16 JANVIER

Diane FOSSEY (1932-1985) Primatologue – États-Unis

Célèbre éthologue mondialement reconnue pour son travail pionnier auprès des gorilles des montagnes. Encouragée par le paléontologue Louis Leakey, elle s’installe au Rwanda en 1967 où elle fonde le centre de recherche de Karisoke au cœur des montagnes des Virunga. Pendant près de vingt ans, elle étudie patiemment plusieurs groupes de gorilles, réussissant à se faire accepter par eux grâce à une méthode d’observation par immersion unique. Son destin bascule lorsqu’elle assiste impuissante au massacre de ses primates préférés, notamment le jeune Digit, par des braconniers. Elle entreprend alors une lutte acharnée et inflexible contre le braconnage et le tourisme de masse, se créant de nombreux ennemis dans la région. Son autobiographie à succès, Gorilles dans la brume, publiée en 1983, sensibilise le public international à la cause de cette espèce alors en voie d’extinction. Tragiquement assassinée dans sa cabane en 1985, son martyre et son héritage scientifique ont permis de sauver durablement les gorilles des montagnes de l’extinction.

 

 

 

Cornélie LEBON-DE BRAMBILLA (1767-1812) Ingénieure – France

Ingénieure et chimiste, pionnière oubliée du gaz d’éclairage, elle a consacré sa fortune, son énergie et sa vie à l’invention qui allait illuminer les villes du XIXe siècle. Née Françoise-Thérèse-Cornélie de Brambilla à Ypres, dans une famille d’artistes et de médecins originaire de Padoue et de Milan, elle épouse en 1792 l’ingénieur Philippe Lebon et investit sa propre dot dans ses expériences de distillation du bois. Le fruit de leurs travaux, le « thermolampe », breveté en 1799, produit lumière et chaleur à partir du gaz : c’est l’ancêtre direct de l’éclairage au gaz, présenté au public lors de démonstrations retentissantes à Paris en 1801. C’est elle qui se bat pour les financements, jusqu’à pétitionner le ministre de l’Intérieur — « Ce n’est ni la charité ni la pitié que je vous demande, mais la justice » — et obtenir une concession de bois en forêt du Rouvray. Quand Philippe Lebon est assassiné sur les Champs-Élysées en 1804, le jour du sacre de Napoléon, elle reste seule avec deux enfants et des dettes : loin de renoncer, elle poursuit les expériences, perfectionne le thermolampe et publie en 1811 un mémoire qui documente l’invention et ses propres améliorations — récompensé par le prix des Arts chimiques et une pension viagère. Trahie par des associés indélicats, elle meurt à Paris le 2 septembre 1812, à quarante-cinq ans. Deux siècles plus tard, justice arrive enfin : son nom figure parmi les 72 femmes scientifiques appelées à être inscrites sur la tour Eiffel.