29 SEPTEMBRE

Elizabeth GASKELL(1810-1865)  Écrivaine – Grande Bretagne

Romancière et biographe de l’époque victorienne, célèbre pour ses portraits saisissants de la diversité sociale de son temps. Mariée à un pasteur unitarien à Manchester, elle a puisé dans son observation directe de la révolution industrielle pour écrire des « romans sociaux » comme Mary Barton et Nord et Sud, qui dépeignent avec une empathie rare la pauvreté et les conflits entre ouvriers et patrons. Son style mêle un réalisme psychologique profond à une critique sociale nuancée, explorant les tensions entre les traditions rurales du sud de l’Angleterre et le dynamisme brutal du nord industriel. Elle est également l’autrice de Cranford, une œuvre plus légère et nostalgique décrivant la vie d’une petite ville de province, ainsi que de Femmes et Filles, son dernier chef-d’œuvre inachevé. Amie proche de Charlotte Brontë, elle a rédigé la première biographie de cette dernière, La Vie de Charlotte Brontë, un ouvrage qui a largement contribué à forger la légende de la famille Brontë malgré les controverses qu’il a suscitées à l’époque. Femme de lettres accomplie et mère de famille, elle a su naviguer entre ses obligations domestiques et une carrière littéraire prolifique, publiant régulièrement dans les revues dirigées par Charles Dickens. Son œuvre est aujourd’hui redécouverte pour sa finesse d’analyse sur la condition féminine et les structures de classe. Elle reste l’une des figures les plus respectées de la littérature anglaise, offrant un témoignage indispensable sur les mutations de la société victorienne. Son œuvre perdure à travers de nombreuses adaptations cinématographiques qui soulignent la modernité de ses thématiques. Sa maison à Manchester est aujourd’hui un musée dédié à sa mémoire et à son travail littéraire.

Michelle BACHELET (1951) Médecin – Politique – Chili

Pédiatre et femme d’État, première femme élue présidente du Chili, elle a aussi porté la voix des femmes et des droits humains aux plus hautes fonctions des Nations unies. Née à Santiago, fille d’un général d’aviation resté fidèle au président Allende et mort en 1974 des suites des tortures de la dictature de Pinochet, elle est elle-même arrêtée avec sa mère en 1975 et détenue au centre de la Villa Grimaldi, avant de prendre le chemin de l’exil, en Australie puis en Allemagne de l’Est. De retour au pays en 1979, elle achève ses études de médecine et se consacre, comme pédiatre et épidémiologiste, aux enfants victimes de la répression. La démocratie retrouvée, son ascension est fulgurante : ministre de la Santé en 2000, elle devient en 2002 la première femme ministre de la Défense d’Amérique latine — à la tête de l’armée qui avait tué son père. En 2006, elle est élue présidente de la République, une première dans l’histoire du Chili, et mène une politique de protection sociale saluée dans toute la région. Entre ses deux mandats (2006-2010, puis 2014-2018, marqué notamment par la réforme éducative et la dépénalisation partielle de l’avortement), elle devient la première directrice exécutive d’ONU Femmes, l’agence des Nations unies pour l’égalité. De 2018 à 2022, elle est haute-commissaire de l’ONU aux droits de l’homme. Rescapée de la dictature devenue cheffe d’État et conscience internationale, elle incarne une certaine idée de la résilience et de la réconciliation.