12 SEPTEMBRE
Irène JOLIOT-CURIE (1897-1956) Chimiste – France
Fille de Pierre et Marie Curie, elle assiste sa mère sur le front durant la Première Guerre mondiale en opérant des unités de radiologie mobile pour soigner les blessés. En 1935, elle reçoit le prix Nobel de chimie avec son mari Frédéric Joliot pour la découverte de la radioactivité artificielle, une avancée majeure pour la médecine et la science nucléaire. Femme engagée, elle devient l’une des trois premières femmes à entrer dans un gouvernement français en 1936, en tant que sous-secrétaire d’État à la Recherche scientifique sous le Front populaire. Elle a joué un rôle déterminant dans la création du Commissariat à l’énergie atomique (CEA) après la Seconde Guerre mondiale. Militante antifasciste et pacifiste, elle s’est battue toute sa vie pour les droits des femmes et l’accès universel à l’éducation. Elle a également dirigé l’Institut du Radium, poursuivant l’héritage scientifique familial avec une rigueur exceptionnelle. Comme sa mère, elle succombe à une leucémie résultant d’une exposition prolongée aux rayonnements radioactifs durant ses recherches. En 1946, elle reçoit la médaille d’or de la Société de radiologie pour l’ensemble de son œuvre. Son nom reste aujourd’hui indissociable de l’excellence scientifique et de la lutte pour le progrès social et éthique de la science.
Caroline AIGLE (1974- 2007) Ingénieure- Pilote – France (1896-1970)
Sportive d’élite et polytechnicienne, elle intègre l’École de l’air en 1994 où son excellence académique et physique lui permet de surmonter tous les obstacles d’un univers alors exclusivement masculin. En 1999, elle entre définitivement dans l’Histoire en devenant la toute première femme pilote de chasse brevetée au sein de l’Armée de l’air française. Affectée à l’escadron de chasse 2/2 « Côte d’Or » à Dijon, elle prend les commandes du mythique avion de chasse Mirage 2000-5 pour mener des missions de défense aérienne de haute responsabilité. Commandant d’escadrille et totalisant plus de mille cinq cents heures de vol, elle prépare en parallèle le concours pour devenir astronaute européenne, portée par son ambition scientifique. Au-delà de ses exploits sous les drapeaux, cette championne de triathlon incarne pour toute une génération le symbole absolu de la détermination, de la rigueur et de la modernité. Son destin bascule tragiquement lorsqu’elle est frappée par un cancer foudroyant durant sa seconde grossesse, choisissant de mener son combat médical jusqu’au bout pour donner naissance à son fils. Elle s’éteint en août 2007 à l’âge de 32 ans, quelques jours seulement après avoir été décorée de la Médaille de l’Aéronautique pour l’ensemble de sa carrière. Caroline Aigle demeure une héroïne nationale et une source d’inspiration éternelle pour toutes les apprenties pilotes.
Elsa TRIOLET (1896-1970) Femme de Lettres – France
Née Ella Kagan à Moscou au sein d’une famille bourgeoise, elle grandit dans un milieu baigné par les arts et la littérature, côtoyant très jeune des figures majeures de l’avant-garde russe comme Vladimir Maïakovski. Après avoir suivi des études d’architecture à Moscou et voyagé à travers l’Europe, elle choisit de s’installer définitivement en France à la fin des années 1920. Sa rencontre capitale avec le poète Louis Aragon en 1928 marque le début d’une union sentimentale et littéraire mythique, faisant d’elle la muse immortalisée dans la poésie d’Aragon tout en affirmant sa propre identité d’écrivaine engagée. Polyglotte et traductrice hors pair, elle fait découvrir les grands auteurs russes au public francophone tout en rédigeant ses propres œuvres d’abord en russe, puis directement en français. Lorsque la Seconde Guerre mondiale éclate et que la France est occupée par le régime nazi, Elsa Triolet s’engage corps et âme dans la Résistance clandestine aux côtés d’Aragon. Elle joue un rôle moteur dans l’organisation de la résistance intellectuelle en zone Sud, participant activement à la création et à la diffusion du journal clandestin *Les Lettres françaises* et à l’animation du Comité national des écrivains. C’est durant cette période sombre qu’elle rédige les nouvelles poignantes qui composeront son recueil majeur. En 1945, la consécration survient : elle devient la toute première femme à recevoir le prestigieux prix Goncourt pour « Le premier accroc coûte deux cents francs », un ouvrage témoignant avec justesse et émotion de la réalité de la France occupée et du courage des maquisards. Au lendemain de la guerre, Elsa Triolet poursuit une carrière littéraire d’une grande richesse, publiant des romans exigeants qui explorent les désillusions politiques, les mutations de la société moderne et la condition de l’artiste, à l’image de sa trilogie « Le Cheval blanc » ou du roman « Le Monument ». Militante communiste fervente mais sachant faire preuve d’un esprit critique lucide face aux dérives du stalinisme, elle voyage à travers le bloc de l’Est pour défendre la liberté de création des intellectuels opprimés. Elle s’éteint en 1970 dans sa propriété du Moulin de Villeneuve à Saint-Arnoult-en-Yvelines.

























