11 DÉCEMBRE
Annie JUMP CANNON (1863-1941) Astronome – États-Unis
Elle fut la plus grande classificatrice d’étoiles de l’ère moderne dont le travail rigoureux a transformé l’Astrophysique. Membre éminente des « Calculatrices de Harvard », elle a développé un système universel de classification basé sur les types spectraux et la température stellaire. Sa célèbre séquence OBAFGKM a permis de comprendre pour la première fois la diversité physique des astres à travers l’univers. Au cours de sa carrière, elle a répertorié manuellement près de 350 000 étoiles, un record inégalé qui a jeté les bases du catalogue Henry Draper. Elle a également découvert des centaines d’étoiles variables et cinq novas, enrichissant considérablement la cartographie céleste. Première femme à recevoir un doctorat honorifique de l’Université d’Oxford, elle a brisé les barrières académiques au sein de la communauté scientifique. Sa surdité ne l’a jamais empêchée de mener des recherches de pointe, faisant preuve d’une patience et d’une acuité visuelle légendaires. Elle a milité activement pour que les femmes soient reconnues comme des chercheuses à part entière et non de simples assistantes. Son héritage se perpétue à travers le prix Annie Jump Cannon, récompensant les jeunes femmes astronomes. Elle demeure « l’archiviste du ciel », dont la vision a apporté une clarté nouvelle sur notre galaxie.
Toshiko YUASA (1909-1980) Physicienne – Japon
Première femme physicienne en son pays, pionnière de la physique nucléaire, elle fut surnommée « la Marie Curie japonaise » — et fit de la France sa seconde patrie scientifique. Née à Tokyo, première Japonaise diplômée de physique de l’université Bunrika de Tokyo en 1934, elle enseigne quelques années avant d’oser l’inimaginable : en 1940, en pleine guerre mondiale, elle rejoint seule Paris pour travailler au laboratoire de chimie nucléaire du Collège de France, auprès de Frédéric Joliot-Curie, sur la désintégration bêta des noyaux radioactifs. Contrainte de quitter Paris en 1944, elle poursuit ses recherches à Berlin, puis est rapatriée au Japon en 1945 — en emportant sur son dos son précieux spectromètre à double focalisation. Mais dans le Japon occupé, la recherche nucléaire est interdite : dès 1949, elle revient en France, cette fois pour toujours. Chercheuse au CNRS au laboratoire de physique nucléaire du Collège de France, cheffe de recherche de 1957 à 1974, elle consacre sa vie à la spectroscopie nucléaire et forme des générations de jeunes chercheurs. Elle s’éteint en février 1980 à Rouen. le prix Toshiko-Yuasa, décerné conjointement par la France et le Japon, envoie chaque année de jeunes physiciennes japonaises poursuivre, comme elle, leurs recherches dans les laboratoires français.

























