26 NOVEMBRE
Mary EDWARD WALKER (1832-1919) Médecin – États-Unis
Figure révolutionnaire de la médecine et du féminisme américain au XIXe siècle. Seule femme récipiendaire de la Médaille d’Honneur, elle a servi comme chirurgienne sur les champs de bataille sanglants de la guerre de Sécession. Son dévouement total aux blessés, au péril de sa propre liberté, lui a valu une reconnaissance militaire exceptionnelle. Au-delà de ses exploits chirurgicaux, elle a mené une lutte frontale contre les normes sociales de son temps. Adepte de la réforme vestimentaire, elle a courageusement porté des pantalons et des habits d’homme pour affirmer l’égalité des sexes et la liberté de mouvement. Malgré le retrait temporaire de sa médaille en 1917 par le Congrès (qui souhaitait la réserver aux combattants directs), elle a refusé de la rendre, la portant fièrement jusqu’à sa mort. Sa distinction lui fut officiellement restituée à titre posthume par le président Jimmy Carter en 1977. Écrivaine et conférencière, elle a consacré sa vie à plaider pour le suffrage universel et la tempérance. Elle incarne l’indépendance d’esprit et la bravoure citoyenne face aux préjugés institutionnels. Son héritage inspire encore aujourd’hui les femmes au sein des forces armées mondiales. Elle demeure une icône de la dissidence pacifique et de l’excellence professionnelle.
Édith MOURIER (1913-2014) Mathématicienne – France
Pionnière de la théorie des probabilités et de la statistique mathématique moderne. Brillante étudiante, elle intègre l’École normale supérieure de jeunes filles de Sèvres en 1933 avant de s’orienter vers la recherche fondamentale. Durant la Seconde Guerre mondiale, elle travaille sous la direction du grand mathématicien Maurice Fréchet, qui discerne immédiatement son intuition scientifique exceptionnelle. En 1952, elle soutient une thèse d’État magistrale qui marque l’histoire de la discipline : elle y définit les variables aléatoires à valeurs dans un espace de Banach. Cette avancée conceptuelle majeure, connue sous le nom d’« espace de Mourier », permet d’étendre les lois des grands nombres à des structures géométriques infinies. Ses théorèmes révolutionnaires trouvent rapidement des applications directes en physique statistique, en économétrie et dans l’étude des processus stochastiques complexes. Nommée professeure à la Faculté des sciences de Poitiers, puis à l’université de Paris dans les années 1960, elle y enseigne avec une clarté et une rigueur unanimement saluées. Chercheuse de renommée internationale, elle collabore avec les plus grands probabilistes de son temps, à l’image d’Ulf Grenander. Elle s’implique également de manière décisive dans la structuration de l’enseignement des statistiques en France, formant des générations de mathématiciens de premier plan. Tout au long de sa carrière à l’université Pierre-et-Marie-Curie (Paris VI), elle œuvre avec discrétion et bienveillance pour l’insertion des jeunes femmes dans la recherche en mathématiques.
Henriette MATHIEU-FARAGGI (1915-1985) Physicienne -France
Physicienne nucléaire, première femme à avoir présidé la Société Française de Physique, elle a dirigé l’un des plus grands laboratoires de physique nucléaire d’Europe. Née à Paris, fille d’un ingénieur issu d’une famille juive de Constantinople, elle se forme à l’Institut du Radium, dans le sillage des Joliot-Curie, et y devient une virtuose d’une technique d’avant-garde : les émulsions photographiques nucléaires, qui rendent visibles les trajectoires des particules. Sa thèse, soutenue en mai 1950, établit des mesures de précision de l’énergie des particules chargées ; ses travaux sur les autoradiographies trouveront des applications jusqu’en métallurgie et en biologie. Élue la même année au comité national du CNRS, elle entre en 1951 au tout jeune Commissariat à l’énergie atomique et gravit tous les échelons, jusqu’à diriger de 1972 à 1978 le département de physique nucléaire de Saclay. En 1971, la Société française de physique se choisit pour la première fois de son histoire une présidente : c’est elle. Elle préside également le comité de physique nucléaire de l’Union internationale de physique pure et appliquée, portant la voix de la France dans les grandes instances scientifiques mondiales. Morte le 6 avril 1985, elle demeure l’une des grandes bâtisseuses de la physique nucléaire française — au microscope comme à la tête de ses institutions.

























