21 AVRIL
Clémence ROYER (1830-1902) Philosophe – Scientifique – France
Reconnue comme l’une des figures intellectuelles les plus audacieuses et polyvalentes du XIXe siècle. Autodidacte au parcours exceptionnel, elle marque l’histoire des sciences en publiant en 1862 la toute première traduction française de l’ouvrage révolutionnaire de Charles Darwin, « L’Origine des Espèces ». En y ajoutant une longue préface personnelle et des notes engagées, elle popularise la théorie de l’évolution en France tout en l’adaptant à ses propres convictions philosophiques et sociales. Première femme à enseigner dans une université suisse dispensant des cours de philosophie et d’économie, elle écrit de nombreux traités couvrant l’anthropologie, la physique, la politique et l’économie politique. Féministe de la première heure, elle milite activement pour l’instruction des femmes, l’accès de ces dernières aux carrières scientifiques et la reconnaissance de leur égalité intellectuelle. En 1900, elle devient la première femme décorée de la Légion d’honneur pour ses travaux scientifiques, couronnant ainsi la vie d’une libre-penseuse indomptable qui a bravé les interdits de son époque pour s’imposer dans des domaines alors exclusivement masculins.
Raden Ayu KARTINI (1879-1904) Pédagogue – Indonésie
Héroïne nationale et pionnière de l’éducation des filles, elle est devenue, en à peine vingt-cinq ans de vie, le symbole de l’émancipation des femmes de son pays. Fille d’un aristocrate javanais, régent de Jepara, elle a la chance rare de fréquenter l’école hollandaise jusqu’à ses douze ans — avant d’être recluse à la maison, comme le voulait la tradition pour les jeunes filles nobles en attente de mariage. Elle met ces années d’enfermement à profit : elle dévore livres et journaux, et entretient en néerlandais une correspondance passionnée avec des amies aux Pays-Bas, où elle dénonce la condition des femmes javanaises, les mariages forcés et la polygamie, et défend avec ardeur le droit des filles à l’instruction. En 1903, elle ouvre chez elle, à Jepara, une petite école pour les filles javanaises — la première du genre —, où elle enseigne gratuitement. Mariée la même année au régent de Rembang, qui soutient son combat, elle meurt le 17 septembre 1904, quelques jours après la naissance de son fils, à seulement vingt-cinq ans. Son œuvre lui survit avec éclat : ses lettres, publiées en 1911 sous le titre « Par-delà les ténèbres, la lumière », bouleversent les Pays-Bas et financent l’ouverture d’« écoles Kartini » à travers Java. Proclamée héroïne nationale en 1964, elle est célébrée chaque année lors du « Jour de Kartini », le 21 avril — le jour de sa naissance —, où l’Indonésie tout entière honore celle qui a allumé la flamme de l’éducation des femmes.

























