2 AOÛT

Catherine DIOR (1917-2008)  Résistante – France

Elle est la cadette d’une fratrie de 5 enfants, issue d’une famille bourgeoise normande qui connait la ruine suite à la crise de 1929. Comme ses camarades, l’entrée en guerre et l’occupation allemande compromet ses études. Un temps habitant avec sa famille dans le Var, en 1941, elle revient à Paris avec son frère, qui deviendra quelques années plus tard le célèbre couturier Christian DIOR. Engagée dès 1941 dans le réseau F2, elle a risqué sa vie pour collecter des renseignements vitaux. Pendant deux ans, Catherine Dior utilise l’appartement de son frère, situé au 10 de la Rue Royale à Paris pour recevoir des membres de son réseau. Arrêtée par la Gestapo en 1944, elle a subi la torture sans jamais dénoncer ses camarades. Déportée à Ravensbrück, elle a survécu à l’horreur des camps. À sa libération, elle s’est consacrée à sa passion pour l’horticulture dans le sud de la France. Son frère,  en son hommage créé le parfum « Miss Dior », en 1947,  saluant sa bravoure.

 

 

 

Bertha LUTZ (1894-1976) Scientifique – Brésil

Également femme politique, cheffe de file du combat pour le droit de vote des femmes au Brésil, elle fut aussi l’une des quatre femmes à signer la Charte des Nations unies. Née à São Paulo, fille du grand pionnier de la médecine tropicale Adolfo Lutz et d’une infirmière anglaise, elle étudie les sciences naturelles à la Sorbonne, où elle découvre l’effervescence des suffragistes européennes. De retour au Brésil, elle devient en 1919 la deuxième femme à intégrer la fonction publique de son pays, comme naturaliste au Musée national de Rio de Janeiro : zoologiste réputée, spécialiste des grenouilles arboricoles, elle verra plusieurs espèces d’amphibiens baptisées en son honneur. En 1922, elle fonde la Fédération brésilienne pour le progrès féminin et orchestre pendant dix ans la campagne qui aboutit, en 1932, à l’inscription du droit de vote des femmes dans le code électoral brésilien. Élue députée fédérale en 1936, elle défend les droits des travailleuses jusqu’à ce que le coup d’État de 1937 ferme le Parlement. Sa plus belle victoire est planétaire : déléguée à la conférence de San Francisco en 1945, elle arrache, avec ses consœurs latino-américaines, l’inscription de « l’égalité de droits des hommes et des femmes » dans le préambule de la Charte des Nations unies, dont elle est l’une des quatre signataires féminines. Militante jusqu’à la conférence mondiale des femmes de Mexico en 1975, elle s’éteint à Rio l’année suivante ; ses archives sont aujourd’hui inscrites au registre « Mémoire du monde » de l’UNESCO.