27 OCTOBRE
Nawal El SAADAWI (1931-2021) Médecin -Politique – Égypte
Psychiatre et écrivaine dont l’œuvre a révolutionné le féminisme dans le monde arabe. Pionnière de la lutte contre les mutilations génitales féminines, elle a brisé des tabous séculaires sur le corps et la sexualité des femmes. Son franc-parler lui a coûté ses fonctions officielles et l’a conduite en prison sous le régime de Sadate, où elle a continué d’écrire ses mémoires clandestinement. Fondatrice de l’Association de solidarité des femmes arabes, elle a lié la libération des femmes à la lutte contre le capitalisme et l’impérialisme. Menacée par les radicaux, elle a vécu l’exil avant de devenir une figure inspirante de la révolution égyptienne de 2011. Ses livres, traduits dans le monde entier, demeurent des manifestes pour la dignité et l’autonomie. Elle a toujours refusé de dissocier le politique du personnel, faisant de sa vie un combat permanent pour la vérité. Nawal El Saadawi reste une icône de courage intellectuel, ayant défié tous les pouvoirs pour défendre la liberté de pensée. Son héritage continue d’animer les débats sur les droits humains et l’égalité des sexes globalement.
Gladys WEST (1930-2026) Mathématicienne – États-Unis
Dans l’Amérique de la ségrégation des années 1930, la jeune Gladys comprend vite que l’école lui permettra de quitter les champs de tabac de sa Virginie natale. Brillante et d’une rigueur absolue, elle décroche une bourse en mathématiques et devient, en 1956, la deuxième femme noire embauchée sur la base navale de Dahlgren. Au milieu d’une armée de scientifiques blancs, elle commence par programmer les premiers ordinateurs géants de l’armée américaine. Elle doit alors analyser les données des premiers satellites pour modéliser précisément la forme de la Terre. Face à la complexité d’un globe qui n’est pas une sphère parfaite, elle conçoit des algorithmes mathématiques révolutionnaires capables de calculer les variations gravitationnelles et les déformations des océans. Ce travail de titan, effectué dans l’ombre et sur des ordinateurs primitifs, donne naissance à un modèle informatique de la Terre d’une précision spatiale inédite. Sans ces équations ultra-précises, la technologie du GPS que nous utilisons tous aujourd’hui sur nos téléphones n’aurait jamais pu voir le jour. La mathématicienne va cartographier notre monde. Elle n’a jamais cherché la lumière, considérant simplement qu’elle faisait son travail. Il aura fallu attendre 2018 pour que l’armée américaine reconnaisse officiellement son rôle crucial et l’intègre au prestigieux Hall of Fame de l’Air Force. Aujourd’hui, sa trajectoire rappelle que derrière chaque point bleu qui s’affiche sur nos écrans pour nous guider, se cache le génie discret d’une femme qui a redessiné les contours de notre planète.
Maria de Lurdes MUTOLA 1972 Athlète – Mozambique
Une des plus grandes coureuses de demi-fond de l’histoire et une icône du sport. Passionnée de football dans sa jeunesse, elle est repérée à l’âge de 14 ans par le poète national José Craveirinha, qui décèle son potentiel athlétique exceptionnel et l’oriente vers la course à pied. Spécialiste incontournable du 800 mètres, elle s’installe aux États-Unis en 1991 grâce à une bourse du Comité international olympique pour s’entraîner au plus haut niveau. Surnommée « La Machine de Mapouto » en raison de sa puissance physique, de sa régularité et de sa supériorité tactique, elle domine la discipline pendant près de quinze ans. Son couronnement de gloire survient aux Jeux olympiques de Sydney en 2000, où elle décroche la médaille d’or, offrant au Mozambique le tout premier titre olympique de son histoire. Championne du monde en plein air à trois reprises (1993, 2001, 2003), elle détient également un record absolu de sept titres mondiaux en salle. En 2003, elle entre dans l’histoire économique du sport en devenant la première athlète à remporter seule le million de dollars de la Golden League. Reconnue pour sa longévité sportive unique, elle participe à six éditions des Jeux olympiques consécutifs, de Séoul en 1988 à Pékin en 2008, année où elle prend sa retraite des pistes. Femme de cœur, elle crée la Fondation Maria Mutola pour soutenir la jeunesse et développer le sport et l’éducation dans son pays d’origine. Après sa carrière en athlétisme, elle renoue avec sa première passion en intégrant l’équipe nationale de football du Mozambique et en devenant entraîneuse de haut niveau.

























