13 OCTOBRE

Eugénie COTTON (1881-1967)  Physicienne – France

Élève de Marie Curie qui a dirigé l’École normale supérieure de jeunes filles de Sèvres pour y promouvoir l’excellence scientifique féminine. Ses travaux sur le magnétisme lui ont valu une solide reconnaissance académique, mais c’est son engagement militant qui a marqué l’histoire de l’après-guerre. Résistante durant l’Occupation, elle a ensuite fondé l’Union des femmes françaises et présidé la Fédération démocratique internationale des femmes, devenant une figure mondiale de la lutte pour les droits des femmes et la protection de l’enfance. Fervente pacifiste, elle a milité activement contre l’armement nucléaire et les guerres coloniales, ce qui lui a valu le prix Lénine pour la paix en 1950. Sa vie incarne une synthèse rare entre la rigueur de la recherche fondamentale et un humanisme politique indéfectible. Elle a consacré ses dernières forces à l’éducation et à la solidarité internationale, laissant derrière elle un héritage durable dans le mouvement social français. Aujourd’hui, de nombreux établissements scolaires portent son nom pour honorer cette femme de science qui a su mettre son savoir au service de la paix.

 

 

Mary KINGSLEY (1862-1900) Exploratrice – Écrivaine -Grande Bretagne

Parfois orthographiée Marie Kingsley, elle est l’une des plus célèbres exploratrices, ethnologues et écrivaines britanniques de l’époque victorienne, connue pour ses voyages audacieux en Afrique de l’Ouest. Élevée dans une famille bourgeoise, elle reçoit une éducation essentiellement autodidacte en lisant la vaste bibliothèque de son père, médecin et grand voyageur. Cantonnée à son rôle de fille dévouée, son destin bascule à la mort de ses deux parents en 1892. Libre et financièrement indépendante à 30 ans, elle décide de réaliser son rêve : s’embarquer seule pour l’Afrique afin d’achever un ouvrage sur la médecine traditionnelle et le fétichisme africain entamé par son père. Entre 1893 et 1895, elle accomplit deux expéditions périlleuses à travers les territoires d’Afrique de l’Ouest (Angola, Congo, Gabon, Cameroun). Seule femme européenne au milieu de guides locaux, portant la tenue victorienne traditionnelle avec ses longues jupes noires, elle remonte les fleuves en pirogue, traverse des marécages infestés de crocodiles et cohabite avec des populations locales (notamment les Fang) souvent redoutées par les colonisateurs. Au cours de ses périples, elle gravit le mont Cameroun par une voie inédite — première femme européenne à en atteindre le sommet — et collecte de précieux spécimens de poissons et d’insectes pour le British Museum (dont plusieurs espèces portent aujourd’hui son nom). À son retour au Royaume-Uni, son livre « Travels in West Africa » (1897) devient un best-seller immédiat. Lors de ses multiples conférences, elle surprend l’opinion publique en portant un regard d’une grande modernité sur les cultures africaines : elle critique ouvertement les dérives du colonialisme, s’oppose aux tentatives de christianisation forcée par les missionnaires et préconise le respect des coutumes et des systèmes juridiques locaux. Lors de la seconde guerre des Boers en 1900, elle s’engage comme infirmière volontaire en Afrique du Sud pour soigner les prisonniers de guerre. Elle y contracte la fièvre typhoïde et meurt prématurément à l’âge de 37 ans. Selon ses dernières volontés, elle est immergée en mer avec les honneurs militaires.