15 FÉVRIER
Berty ALBRECHT (1893-1943)Résistante – France
Berthe Pauline Mariette Wild, dite Berty Albrecht, Figure de proue de la lutte contre l’occupation nazie et le régime de Vichy, née dans une famille bourgeoise de Marseille, elle s’engage très tôt dans le syndicalisme et le féminisme, fondant en 1933 une revue pour l’émancipation des femmes. Indignée par la montée du fascisme, elle accueille dès l’avant-guerre des réfugiés allemands fuyant le nazisme dans sa maison de Sainte-Maxime. Dès 1940, elle refuse la défaite et s’associe à Henri Frenay pour jeter les bases du mouvement de Résistance « Combat ». Ensemble, ils éditent des bulletins clandestins et structurent un réseau d’aide sociale crucial pour les familles de prisonniers. Arrêtée une première fois par la police de Vichy en 1942, elle parvient à s’évader de manière spectaculaire d’un hôpital psychiatrique grâce à la complicité de ses camarades. Reprenant immédiatement ses activités clandestines, elle est trahie et capturée par la Gestapo à Mâcon en mai 1943, sous les ordres directs de Klaus Barbie. Transférée à la prison de Fresnes, elle subit d’affreux interrogatoires mais choisit de se donner la mort en cellule pour ne pas risquer de parler en 1943. Son corps repose aujourd’hui dans la crypte du mémorial de la France combattante au mont Valérien, honneur qu’elle partage avec seulement une autre femme, Renée Lévy. Compagnon de la Libération à titre posthume, elle incarne le courage suprême et le sacrifice des femmes au sein de la Résistance intérieure française.
IRENA SENDLER (1910-2008) Résistante – Pologne
Née Sendlerowa, elle grandit dans un environnement familial généreux influencée par un père médecin qui soignait gratuitement les plus démunis, principalement des Juifs pauvres. Devenue travailleuse sociale et infirmière, elle s’oppose ouvertement dès les années 1930 au système de ségrégation antisémite mis en place dans les universités polonaises. Lorsque les troupes nazies envahissent la Pologne en 1939 et enferment plus de 400 000 Juifs dans le Ghetto de Varsovie dans des conditions sanitaires effroyables, Irena Sendler met à profit son statut d’inspectrice de la santé publique pour pénétrer à l’intérieur du ghetto sous prétexte de prévenir les épidémies de typhus, y apportant clandestinement de la nourriture, des vêtements et des médicaments. Face au début des déportations massives vers les camps d’extermination en 1942, elle rejoint le réseau de résistance polonais Żegota sous le nom de code « Jolanta » et prend la tête de sa section enfantine. Avec une Poignée de complices courageux, elle organise une opération d’évacuation systématique : les enfants juifs sont sortis du ghetto cachés dans des ambulances, des camions à ordures, des caisses à outils, ou évacués par les réseaux d’égouts et les passages secrets de bâtiments limitrophes. Irena Sendler leur fournit de faux papiers d’identité et trouve des refuges sûrs au sein d’orphelinats, de couvents ou de familles d’accueil polonaises disposées à risquer leur vie. Afin de préserver l’espoir de réunir ces enfants avec leurs parents à la fin du conflit, elle note méticuleusement les véritables identités de chaque enfant et leurs nouveaux noms sur des languettes de papier codées. Elle conserve ces précieuses listes cachées dans des bocaux en verre enterrés sous un pommier dans le jardin d’une amie. Arrêtée par la Gestapo en octobre 1943, elle subit de terribles tortures sans jamais révéler l’emplacement des bocaux ni l’identité de ses complices. Condamnée à mort, elle est sauvée in extremis grâce à un pot-de-vin versé par la Résistance à un garde allemand. Ayant permis le sauvetage de près de 2 500 enfants juifs, cette « Juste parmi les Nations » verra son histoire méconnue sous le régime communiste redécouverte à la fin des années 1990, devenant une figure universelle du courage humanitaire jusqu’à son décès en 2008.
https://www.yadvashem.org/fr/justes/histoires/irena-sendler.html

























