16 JUILLET

Ida BELL WELLS BARNETT (1862-1931)  Journaliste – Politique – États-Unis

Sommité de la lutte pour les droits civiques et le droit de vote des femmes aux États-Unis. Née esclave pendant la guerre de Sécession, elle a consacré sa vie à documenter et à dénoncer l’horreur des lynchages à travers des enquêtes statistiques rigoureuses et des articles percutants. En tant que cofondatrice de la NAACP, elle a utilisé la puissance de la presse pour révéler au monde que la violence raciale était un outil de contrôle économique et politique. Son courage lui a valu de voir ses bureaux détruits par la foule, mais elle n’a jamais cessé de voyager pour alerter l’opinion internationale sur l’injustice systémique. Pionnière du journalisme d’investigation, elle a prouvé que les faits et les chiffres étaient les armes les plus efficaces contre les préjugés et les mensonges racistes. Elle a également lutté au sein du mouvement des suffragettes, refusant d’être reléguée au second plan par les militantes blanches et exigeant une égalité totale pour toutes les femmes. Sa détermination l’a conduite à fonder des organisations locales et nationales pour l’éducation et l’autonomisation des communautés noires. Dotée d’une intégrité absolue, elle a souvent critiqué les leaders de son temps lorsqu’elle jugeait leurs compromis inacceptables pour la dignité humaine. Son héritage intellectuel a posé les bases des mouvements modernes pour les droits humains et la justice pénale. Ida B. Wells demeure un symbole d’audace intellectuelle et de résistance morale, ayant transformé sa plume en un bouclier contre l’oppression.

 

 

Jocelyn BELL BURNELL (1943)  Astrophysicienne – Grande Bretagne

Célèbre pour avoir réalisé l’une des plus grandes découvertes astronomiques du XXe siècle : les pulsars. Étudiante brillante et passionnée, elle obtient son diplôme en physique à l’université de Glasgow avant d’entamer son doctorat à l’université de Cambridge sous la direction d’Antony Hewish. Entre 1965 et 1967, elle participe activement à la construction d’un immense radiotélescope destiné à étudier les quasars. C’est en analysant manuellement des kilomètres d’enregistrements graphiques sur papier qu’elle repère une anomalie : un signal radio ultra-régulier qui bat toutes les 1,33 seconde. Écartant l’hypothèse farfelue de signaux extraterrestres (surnommés au départ « LGM-1 » pour Little Green Men), elle démontre rigoureusement le caractère naturel de la source. Elle vient de découvrir les pulsars, des étoiles à neutrons en rotation rapide sur elles-mêmes, confirmant de manière spectaculaire un modèle théorique de la physique des hautes énergies. En 1968, l’équipe publie cette découverte historique, mais en 1974, le prix Nobel de physique est attribué à Antony Hewish et Martin Ryle, excluant injustement Jocelyn Bell. Cette injustice flagrante suscite l’indignation de nombreux astronomes, mais la jeune chercheuse réagit avec une élégance et une humilité intellectuelle admirées de tous. Loin de se décourager, elle mène une brillante carrière de chercheuse et d’enseignante, devenant une spécialiste mondiale de l’astronomie en rayons X et gamma. Première femme présidente de l’Institut de physique (IOP) et de la Royal Society of Edinburgh, elle s’implique fortement pour l’accès des minorités aux carrières scientifiques. En 2018, la communauté internationale répare tardivement cet oubli en lui décernant le prestigieux Breakthrough Prize en physique fondamentale, doté de 3 millions de dollars. Scientifique au grand cœur, elle fait don de l’intégralité de cette somme pour financer des bourses de recherche destinées aux femmes et aux étudiants sous-représentés.