18 AVRIL

Colette BRULL-ULMANN (1920-2021) Résistante – Médecin – France

Pédiatre et résistante, célèbre pour son rôle héroïque dans le sauvetage d’enfants juifs pendant la Seconde Guerre mondiale. En 1942, alors âgée de 22 ans et étudiante en médecine, elle intègre l’interne de l’hôpital Rothschild à Paris, un établissement transformé en « hôpital-prison » par l’occupant nazi. Face à l’horreur des déportations qui s’annoncent, elle rejoint un réseau clandestin d’évasion aux côtés de l’assistante sociale Claire Heyman. Ensemble, le personnel médical ruse en falsifiant les registres d’admission, en cachant des nourrissons ou en déclarant faussement décédés des enfants pour les faire sortir par la morgue avant de les confier à des familles d’accueil. Grâce à ce courage inouï, elle contribue à sauver des griffes de la Gestapo une centaine d’enfants promis aux camps de la mort. Par la suite, elle s’engage également dans le BCRA, le service de renseignement et d’action de la France libre créé par le général de Gaulle. Après la Libération, elle mène une longue et brillante carrière de pédiatre en Seine-Saint-Denis, choisissant de garder le silence sur ses actes pendant des décennies. Ce n’est qu’à la fin de sa vie qu’elle livre son témoignage capital dans le livre Les Enfants du dernier salut (2018), avant de s’éteindre à l’âge exceptionnel de 101 ans en 2021, décorée de la Croix de guerre et élevée au grade d’officier de la Légion d’honneur.

 

 

Nafissa SID CARA  (1910-2002) – Politique – France

Enseignante et femme d’État, entrée dans l’Histoire comme la toute première femme musulmane à devenir membre d’un gouvernement français. Issue d’une famille lettrée turque, elle brave les traditions de son époque pour faire des études supérieures et devient une institutrice engagée, puis inspectrice de l’Éducation nationale. Son destin bascule avec la crise de mai 1958 et le retour au pouvoir du général de Gaulle, qui souhaite promouvoir l’intégration et l’émancipation des femmes musulmanes d’Algérie. En novembre 1958, elle est élue députée d’Alger sous l’étiquette d’intégrationniste modérée, devenant l’une des premières femmes d’Algérie à siéger au Palais Bourbon. Quelques mois plus tard, le 8 janvier 1959, Michel Debré la nomme secrétaire d’État chargée des questions sociales en Algérie et du statut personnel de droit musulman. À ce poste ministériel historique, elle déploie une énergie remarquable pour réformer le droit de la famille, luttant avec ferveur contre la répudiation unilatérale et le mariage forcé des jeunes filles. Elle contribue activement à l’ordonnance de 1959 qui instaure le consentement mutuel obligatoire devant un juge pour le mariage et réglemente strictement la polygamie. Fervente partisane de l’Algérie française, elle défend l’idée d’une égalité des droits réelle et d’une émancipation des femmes par l’instruction publique au sein de la République. Après les accords d’Évian et l’indépendance de l’Algérie en 1962, elle quitte définitivement sa terre natale pour s’installer en métropole avec sa famille, fuyant les représailles. Elle poursuit sa carrière au sein de l’administration sociale française et préside des associations d’aide aux rapatriés et aux harkis en détresse. Nommée membre du Conseil économique et social, elle continue d’œuvrer pour l’insertion des familles musulmanes d’Algérie réfugiées en France. Décorée de la Légion d’honneur pour son dévouement républicain, elle se tient toute sa vie  à distance des médias.