8 MAI
Mary-Lou WILLIAMS (1910-1981) Musicienne – États-Unis
Femme de l’ombre, très influente et pourtant trop souvent méconnue de l’histoire du jazz. Pianiste virtuose, compositrice et arrangeuse de génie, elle a traversé et façonné presque toutes les époques de cette musique, du swing au bebop jusqu’au jazz moderne. Dès les années 30, elle écrivait des arrangements pour les plus grands orchestres, dont celui de Duke Ellington, s’imposant dans un milieu quasi exclusivement masculin. Véritable mentor, elle a accueilli et conseillé de jeunes talents comme Thelonious Monk ou Dizzy Gillespie, jouant un rôle crucial dans l’émergence du jazz moderne. Sa spiritualité profonde l’a ensuite menée à composer des œuvres sacrées monumentales, comme sa célèbre « Mary’s Mass », mêlant foi et improvisation. Tout au long de sa carrière, elle s’est battue pour faire reconnaître le jazz comme une forme d’art classique et noble. Sa résilience et son inventivité constante ont brisé les plafonds de verre de l’industrie musicale de l’époque. Elle reste aujourd’hui un modèle absolu pour les musiciens, et son œuvre perdure à travers ses compositions complexes qui continuent d’être étudiées dans les conservatoires du monde entier.
Paulette LIBERMANN (1919- 2007) Mathématicienne – France
Pionnière de la géométrie différentielle et de la topologie. Issue d’une famille juive, elle surmonte les persécutions de la Seconde Guerre mondiale et les interdictions de Vichy pour intégrer l’École normale supérieure de jeunes filles de Sèvres. Après la Libération, elle s’installe à Strasbourg pour mener ses recherches sous la direction de Charles Ehresmann, un des grands maîtres de la géométrie moderne. En 1953, elle soutient une thèse d’État magistrale qui pose les bases géométriques de la théorie des structures de contact et des structures symplectiques. Ses contributions fondamentales permettent de modéliser mathématiquement les systèmes physiques complexes, trouvant des applications directes en mécanique classique et en physique quantique. Elle introduit également des concepts novateurs en théorie des groupoïdes de Lie et sur la géométrie des variétés presque complexes. Nommée professeure à l’université de Rennes, puis à la Faculté des sciences de Paris en 1966, elle enseigne avec une rigueur et une passion admirées. Chercheuse prolifique, elle publie de nombreux articles de référence et co-écrit un ouvrage majeur sur la géométrie symplectique et la mécanique analytique. Tout au long de sa carrière à l’université Paris VII, elle encadre et inspire des générations de doctorants du monde entier par sa bienveillance et sa clarté intellectuelle. Elle participe activement au rayonnement international de l’école française de géométrie, multipliant les conférences à travers le globe.

























