27 DÉCEMBRE
Marlène DIETRICH (1901-1992) Artiste – États-Unis
Une des stars les plus fascinantes et engagées de l’âge d’or d’Hollywood, propulsée au rang d’icône par son rôle dans L’Ange bleu, elle a révolutionné l’image de la femme au cinéma par son ambiguïté sexuelle et son élégance masculine. Son refus de collaborer avec le régime nazi, malgré ses racines allemandes, a fait d’elle un symbole mondial de résistance morale. Durant la guerre, elle a troqué ses robes de soie pour l’uniforme, chantant sur les fronts les plus dangereux pour soutenir les Alliés. Artiste totale, elle a dominé aussi bien l’écran que la scène musicale avec sa voix grave et ses interprétations mélancoliques. Sa maîtrise de la lumière et de son image a influencé des générations de photographes et de créateurs de mode. Femme libre et indépendante, elle a vécu ses amours et sa carrière sans jamais se soucier des propos malveillants. Sa longévité artistique l’a menée des cabarets de Berlin aux plus grandes scènes internationales jusqu’à un âge avancé. Elle a fini sa vie à Paris en 1992, recluse, protégeant le mythe qu’elle avait si méticuleusement construit. Elle demeure l’incarnation de la « femme fatale ».
Manuela SÁENZ (1797-1856) Révolutionnaire – Équateur
Héroïne de l’indépendance sud-américaine, passée à l’histoire sous le nom de « Libertadora del Libertador », elle fut bien plus que la compagne de Simón Bolívar : une conspiratrice, une stratège et une combattante de premier plan. Née à Quito, fille naturelle d’un noble espagnol, élevée au couvent puis mariée à un riche négociant anglais de Lima, elle abandonne très vite le confort de ce mariage arrangé pour la cause de l’émancipation américaine : à Lima, elle conspire, collecte des renseignements et distribue des pamphlets, ce qui lui vaut dès 1822 la décoration de « Chevalière du Soleil », accordée aux héroïnes de l’indépendance du Pérou. La même année, à Quito, elle rencontre Bolívar : elle devient sa compagne, sa conseillère et la gardienne de ses archives, l’accompagne dans ses campagnes et y gagne le grade de colonelle. Dans la nuit du 25 septembre 1828, à Bogota, elle affronte les conjurés venus assassiner le Libertador et lui permet de s’enfuir — c’est lui qui la baptise alors « Libératrice du Libérateur ». Après la mort de Bolívar en 1830, les nouveaux pouvoirs la persécutent et l’exilent : elle finit sa vie à Paita, sur la côte péruvienne, pauvre et digne, vendant du tabac et traduisant les lettres des marins de passage — Garibaldi lui-même vient la saluer. Emportée par une épidémie de diphtérie le 23 novembre 1856 et jetée dans une fosse commune, en 2010, ses restes symboliques sont entrés au Panthéon national du Venezuela, aux côtés de ceux de Bolívar.

























