20 AOÛT

Pauline de BEAUMONT (1768-1803) Femmes de Lettres – France

Née Pauline de Montmorin Saint-Hérem, personnalité incontournable  de la vie intellectuelle française au tournant du XIXe siècle. Sa vie, marquée par la tragédie de la Révolution — où elle perdit la quasi-totalité de sa famille sur l’échafaud — a fait d’elle une femme d’une mélancolie profonde et d’une résilience rare. Elle est entrée dans l’histoire littéraire pour son rôle de muse et d’égérie de François-René de Chateaubriand, qu’elle a soutenu et inspiré lors de l’écriture du Génie du christianisme.Dans son célèbre salon de la rue Neuve-du-Luxembourg à Paris, surnommé « l’enclos », elle réunissait l’élite intellectuelle de l’époque (Joubert, Fontanes, Pasquier), créant un havre de paix et de réflexion loin des tumultes politiques du Consulat. Femme d’une grande culture et d’une sensibilité exquise, elle n’écrivit que peu elle-même, mais sa correspondance révèle un esprit d’une grande finesse. Atteinte de la tuberculose, elle partit mourir à Rome en 1803 pour rejoindre Chateaubriand, alors secrétaire d’ambassade. Son agonie et ses funérailles solennelles à l’église Saint-Louis-des-Français, organisées par l’écrivain dévasté, constituent l’un des chapitres les plus romantiques de l’histoire des lettres françaises. Pauline de Beaumont demeure le symbole de la « passante » inspiratrice, celle qui, par sa simple présence et son intelligence, a permis à l’un des plus grands génies français de trouver sa voix.

 

Cora CORALINA (1889-1985) Poétesse – Brésil

De son vrai nom Anna Lins dos Guimarães Peixoto Bretas, célèbre pour son parcours de vie extraordinaire et la simplicité lumineuse de ses écrits. Née au cœur du Brésil rural, elle commence à écrire des poèmes dès l’adolescence, mais sa condition sociale, des contraintes familiales et un mariage précoce l’éloignent pendant des décennies du monde littéraire. Elle quitte sa région natale pour l’État de São Paulo où elle élève ses six enfants, travaillant comme pâtissière et vendeuse de livres pour subvenir aux besoins de sa famille après le décès de son époux. Ce n’est qu’à l’âge de 75 ans, de retour dans sa maison natale au bord de la rivière Vermelha, qu’elle publie son tout premier livre en 1965 : « Poemas dos Becos de Goiás e Estórias Mais » (Poèmes des ruelles de Goiás et autres histoires). Rédigés d’une plume empreinte de sagesse, de nostalgie et d’humanité, ses poèmes célèbrent la vie quotidienne des gens simples, les ruelles coloniales, le travail de la terre et la condition des femmes défavorisées, tout en métaphorisant le travail artisanal de la confiserie. Son talent est révélé au grand public au début des années 1980, notamment grâce au grand écrivain Carlos Drummond de Andrade qui la qualifie publiquement de « personne la plus importante de Goiás ». Devenue une figure littéraire majeure à plus de 90 ans, elle reçoit de nombreuses distinctions nationales et un doctorat « honoris causa ». Sa maison rurale à Goiás a été transformée en musée.