23 SEPTEMBRE
Suzanne VALADON (1865-1938) Artiste – Peintre – France
Personnage audacieux et singulier de l’art moderne français, passant avec éclat du statut de modèle à celui de peintre reconnue. Née Marie-Clémentine Valadon dans un milieu pauvre, elle devient l’une des modèles les plus prisées de Montmartre, posant pour des maîtres tels que Renoir, Toulouse-Lautrec et Degas. C’est en observant ces artistes qu’elle apprend les techniques de peinture en autodidacte, recevant les encouragements de Degas qui admire la force de son trait. En 1894, elle marque l’histoire en devenant la première femme admise à la Société nationale des beaux-arts. Son œuvre se distingue par un style puissant, caractérisé par des contours noirs marqués et une palette de couleurs vives, loin de l’académisme ou de la douceur impressionniste. Elle traite avec une honnêteté brutale des sujets tels que le nu féminin, les portraits et les scènes de la vie quotidienne, refusant d’idéaliser ses modèles. Mère du célèbre peintre Maurice Utrillo, elle mène une vie bohème et libre, s’affranchissant des conventions sociales et morales de son époque. Membre de la célèbre « Trinité maudite » avec son fils et son jeune époux André Utter, elle continue de peindre avec passion jusqu’à la fin de sa vie. Son héritage artistique est aujourd’hui célébré pour sa modernité radicale et sa contribution essentielle à l’affirmation des femmes dans l’art du XXe siècle. Ses tableaux sont exposés dans les plus grands musées du monde, témoignant de sa place incontournable dans l’École de Paris.
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Susan TRAVERS (1909-2003) Légionnaire – Résistante – Grande Bretagne
Héroïne de guerre au parcours hors du commun, elle est restée dans l’histoire pour être la seule femme immatriculée à la Légion étrangère. Fille d’un amiral de la Royal Navy, elle grandit dans un milieu aisé et mène une vie mondaine avant que la Seconde Guerre mondiale n’éclate. En 1940, mue par une volonté de fer, elle s’engage comme conductrice d’ambulance au sein de la Croix-Rouge française, rejoint la France libre du général de Gaulle à Londres, puis intègre la 1re Division française libre en tant que chauffeur pour les officiers supérieurs en Afrique du Nord. C’est au printemps 1942 qu’elle accomplit son exploit le plus célèbre lors de la bataille de Bir Hakeim, en Libye. Alors que la position française est assiégée et pilonnée pendant 15 jours par les forces de l’Axe menées par Rommel, elle refuse catégoriquement d’être évacuée avec les autres femmes. Le 10 juin 1942, au volant de sa Ford Fordor blindée par des plaques de fortune et criblée d’impacts de balles, elle mène le convoi de tête de la glorieuse sortie nocturne. En traversant à toute vitesse les lignes ennemies sous un déluge de feu et au milieu des champs de mines, elle parvient à sauver le général Pierre Koenig et des centaines de légionnaires. Après cet acte de bravoure qui lui vaut la Croix de guerre, elle poursuit son engagement militaire en Italie, en France puis en Allemagne. En 1945, la Légion étrangère l’intègre officiellement dans ses rangs en tant que sous-officier — un privilège exceptionnel et unique pour une femme. Elle sert ensuite durant la guerre d’Indochine avant d’épouser un adjudant-chef de la Légion et de se retirer de la vie militaire. Décorée de la Légion d’honneur et de la Médaille militaire à la fin de sa vie, Susan Travers incarne l’intrépidité, le courage sous le feu et une fidélité indéfectible aux valeurs de la Légion.
Lhakpa SHERPA (1973) Alpiniste – Népal
Alpiniste, elle détient le record mondial féminin d’ascensions de l’Everest : onze sommets, un exploit qu’aucune autre femme n’approche. Née en 1973 dans une grotte du district de Sankhuwasabha, au pied du Makalu, l’une de onze enfants, elle n’a jamais connu l’école : dès l’enfance, elle porte des charges sur les sentiers d’altitude, seule fille au milieu des porteurs. En 2000, à la tête de la première expédition féminine népalaise, elle devient la première Népalaise à atteindre le toit du monde et à en redescendre vivante — sept ans après Pasang Lhamu Sherpa, morte à la descente de son sommet. Sa vie est un roman d’endurance : installée aux États-Unis, mère de trois enfants qu’elle élève en travaillant comme plongeuse dans un supermarché ou caissière de supérette, survivante d’un mariage violent dont elle s’est libérée, elle continue de retourner, saison après saison, à la montagne qui l’a vue naître. Le 12 mai 2022, elle signe une dixième ascension financée par une cagnotte en ligne ; en mai 2026, une onzième, record toujours en cours. Distinguée par la BBC parmi les 100 femmes de l’année 2016, héroïne du documentaire « Mountain Queen » diffusé dans le monde entier, elle grimpe, dit-elle, pour montrer aux filles du Népal — et à ses propres filles — qu’aucun sommet n’est réservé aux hommes.

























