15 OCTOBRE

Augusta DEJERINE KLUMPKE (1859-1927)  Médecin – États-Unis

Neurologue d’origine américaine, naturalisée française, qui a brisé les barrières de la médecine académique à la fin du XIXe siècle. Arrivée à Paris pour étudier la médecine malgré l’hostilité de l’époque envers les femmes, elle devient la première femme à être reçue au prestigieux concours de l’Internat des hôpitaux de Paris en 1886.Elle est mondialement célèbre pour avoir décrit, alors qu’elle n’était encore qu’étudiante, la paralysie de Klumpke, une lésion des racines inférieures du plexus brachial qui affecte les muscles de la main et de l’avant-bras. Ses recherches, menées souvent en collaboration avec son mari Jules Déjerine, ont porté sur l’anatomie fine du système nerveux, aboutissant à la publication de l’ouvrage monumental Anatomie des centres nerveux. Durant la Première Guerre mondiale, elle dirige un service de grands blessés neurologiques, se spécialisant dans le traitement des lésions de la moelle épinière et des nerfs périphériques. Sa rigueur scientifique et son talent pour la dissection ont permis des avancées majeures dans la localisation des fonctions cérébrales et médullaires. Présidente de la Société de neurologie en 1914, elle a reçu la Légion d’honneur pour ses contributions médicales et son dévouement aux blessés de guerre. Son héritage perdure à travers ses descriptions cliniques qui restent, aujourd’hui encore, des bases fondamentales de l’examen neurologique.

 

Isabella BIRD (1831-1904) Écrivaine – Grande Bretagne

Exploratrice, écrivaine, photographe et naturaliste de l’époque victorienne, célèbre pour être devenue la première femme élue membre de la Royal Geographical Society de Londres en 1892. Née dans le Yorkshire au sein de la famille d’un pasteur anglican, elle souffre dès son enfance d’une santé fragile, insomnies et douleurs vertébrales. C’est sur la recommandation de son médecin, qui lui conseille de voyager pour changer d’air, qu’elle entame à l’âge de 23 ans une série de traversées maritimes et d’expéditions au long cours qui dureront toute sa vie. Équipée d’une grande curiosité intellectuelle et d’une résistance physique hors du commun en voyage, elle parcourt le monde durant près de cinq décennies : elle explore d’abord les îles Sandwich (Hawaï), gravit des volcans en éruption, puis rejoint le Colorado où elle traverse les Montagnes Rocheuses à cheval en solitaire — un voyage immortalisé dans son best-seller A Lady’s Life in the Rocky Mountains ; elle accomplit ensuite d’ambitieuses expéditions au Japon, en Malaisie, en Chine, en Corée et au Tibet, s’enfonçant dans des contrées très reculées où peu d’Européens avaient pénétré ; en 1889 enfin, elle traverse la Perse, le Kurdistan et la Turquie, visitant des hôpitaux de campagne et documentant les conditions de vie des minorités chrétiennes. Photographe accomplie à partir de ses soixante ans, elle ramène de ses expéditions des centaines de clichés documentant les paysages, la flore et l’ethnographie des régions traversées. Ses récits de voyage, rédigés sous forme de lettres poignantes et vivantes envoyées à sa sœur Henrietta, rencontrent un succès phénoménal auprès du public victorien. Après la mort de son mari, le docteur John Bishop, elle s’investit dans l’action humanitaire en finançant la création de plusieurs hôpitaux de missionnaires en Inde et en Chine. Isabella Bird s’éteint en 1904 à Édimbourg, à l’âge de 72 ans, alors qu’elle préparait un nouveau voyage pour la Chine, laissant derrière elle une œuvre majeure dans la littérature de voyage et la géographie.

Photo : G.P. Putnam’s Sons,