11 NOVEMBRE
Marie BASHKIRTSEFF (1858-1884) Artiste – Peintre – Ukraine
Née dans l’ex empire russe, d’une famille aisée, elle voyage et grandit à l’étranger. Marie est polyglotte et par son regard visionnaire captive le monde intellectuel parisien. Son célèbre Journal, tenu avec une franchise désarmante, est devenu le miroir d’une âme tourmentée par la quête de gloire et la conscience de sa mort prochaine. Peintre accomplie, elle a bravé les interdits de son temps en s’imposant dans les cercles artistiques dominés par les hommes. Ses toiles, marquées par un naturalisme social profond, témoignent d’une grande sensibilité envers les classes populaires. Elle a utilisé son talent et sa plume pour revendiquer l’accès des femmes à l’éducation artistique académique. Sa correspondance avec Guy de Maupassant révèle une personnalité vive, provocatrice et d’une grande modernité. Terrassée par la tuberculose à 25 ans, elle a laissé derrière elle une œuvre qui a inspiré le mouvement féministe naissant. Son mausolée au cimetière de Passy, classé monument historique, est à l’image de sa démesure. Elle demeure le symbole de la jeunesse romantique et de la lutte pour l’indépendance intellectuelle des femmes. Son héritage artistique continue d’être célébré dans les plus grands musées du monde. Elle succombe en 1884 de la tuberculose de la tuberculose.
Maria Teresa De FILIPPIS (1926-2016) Pilote – Italie
Elle grandit dans un univers passionné par les sports mécaniques et l’équitation. Son entrée dans le monde des courses automobiles survient à l’âge de 22 ans, à la suite d’un pari provocateur lancé par deux de ses frères. Au volant d’une Fiat 500 préparée, elle s’inscrit à sa première compétition entre Salerne et Cava de’ Tirreni et remporte la victoire dans sa catégorie, révélant immédiatement un coup de volant exceptionnel. Cette première victoire déclenche chez elle une passion dévorante pour le pilotage professionnel. Au cours des années suivantes, elle gravit avec brio tous les échelons des compétitions automobiles italiennes, pilotant des voitures de sport puissantes pour des constructeurs prestigieux comme OSCA et Maserati. En 1954, elle réalise l’exploit de terminer à la deuxième place du très disputé Championnat d’Italie des voitures de sport. Ses performances remarquées incitent la direction de Maserati à lui faire confiance. En 1958, elle franchit le pas ultime en s’engageant dans le Championnat du monde de Formule 1 au volant d’une Maserati 250F, la même monoplace légendaire avec laquelle Juan Manuel Fangio avait décroché son dernier titre mondial l’année précédente. Elle devient ainsi officiellement la toute première femme pilote de l’histoire à concourir en F1. Le 15 juin 1958, elle prend le départ de son premier Grand Prix officiel lors du mythique Grand Prix de Belgique sur le périlleux circuit de Spa-Francorchamps, où elle accomplit une course remarquable en terminant à la dixième place. Tout au long de son parcours, elle doit faire face aux préjugés sexistes tenaces de l’époque, illustrés notamment par le directeur du Grand Prix de France 1958 qui lui refuse le départ en affirmant publiquement que le seul casque qu’une femme devrait porter est celui du salon de coiffure. Profondément affectée par la mort tragique en course de son ami proche et patron d’écurie Jean Behra en 1959, elle décide de cesser la compétition. Elle reviendra plus tard dans le milieu pour devenir vice-présidente du Club international des anciens pilotes de F1.

























