17 OCTOBRE

Geneviève THIROUX D’ARCONVILLE (1720-1805)  Femme de lettres – Scientifique – France

Anatomiste et chimiste dont l’œuvre immense, bien que publiée anonymement par discrétion sociale, a marqué la science des Lumières. Issue d’une famille de la haute bourgeoisie, elle refuse de se contenter de la vie mondaine pour se consacrer à l’étude. Après avoir contracté la petite vérole qui la laisse défigurée à 22 ans, elle se retire de la cour et transforme sa demeure en un véritable centre de recherche. Autodidacte passionnée, elle suit des cours de chimie et de botanique au Jardin du Roi, devenant une experte dans l’observation des processus naturels. Son travail le plus remarquable est sans doute son étude sur la putréfaction. Pendant dix ans, elle réalise plus de 300 expériences sur la conservation des substances animales et végétales, jetant les bases de ce qui deviendra la conservation des aliments et l’antisepsie. En 1766, elle publie son Essai pour servir à l’histoire de la putréfaction, un ouvrage d’une rigueur scientifique exceptionnelle pour son époque.Elle s’illustre également dans le domaine de l’anatomie. En 1759, elle supervise la traduction et l’édition française de l’atlas d’anatomie d’Alexander Monro. Elle y ajoute des planches d’une précision remarquable, dont un squelette féminin célèbre pour ses proportions alors jugées « idéales » selon les critères esthétiques du XVIIIe siècle, visant à démontrer la différence biologique entre les sexes.Au-delà des sciences, d’Arconville était une traductrice prolifique d’ouvrages anglais et une femme de lettres ayant écrit des romans, des essais historiques et des réflexions morales. Son immense bibliothèque et son laboratoire personnel témoignent d’une vie entière dédiée à la soif de savoir. Redécouverte par l’histoire des sciences moderne, elle est aujourd’hui célébrée comme l’une des esprits les plus brillants et les plus complets de son siècle.

 

Mae CAROL JEMISON (1956)  Médecin – Astronaute – États-Unis

« Je voulais aller dans l’espace » représentante majeure de la conquête spatiale et des droits civiques. Diplômée en ingénierie chimique et en études africaines-américaines à l’université de Stanford, elle obtient ensuite son doctorat en médecine à l’université Cornell avant de s’engager dans le Corps de la Paix en Afrique de l’Ouest. Inspirée depuis l’enfance par le personnage de Lieutenant Uhura dans la série Star Trek et par le parcours de Sally Ride, elle postule à la NASA et intègre le corps des astronautes en 1987. Le 12 septembre 1992, elle s’envole à bord de la navette spatiale Endeavour pour la mission STS-47, entrant définitivement dans l’Histoire comme la toute première femme afro-américaine à voyager dans l’espace. Durant ce vol orbital de huit jours, elle mène de nombreuses expériences scientifiques de pointe sur les cellules osseuses, l’apesanteur et le mal de l’espace. Après son départ de la NASA en 1993, elle fonde le Jemison Group pour développer des technologies durables et améliorer la santé dans les pays en développement, tout en enseignant les sciences à l’université de Dartmouth. Fervente avocate de la diversité dans les disciplines scientifiques, elle prend également la tête du projet 100 Year Starship visant à rendre possibles les voyages interstellaires humains d’ici un siècle. Admirée mondialement, elle est introduite au National Women’s Hall of Fame pour son parcours d’exception et son engagement indéfectible dans la transmission du savoir.

 

Ameena GURIB-FAKIM 1959  Scientifique – Politique – île Maurice

Encouragée pour son goût pour les études à une époque où l’accès des jeunes filles aux filières scientifiques reste limité, elle s’envole pour le Royaume-Uni où elle effectue un brillant parcours universitaire, obtenant une licence en chimie à l’université de Surrey puis un doctorat en chimie organique à l’université d’Exeter en 1987. De retour sur son île natale, elle intègre l’Université de Maurice où elle mène une carrière académique remarquable en tant que professeure, chercheuse et doyenne de la faculté des sciences. Elle consacre l’essentiel de ses travaux à l’inventaire et à l’analyse scientifique de la biodiversité et des plantes médicinales de l’océan Indien. Experte de renommée internationale en pharmacopée traditionnelle, elle fonde le Centre de Phytothérapie et de Recherche (CEPHYR) et publie de nombreux ouvrages scientifiques démontrant le potentiel thérapeutique et économique des espèces végétales africaines. Ses recherches pionnières visant à valider scientifiquement les traitements traditionnels lui valent de recevoir en 2007 le prestigieux Prix L’Oréal-UNESCO pour les femmes et la science. En juin 2015, sa trajectoire prend une dimension politique inédite lorsque l’Assemblée nationale la désigne à l’unanimité pour devenir la présidente de la République de Maurice. Elle devient ainsi la toute première femme à occuper la magistrature suprême de son pays et la première femme chef d’État en Afrique mauricienne. Durant son mandat présidentiel, elle utilise son rang institutionnel pour devenir une ambassadrice passionnée du développement scientifique, de l’innovation technologique et de l’enseignement supérieur sur le continent africain, tout en plaidant pour la protection de l’environnement face au réchauffement climatique qui menace les nations insulaires. Sa présidence prend fin brutalement en mars 2018 à la suite d’une controverse financière liée à l’utilisation d’une carte bancaire fournie par une organisation non gouvernementale internationale, entraînant sa démission. Bien qu’ayant toujours défendu son intégrité et remboursé les sommes litigieuses, cet épisode éclipse temporairement son action politique.