrise technique qui n’avait rien à envier aux plus grands illusionnistes de son temps comme Robert Houdin. Loin des rôles passifs d’assistante, elle concevait et exécutait des tours complexes, mêlant manipulation d’objets, jeux de lumière et expériences de physique amusante.  Son succès fut tel qu’elle devint une icône de l’indépendance artistique, prouvant que les femmes possédaient l’habileté et le charisme nécessaires pour captiver les foules par le mystère. Elle parcourait les capitales, de Paris à Saint-Pétersbourg, gérant elle-même sa troupe et ses décors avec une rigueur de chef d’entreprise. Son talent pour la mise en scène et son sens du merveilleux ont ouvert la voie à de nombreuses femmes dans les arts du spectacle et du divertissement forain. Bien qu’elle soit peu connue, elle demeure une pionnière fondamentale de l’histoire de la magie mondiale.

A écouter : https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/une-histoire-particuliere/une-magicienne-parmi-les-magiciens-2638659

 

Augusta FOX BRUNNER (1881- 1966)  Psychologue – États-Unis

Pionnière mondiale de la psychologie de l’enfant et de l’étude de la délinquance juvénile qui va braver les obstacles de son époque pour mener de hautes études et obtenir son doctorat à l’université Columbia en 1914 sous la direction du célèbre psychologue Edward Thorndike. Sa thèse révolutionnaire démontre rigoureusement qu’il n’existe aucun lien direct entre la délinquance et la déficience intellectuelle, battant en brèche les théories déterministes et eugénistes dominantes de l’époque qui considéraient la criminalité comme un trait purement biologique et héréditaire. En s’associant au neurologue William Healy, qu’elle épousera plus tard, elle co-dirige la première clinique d’orientation pour enfants à Chicago, puis prend la direction du prestigieux Judge Baker Guidance Center de Boston. Ensemble, ils développent une approche novatrice, affirmant que le comportement des jeunes s’explique avant tout par des facteurs sociaux, affectifs et environnementaux. Enseignante et chercheuse prolifique, elle publie des dizaines d’ouvrages majeurs qui redéfinissent la justice des mineurs et posent les bases de l’assistance sociale moderne et de la thérapie familiale. Tout au long de sa carrière, elle milite activement pour que les tribunaux pour enfants privilégient la réhabilitation et l’accompagnement psychologique plutôt que la simple punition carcérale. En disparaissant en 1966, elle laisse à la psychologie clinique des concepts fondamentaux qui continuent de guider la protection de l’enfance à travers le monde.